‹ La Baie d'HudsonChapitre 33 sur 43 · LE LIÈVRE POLAIRE ET LE GRAND HIBOU DES NEIGES · texte numérisé non relu

LE LIÈVRE POLAIRE ET LE GRAND HIBOU DES NEIGES

La faim, que la tripe de roche était loin d'avoir apaisée, les réveilla de bonne heure. Ils étaient debout et sortirent de leur tente de très grand matin. Ils allumèrent le feu, et pendant qu'ils étaient en train de préparer une nouvelle marmite de tripe de roche, ils entendirent tout à coup retentir à leurs oreilles le cri d'un oiseau bien connu. Us ne tardèrent pas à apercevoir l'oiseau lui-même perché sur la pointe d'un rocher; c'était la corneille cendrée {garrulus canalensis), plus connue sous le nom de iviskey jack. Ce dernier nom lui a été donné par les voyageurs, par corruption des mots wiskac-shawneesk, employés par les Indiens pour désigner cet oiseau.

C'est à tort qu'on donne à cet animal le nom de corneille cendrée, ce n'est réellement qu'un geai, et même l'un des plus disgracieux de l'espèce. Ses formes sont sans élégance, son plumage est d'un gris sale et terne, si toutefois on peut appeler plumage le crin grossier qui le recouvre. Sa voix ne rachète pas sa laideur, comme chez plusieurs autres oiseaux; son cri, au

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contraire, est des plus désagréables : c'est un accent à la fois plaintif et criard, quoique parfois emprunt de moquerie; car, ainsi que le geai moqueur son congénère, il imite assez souvent le cri des autres oiseaux.

C'est un des oiseaux qui se plaît le plus dans la société de l'homme. Il n'est pas un poste à fourrure ou un fort dans tout leterritoire de la baie d'Hudson où wiskey jack ne soit très connu. 11 n'est pourtant nulle part en grande faveur. Gomme sa cousine Margot la pie, il est fort enclin au vol, il suit les trappeurs de martres pour voler leurs appâts; il se perche sur un arbre pendant que le chasseur dispose sa trappe, et vient ensuite voler l'appât lorsque celui-ci est parti. 11 enlève souvent de petits objets, qu'il dérobe dans les forts et dans les campements, et pousse la hardiesse jusqu'à entrer sous les tentes des voyageurs et à prendre dans les plats le morceau qui lui convient. Malgré tous ces défauts, cet oiseau est bien accueilli par le voyageur qui traverse ces régions inhospitalières. L'absence de toute autre créature vivante sur le sol de la terre maudite fait regarder sa présence comme une sorte de faveur, et il est rare que ceux qu'il visite lui refusent quelques brides de leur repas.

Nos voyageurs avaient eu plusieurs fois l'occasion de voir cet oiseau s'approcher de leur tente, et ils avaient toujours reçu sa visite comme celle d'un ami. Cette *>is ils étaient enchantés de le revoir, mais cette joie ne partait pas du cœur ; l'amitié y avait peu de part, et nos affamés comptaient sur cet hôte pour fournir aux frais de leur cuisine.

François, en s'apercevant de la présence du geai, avait saisi son fusil et se disposait à abattre l'oiseau, quand il fut arrêté par Norman, non pas que celui-ci prétendît sauver la vie de l'oiseau, mais il avait aperçu un autre geai sautillant à travers les rochers et se disposant à rejoindre le premier, et c'était tout simplement la crainte de faire partir ce second oiseau qui avait dictélemouvementde Norman ; ilprétendaitlesavoirtouslesdeux.

Bientôt les deux geais furent réunis ; on les vit quelques instants voler de rocher en rocher, puis venir se percher sur le sommet de la tente. L'un d'eux poussa la hardiesse jusqu'à venir se percher sur le rebord de la marmite, bien qu'elle fût déjà auprès du feu, et il osa regarder dedans pour s'assurer de son contenu.

Les jeunes gens ne voyant pas d'autre moyen de s'emparer de ces oiseaux que d'avoir recours au fusil de François, lui recommandèrent de faire de son mieux. François n'avait pas besoin d'encouragement. Il s'approcha aussi près que possible, visa avec soin, et tira. Son premier coup de feu tua le geai perché sur la tente, le second coup cassa l'aile de l'autre.

Les deux oiseaux furent promptement ramassés, plumés, vidés et mis dans la marmite. Ils ne pesaient guère ensemble plus de six onces ; mais dans les circonstances, six onces de viande n'étaient pas à dédaigner, et grâce à cet assaisonnement la tripe de de roche fournit un déjeuner plus succulent que le dîner de la veille.

Malheureusement le lichen était épuisé ; on eut beau visiter tous les rochers les uns après les autres, on ne trouva pas de quoi remplir la marmite. Il devenait inutile de rester plus longtemps en ce lieu, et les voyageurs replièrent leur tente, sortirent des rochers, et se trouvèrent de nouveau lancés dans le désert de neige.

Pendant toute cette journée on ne rencontra ni créature vivante, ni rien qui pût se manger, ni chair, ni poisson, ni végétaux, pas même un seul morceau de tripe de roche, et, le soir venu, on fut obligé de camper, sans avoir rien pris, au milieu d'une plaine aride et nue, dans laquelle il n'y avait même pas un rocher derrière lequel on pût s'abriter.

Le lendemain matin on s'assembla en conseil. Marengo fut de nouveau mis sur le tapis. Fallait-il l'immoler de suite ou essayer d'aller plus loin ? Telle était la question. Cette fois, comme la précédente, Lucien se déclara le défenseur de Marengo. On voyait une colline dont le sommet se dressait à quelques milles de là ; elle se trouvait précisément dans la direction suivie par nos voyageurs, et Lucien proposa, comme il avait fait la veille, de gagner ce lieu avant de prendre un parti violent à l'égard de Marengo.

L'humanité l'emporta encore sur la faim ; la proposition de Lucien fut acceptée ; on plia bagage, et l'on se remit en route.

Pour des gens affaiblis et fatigués comme l'étaient nos voyageurs, c'était un rude labeur que de gagner cette colline. Ils y arrivèrent cependant, mais sans avoir rencontré la moindre trace de gibier.

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— Grimpons sur cette colline, dit Lucien toujours désireux de prolonger les jours du chien.

Lucien était le plus faible des quatre, il y eût eu lâcheté à se montrer moins courageux que lui, et chacun, sans murmurer, se mit à gravir la colline. Marengo suivait péniblement par derrière. Le pauvre chien avait l'air triste et désespéré. Sans aucun doute, il comprenait le sort qu'on lui réservait

Tout en gravissant la colline ses maîtres jetaient de tous côtés des regards scrutateurs, mais en vain : c'était partout un désert aride et glacé. Tout fut examiné, accidents de terrrain, anfractuosités de rochers, touffes d'herbes sèches, on ne laissa pas un pouce de terre sans le passer en revue. Hélas ! ce fut peine inutile 1

Après une ascension pénible, on arriva enfin au sommet de la colline, qui se terminait par une sorte de table ou plateau d'environ trois cents pas de diamètre. Ce plateau était couvert d'un pied de neige, au-dessus de laquelle s'élevaient çà et là les têtes de quelques touffes d'herbes desséchées, dont la couleur grisâtre tranchait sur la blancheur du linceul. L'œil en embrassait l'étendue d'un seul regard, et il était facile de reconnaître au premier abord qu'il n'y avait là aucun être vivant, car un moineau ou une souris n'eussent pu trouver à s'y cacher, on les eût découverts tout de suite.

Nos voyageurs s'arrêtèrent, il était inutile d'aller plus loin. Ils étaient tous rendus de fatigue, les plus forts se sentaient à peine capables défaire un mille de plus. Marengo, arrivé à la suite de ses maîtres, et toujours attelé à son traîneau, se tenait de quelques pas à l'écart.

— Il faut s'y décider, dit Basile en s'adressant à Norman d'une voix émue, et en parlant ainsi il détournait la tête. Lucien et François, qui se trouvaient en arrière de lui, virent des larmes dans les yeux de leur frère. Le pauvre Basile essayait, mais en vain, de les retenir.

On entendit armer le fusil de Norman, et l'on attendait avec anxiété la détonation qui allait suivre, quand l'attention fut attirée par une ombre noire qui passait au-dessus de la colline. Cette ombre était produite par le vol d'un oiseau. Un cri parti de toutes les poitrines arrêta le doigt de Norman, qui déjà pressait la détente. Le jeune homme releva la tête, et vit en l'air l'objet qui avait attiré l'attention de ses compagnons. C'était un oiseau

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d'une grande dimension, à peu près de la grosseur d'un aigle, et dont le plumage était blanc comme celui du cygne et aussi éclatant que la neige au-dessus de laquelle il planait. Norman reconnut cet oiseau du premier coup d'oeil. Son cou très court, sa grosse tête, ses longues ailes et sa blancheur d'albâtre étaient des signes auxquels il était impossible de se méprendre, et qui indiquaient le grand hibou des neiges particulier aux régions polaires.

La vue de cet oiseau changea la face des affaires, Norman abaissa son arme, et se mit comme ses compagnons à suivre du regard ce visiteur emplumé.

Le hibou des neiges {strix nyctea) est peut-être le plus bel oiseau delà famille des hibous, dont on trouve dans l'Amérique septentrionale au moins une douzaine d'espèces. Cet oiseau est particulier aux régions polaires, qu'il ne quitte jamais, et dans l'un et l'autre continent on le rencontre en dedans du cercle polaire, même pendant les bivers les plus rigoureux. Il vit dans le désert de la Terre Maudite aussi bien que dans les régions boisées. La nature, toujours prévoyante, l'a vêtu d'une manière convenable à la température des climats qu'il habite. Son plumage épais et chaud lui recouvre presque les yeux, ses jambes mêmes sont si garnies de plumes, qu'elles paraissent presque aussi grosses que celles d'un chien ordinaire. Son bec même est caché sous la masse de plumes qui couvre sa figure, en un mot il n'y a pas un point de son corps qui demeure à nu.

La plupart des hibous sont des oiseaux de nuit, et sous les latitudes méridionales il est rare qu'ils sortent pendant le jour. Il en est autrement des hibous qui habitent les régions glacées ; ils chassent pendant le jour, et supportent très bien la lumière. Il fallait qu'il en fût ainsi, car ces oiseaux n'auraient pu supporter sans cela les étés des régions polaires, où le soleil demeure des mois entiers sans quitter l'horizon.

C'est là, mes jeunes amis, un des faits sur lesquels j'aime à insister, car il prouve une fois de plus avec quelle habileté la nature sait approprier les êtres aux lieux où elle les a destinés à vivre.

J'ai dit que sur le territoire de la baie d'Hudson se trouvaient plusieurs espèces dehibous; on en compte environ une douzaine. Le plus grand de tous ces oiseaux est sans contredit le hibou cendré, dont les ailes ont près de cinq pieds. Ces oiseaux ne sont

pas tous, comme le hibou des neiges, voués éternellement aux régions artiques, plusieurs espèces émigrent au contraire vers le Sud à l'approche de l'hiver. Ceux qui passent cette saison dans les régions froides y vivent en chassant le ptannigan, le lièvre et les autres petits quadrupèdes qui passent l'hiver dans ces contrées.

Mais revenons à nos voyageurs, qui les yeux tournés vers le ciel, suivaient avec anxiété le vol du hibou. François tenait son fusil tout prêt à faire feu, dans l'espoir que l'oiseau finirait paf passer àsa portée; maiscette précaution fut inutile, car le hibou, après avoir tourné deux ou trois fois autour de la colline, s'éloigna tout d'un coup en poussant un grand cri.

Ce ci i, qui ressemble à la voix d'un homme en détresse, produisit sur l'esprit de nos voyageurs un effet d'autant plus désagréable, que c'était un cri d'adieu. Ils suivirent d'un regard désespéré l'oiseau qui s'envolait dans le ciel, et dont le plumage blanc ne tarda pas à se confondre avec la neige qui recouvrait le sommet d'une montagne voisine.

D'après ce qu'avaient remarqué les jeunes gens, le hibou avait dû s'élever précisément au moment où il les avait aperçus; il était probable qu'il les avait vus gravir la colline, et qu'il les avait laissé approcher, curieux de voir à qui il avait affairejusqu'à une distance raisonnable. La couleur de son plumage, qui se confondait avec la blancheur de la neige, les avait seule empêchés de l'apercevoir.

— Quel malheur ! s'écria François.

Pendant qu'ils se livraient à ces réflexions, leurs yeux conti nuaient à errer de côté et d'autre. Tout d'un coup un objet qui vint frapper leur vue les détermina à avoir de nouveau recours à leurs fusils. Cet objet, placé au centre du plateau ressemblait, à première vue, à une pelote de neige ; mais en y regardant avec plus d'attention, on remarquait sur cette boule deux petites taches rondes de couleur sombre surmontées de deux lignes noires, et avec un peu de persistance, l'œil finissait par apercevoir le profil d'un animal accroupi dans la neige. Les taches brunes étaient ses yeux, et les lignes noires, ses longues oreilles ; le reste de son corps était entièrement blanc, et se confondait facilement avec la neige.

La forme et la couleur de cet animal, et plus particulièrement ses longues oreilles, faisaient facilement reconnaître l'espèce à laquelle il appartenait : c'était un lièvre.

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Aussitôt que Norman l'eut aperçu :

— Tenez-vous tranquilles, dit-il à ses compagnons, et laissezmoi faire.

— Mais ne pouvons-nous pas t'aider? demanda Basile.

— Non, répliqua Norman, demeurez en repos et faites iaire le chien. Je vais m'approcher du lièvre, pourvu toutefois que le hibou ne l'ait pas trop effarouché. Quant à vous, je vous le répète, restez ici, tenez le chien en paix, etne le lâchez que quand je vous le. dirai.

Après avoir donné ces instructions à voix basse, Norman partit son fusilsous le bras. Il parut d'abord marcher dans une direction entièrement opposée à celle du lièvre, mais c'était une manœuvre adroite pour ne pas effrayer l'animal. Peu à peu cependant il modifia sa marche, et se mit à décrire un cercle dont la lièvre était le centre, et qui embrassait à peu près tout le plateau, c'est-à-dire un diamètre de trois cents pas environ. Il s'avançait de la sorte les yeux'constamment fixés sur l'animal accroupi. Quant il eut achevé ce premier cercle, il se mit à en tracer un second plus petit, et continua de la sorte à décrire une spirale dont les cercles concentriques allaient toujours se rétrécissant et se rapprochant du point occupé par le lièvre. L'animal, de son côté, suivait tous les mouvements du chasseur, évidemment partagé entre la crainte et la curiosité. Heureusement que le soleil était alors à son zénith et que le corps de Norman ne produisait aucune ombre, sans quoi il est probable que cette grande tache noire mobile eût effrayé le lièvre et l'eût déterminé à prendre la fuite.

Quand Norman eut ainsi décrit cinq ou six circuits, il ralentit peu à peu le pas, et finit par s'arrêter du côté opposé à celui où ses compagnons continuaient à demeurer le cœur agité de crainte et d'espérance, car ils savaient que leur vie, ou tout au moins celle de Marengo, allait dépendre de la prise du lièvre. Norman avait habilement choisi sa place, car si par malheur il manquait son coup, le lièvre devait s'enfuir dans la direction de ses compagnons et essuyer leur feu. C'était une chance de plus qu'il s'était habilement ménagée.

L'animal fut couché en joue, et le doigt du chasseur allait presser la détente, lorsque l'ombre d'un grand oiseau vint de nouveau se dessiner sur la neige. Au même instant un cri semblable à la voix d'un homme en détresse retentit dans les airs. Le lièvre effrayé se leva soudain, déploya ses longues jambes et

prit la fuite. C'était le grand hibou des neiges qui revenait chasser sa proie.

La direction prise par le lièvre le conduisit du côté du traîneau, non loin du lieu où stationnaient Basile et ses frères. Le hibou le suivait en volant. Mais à peine le léger quadrupède avait-il fait une douzaine de bonds, qu'on entendit une détonation et qu'on vit l'animal rouler sur la neige, puis y demeurer immobile et mort. La srconde détonation suivit de près la première ; un cri de douleur lui répondit, et le grand hibou blanc tomba par terre. Ces deux détonations étaient trop sourdes pour provenir d'une carabine, elles appartenaient évidemment à un fusil. Tous les yeux se tournèrent vers François, qui, semblable à un dieu qu'on encense, se tenait immobile au milieu d'un nuage de fumée. C'était lui qui venait de faire ce coup double.

Le hibou n'était que blessé, Marengo s'élança pour le saisir. En vain l'oiseau essaya de se défendre à coups de bec; le chien l'empoigna par le cou, et d°un coup de dent termina ses souffrances et sa vie.

Marengo était encore une fois sauvé, et on eût dit qu'il le comprenait, car il bondissait sur la neige en remuant la queue, et en aboyant de joie.

Le lièvre aussi fut ramassé. C'était un lièvre polaire (lepus glacialis), l'un des plus grands de l'espèce, il ne pesait pas moins de quinze livres. Sa fourrure blanche et douce comme un duvet de cygne était tachée de sang. La pauvre bête n'était pas tout à fait morte, comme on l'avait cru d'abord ; elle remuait la tête, et ses beaux yeux bruns indiquaient encore un reste de vie. Le lièvre et le hibou furent placés sur le traîneau, Marengo y fut attelé, et la petite troupe se disposa à descendre la colline, et à chercher un abri pour y établir son campement.

— Je suppose, dit Norman, qu'il doit y avoir du bois près d'ici, car je sais pertinemment que cette espèce de lièvre vit toujours dans les bois.

— En effet, répondit Lucien, le lièvre polaire se nourrit de tiges de saules, d'arbousier et de thé de Labrador, et très prolablement ces arbres doivent se trouver dans les environs.

En parlant ainsi, nos jeunes voyageurs étaient arrivés à l'extiémité du plateau, sur le bord opposé à celui par lequel ils y avaient pénétré. A leur grande joie, dans la vallée qui s'étendait à leurs pieds, on voyait quelques bouquets de saules, de grands

peupliers, des bouleaux et des pins. Ils furent bientôt au milieu de ces arbres, et l'instant d'après on entendit résonner les coups répétés d'une hache. Une bonne provision de bois fut coupée, on y mit le feu, et un quart d'heure après nos aventuriers eurent la satisfaction d'avoir devant eux un foyer ardent d'où s'échappait une fumée bleuâtre qui montait en tourbillonnant au-dessus des arbres, et allait se perdre dans le ciel.

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