‹ La Baie d'Hudson [microforme] (volume 2)Chapitre 4 sur 5 · PRUD'ROMME] LA BAIE D'HUDSON · texte numérisé non relu

PRUD'ROMME] LA BAIE D'HUDSON

Paris. En 1747, les instructions font mention d’une batterie au Cap Merry et des moyens de communication et de support entre les forts York, Prince de Galles, Albany et East Main.

C'en est assez, je suppose, pour établir que ces forts étaient à l'abri d’un coup de main et qu’il fallait du Courage et de l’habileté Pour s’en emparer,

Organisation des forts et quelques notes sur les forts Prince de Galles—York —Severn—Albany—East Main et Orignal en 1771.

Fort Prince de Galles.

Ce fort avait été construit sur une péninsule, à l'entrée ouest de la rivière Churchill. C'était le poste le plus au nord de la compagnie. En 1771, il était défendu Par 42 canons. Sur la rive opposée se trouvaient la poudrière et le cap Merry protégé par six canons. La rivière avait À cet endroit 1,006 verges de largeur. Les navires pouvaient la remonter jusqu’à 6 milles au-dessus du fort. La garnison était obligée de se rendre jusqu’à douze milles Pour se procurer de l’eau fraîche. Ce fort était commandé Par un facteur en chef qui avait sous ses ordres, cinq officiers et 60 serviteurs et commis, Le conseil se composait du facteur en chef, d’un second facteur, du chirurgien, du contre-maître des barges et du capitaine des bateaux. En sus de ces officiers, il y avait dans ce fort, un comptable, un traiteur, un armurier, un charpentier, un tonnelier, un forgeron, un Maçon et un tailleur. Tous les matins, la cloche appelait les employés au travail qui durait depuis six heures du matin jusqu’à six heures du soir durant l'été et de huit heures à quatre heures pendant l'hiver. Deux sentinelles montaient la garde pendant l'hiver et trois durant l'été. La besogne favorite d°: Surviteurs était la chasse aux perdrix. Ces hommes étaient eng Mais la Compagnie se réservait le droit de les cor lorsqu'elle le jugeait à

er le navire quittait le fort, au bout d jours ordinaire. La traite annuelle-variait de 4 à 10,000 pe Castor et comprenait en plus une grande quantité de plume d’oie et d’huile de balaine. Ce fort était en pierre et commandait l'entrée de la rivière. Les travaux commencés en 1733 ne se terminèrent que plusieurs années Joseph Robson, arpenteur de la Compagnie surveilla la construction des murs et des bastions, L’enceinte couvrait une étendue de 300 pieds carrés, avec des tourelles à chaque coin. Les Murailles avaient une épaisseur de 25 pieds sur trois côtés et de 42 pieds sur la partie faisant face à la mer, Les bas-

tions tenaient lieu de magasins et de poudrière. Un ancien fort avait été érigé en 168$, à cinq milles plus haut, sur la rivière Churchill. Ce premier fort était en bois. La compagnie le fit démolir et utilisa le bois pour construire un parapet dans le nouveau fort. Dans l’intérieur se trouvaient deux maisons, un bureau et la résidence du gouverneur. L'une de ces bâtisses avait 100 pieds de longueur, 33 de largeur et 17 de hauteur et était couverte en plomb. Ce fort abandonné ne présente plus que des ruines imposantes qui semblent garde- le triste souvenir des exploits glorieux de la Pérouse qui le détruisit.

Sur ces murs massifs À demi-écroulés, les sauvages viennent parfois planter leur tente en Passant, comme pour affirmer leur prise de possession de ce coin de terre que les blanes se sont disputés pendant de nombreuses années. Sur ce rocher où la voix des canons et des hommes de guerre de deux grandes nations s'élevait jadis comme une clameur, règne aujourd’hui un silence lugubre qui n’est interrompu que par les cris stridents de la mouette qui cache son nid dans les crevasses «des murs et par les accents plaintifs de la bise glaciale qui passe en gémissant sur ces restes désolés.

Fort York.

Ce fort occupe la côte nord de la rivière Hayes, à trois milles de son embouchure. A trois milles au nord, coulent les eaux de la rivière Ison ; en sorte que la terre entre ces deux rivières forme, pour ainsi dire une presqu'île. Ce fort avait été construit en bouns et était flanqué de quatre bastions. La double palissade qui l’entourait était protégée par un remblaien terre. Il était défendu par douze canons. En amont du fort, près du rivage, la compagnie avait élevé une batterie de 12 canons avec des fortifications en terre en forme de demi-lune.

A deux milles au-dessous du fort se trouvait une autre batterie de dix canons avec une caserne et une poudrière. La nature avait contribué puissamment à protéger ce fort. L'entrée de la rivière Hayes est couverte de battures qui empêchent l'accès des navires de guerre. Les bateaux sont obligés de jeter l'ancre à cinq milles au-dessous du fort pour ne pas s’échouer.

En 1771, il y avait 42 hommes à ce poste. La traite était loin de donner le même rendement tous les ans. Quelquefois la compagnie en retirait jusqu’à 33,000 peaux de castor, tandis que d’autres années ce chiffre s’abaissait à 7,000 peaux. Les Esquimaux y apportaient aussi de l'huile de baleine blanche fort estimée.

Fort Severn.

Le fort Severn occupait la rive nord de la rivière du même nom. 11 était en bois et possédait quatre bastions. La compagnie en 1771, n’en-

(PnuD'HouE] LA BAIE D'HUDSON 27 tretenait que dix-huit hommes à ce Poste secondaire, sous le commandement d’un facteur et d’un capitaine de Paquebot. Il n'avait que huit canons d’un petit calibre. Les bancs de sable qui ferment l'entrée de la rivière ne permettent pas aux gros navires de se rendre jusqu’üu fort, Ce n'est qu’au Printemps, à la crue des eaux, que les paquebots peuvent quitter le fort Pour transporter au fort York les ballots de fourrures et en rapporter les marchandises nécessaires à la traite. Ce poste donnait annuellement de 5,000 à 6,000 peaux de castor.

Fort Albany.

Ce fort est situé sur une île du côté sud de la rivière Alb milles de son embouchure. I] était en bois, avec des quatre angles du carré et quelques canons.

30 serviteurs ayant À leur tête un facteur difficultés de la navigation forçaient les navires à relâcher à 15 milles du fort. Des bateuux de moindre tonnage transportaient de cetendroit les marchandises au fort. Le poste de East Main lui était tributaire, La Compagnie en rapportait de 10 à 12,07 peaux par année,

Albany fut le Premier endroit de la baie que les Européens visitérent et la tradition veut que ce soit À Albany où l'infortuné Hudson hiverna.

D’après le traité de Ryswick, chacune des nations belligé devait garder les Postes qu’elle possédait au commencement de la guerre; or l'Angleterre ne Possédait à cette dernière date que le fort Albany. Il s’en suivit que jusqu’au traité d’Utrecht, c’est-à-dire pendant 17 ans

(1696 à 1713), Albany fut le seul pied à terre de l'Angleterre à la Baie d'Hudson.

any à quatre bastions aux La compagnie y entretenait et quelques officiers, Les

rantes

Le poste d'Eust Main et le fort Orignal—Notes générales.

Le poste d’East Main n'avait qu’une Situé à l'entrée de la rivière Slude, il ne consistait qu’en quelques bâtisses où demeu .ient une douzaine d'hommes. La traite donnait de mille à deux mille peaux. Le fort Orignal, construit en bois, occupait la rive sud de la rivière du même nom. Un facteur en avait charge ayant 25 employés sous ses soins. Il possédait un

port profond qui permettait aux navires de s’y rendre. La compagnie en recevait par année de 3 à

4,000 peaux. Le même bateau qui approvisionnait Albany faisait le service au fort Orignal.

Tous les forts de la baie étaient soumis à une même discipline, Chaque facteur recevait une commission de la Compagnie et traitait directement avec le bureau des directeurs à Londres, dont il relevait,

importance secondaire,

Les

end

ance des facteurs,

les uns des autres, n'empêchait pas qu’en cas de nécessité ils devaient se secourir et se rendre mutuellement de bons offices, dans l'intérêt général de la compagnie.

D’après l'historien Gunn, la compagnie en 1746 n'avait que quatre forts et deux comptoirs dans toute la baie et le nombre de tous ses employés n’excédait pas 150. A cette époque elle ne possédait également que quatre bateaux. Durant ce quart de siècle (1746 à 1771) —elle n’augmenta que peu le nombre de ses forts, mais par contre, son commerce se dé\eloppa merveilleusement. Débarrassée des luttes et des rivalités de la France et de ses traiteurs, surtout depuis 1755, les fourrures affluèrent à la baie. L'ouest lui payait le tribut de ses plus riches pelleteries.

Principaux gouverneurs — Pouvoirs du Conseil—Instructions édifiantes de la cour générale.

Les principaux Bouverneurs qui commandèrent à la Baie d'Hudson, furent: Le capitaine Henry Kelsey, John Füullertine, Robert Norton, James Napper, Joseph Isbister, Robert Pilgrim, George Spence, John Newton, Chs. Bagby, John Pott, Jo: à Bridgar, James Isham, Henry Sargeant, George Geyer, Anthony Beal, ichard Stanton, Samuel Hearne et Myatt. Ces officiers possédaient les qualités par excellence qu’exigeait la compagnie; la prudence et l'esprit des affaires. Les principaux officiers de chaque fort constituaient le conseil qui avait le droit de passer des règlements pour la gouverne des employés et pour déterminer leurs devoirs et leurs rapports avec les sauvages.

Les instructions de la cour générale de Londres aux commandants des forts sont parfois bien édifiantes et font preuve de sollicitude pour le salut de l’âme de ses employés. Les directeurs ordonnaient de célébrer le jour du Seigneur par quelque cé. émonie religieuse et de suspendre tout travail qui n’était pas absolument indispensable. Ils conseillaient à tous la sobriété et ln modération et finissaient par les confier à la protection divine et par implorer pour eux les bénédictions célestes. La note religieuse apparaît dans la correspondence de la compagnie surtout aux époques troublées et aux heures d’angoisse, tels que pendant la guerre entre la France et l’Angleterre. Lorsque les nuages se dissipent et que le ciel se rassérène, les exhortations morales et les pieuses invocations se font plus rares. Le monde n’a pas changé depuis et c’est encore aux jours d’épreuve que les fidèles sentent davantage le besoin de se rapprocher de leur Créateur.

La compagnie ne parait Pas avoir envoyé de ministres dans ses forts. La l'rance pourtant lui avait donné le bon exemple, pendant le peu d'innées qu’elle commandait dans la baie. Les P.P. Albanel, Sylvie, Dalmas et Marest y avaient exercé leur zèle et évangélisé les sauvages,

[PRuD'HouME] LA BAIE D'HUDSON

La compagnie, trop occupée d'amasser du “ d'augmenter ses dividendes. Elle voulut, d'Hudson, demeurer fidèle à sa devise “pP

pelu,” se soucinit surtout au moins dans la Baie ro pelle cutem, ” Les œuvres des M issionnaires Témoignage de Carver, J'ai déjà eu occasion de constater que ce fut à la dema sante des missionnaires que les gouverneurs du Canada pt la vente des liqueurs aux Sauvages et obligèrent les traiteurs une licence. Ce ne sont pas là les seuls services qu’ils rendirent au pays, Ils firent également cesser chez les diverses tribus la coutume barbare de torturer les prisonniers de &uerre et de les faire périr sur le bûcher, en leur inculquant les divins enseignements de l’évangile et en leur montrant les avantages qu’ils Pourraient retirer de leurs prisonniers en les adoptant dans la tribu. Plus tard, mûs par le désir du gain, les Sauvages les réduisirent en esclavage et les vendirent. Ce furent encore les missionnaires qui obtinrent, en 1693, une sévèrement ces ventes indignes d'hommes libres, En plus d’une cir- Constance, ils apaisèrent le courroux des sauvages soulevés par l’inconduite et la malhonnêteté de quelques trappeurs. Enfin ils firent aimer

les Français dans tout l’ouest par leur dévouement admirable et leur

charité envers les indigènes.

L’historien Carver ne peut s’empée qu’ils ont rendus à la cause de la civilis, termes suivants.

nde presrohibèrent

ordonnance punissant

her de reconnaître les bienfaits ation et de l’humar

sprit des leurs usages. Les t bénéficient beau- S missionnaires ont

C’humanité qui ont modifié blancs qui ont des rapports avec les tribus de l’oues

coup de ces changements heureux pour lesquels ce droit à la reconnaissance publique, ”—

oyages.

S, À travers le continent dson, et les notes précieuses qu’il donne sur le pays i itérêt particulier et jettent un

Son journal dénote un esprit d’observation remarquable et est émaillé d'aventures qui feraient le

thème de jolies légendes. Cette Monographie, sous plus d’un rapport, se rattache à l’histoire de l’ouest; c’est Pourquoi je n'ai pu résister à la

tentation de lui donner Une place à la fin de cette étude déjà trop longue.

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