WEBSTER, N.Y
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Norman ne se trompait pas dans ses conjectures; le Pays arrosé par la riviére Rouge se €<ompose en effet principalement de grandes prairies qui s'étendent à l’ouest jusqu'au pied des montagnes Rocheuses.
— En arrivant dans le lieu découvert dont je
VOUS aï parlé, continua Norman, j'aperçus une troupe d’antilopes, elle était peu considérable, et Comptait au plus dix ou douze individus. J’eusse Préféré trouver toute autre chose, un daimou un cerf, par exemple, car je suis à cet égard de l'opinion des Indiens, et professe peu d'estime Pour la viande de chèvre. Mais comme aprés tout la faim ne me donnait pas le droit d’être diffi- Cile, j’avisai au moyen d'attraper un de ces ani- Maux, Ce n'était pas facile, car il n’y avait autun couvert dont je Pusse profiter, et il fallait trouver un stratagème pour approcher ces hôtes timides sans les effaroucher.
Voilà de quoi je m'avisai.
Je me couchai sur le dos’et levai les jambes aussi haut que possible. Dans cette position sin Sulière, j’eus bientôt Ja Satisfaction de voir que j'avais attiré l'attention des chèvres qui vinrent rôder en tournant autour de moi. Ces animaux
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tage. Le cercle de le troupeau fut bientôt à portée de mon fusil. Je me retournai vivement sur le côté, je visai un mâle, et je fis feu. L'animal tomba sur le gazon, et le reste de la troupe se mit à courir comme le
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suivre; j'avais faim, je vous savais aussi de trèsbon appétit, et sans m'amuser à examiner mon gibier, je le ramassai promptement, le jetai sur mon épaule et vins vous rejoindre en toute hâte:
Voilà toute l’histoire.
Pendant que Norman se procurait à déjeuner, Lucien et François avaient rassemblé des branches de pin résineux, et avaient allumé un joyeux brasier. Ils étaient en train de faire sécher leurs vêtements humides, quand le chasseur revint avec le gibier que nons savons. Ses deux cousins lui aidèrent à dépouiller l'animal; ce ne fut pas long, et bientôt après des tranches d’antilope cuisaient en crépitant sur les charbons ardents.
Tout était pour le mieux. Le feu flambait, le déjeuner avait bon air, et l’on n’attendait plus que la présence de Basile pour commencer le déjeuner. Cependant celui-ci ne revenait pas, les estomacs criaient famine, et les jeunes gens, las d'attendre leur aîné, s’assirent à terre et se mirent à faire honneur aux côtelettes d’antilope.
Ils n'avaient aucune crainte au sujet de Basile, et supposaient seulement que, ne rencontrant pas de gibier, il avait poussé sa chasse un peu loin, hypothèse d'autant plus admissible que Basile n’était pas d'humeur à revenir les ma ns vides; d'ailleurs la journée n’était point encore avancée.
Plusieurs heures se passèrent, et Basile ne revenait pas. Sa chasse commençait à se prolonger démesurément, circonstance d'autant plus extraordinaire, qu'il chassait dans des bois à lui tout à fait inconnus, et qu'ayant été obligé de quitter
La
ses vêtements trop humides, il élail parti en Simples manches de chemise, I] fallait qu’il y eût quelque chose d'extraordinaire pour le retenir si longtemps absent.
Norman et ses deux cousins Commençaient à S'inquiéter sérieusement ; plusieurs autres heures amencr le retour qu chasseur, l'inquiétude se changea en alarme, et
l'on résolut d'aller à $a recherche.
Chance de le rencontr ons. Norman e Lucien et Fr
er, on .
devait exploaNÇois, suivis le long de la en effet, que si aurait gagné la rivière, emonter pour revenir trou-
rer les bois, tandis qu du chien Marengo, descendraient rivière..Il était assez Supposable, Basile s'était perdu il avec l'intention de la r ver ses compagnons. Il fut convenu entre les t quoi qu’il advint de Il Verait au bivouac Norman explor Plusieurs heur
rois jeunes gens que, eur recherche, on se retrouà la nuit tombante.
a les bois et la Plaine pendant es, el finit par se décider à revenir sur ses pas sans avoir rien aperçu qui pût lui indiquer Ja route suivie par son Cousin Basile, Les autres étaient déjà de retour au lieu du rendez-vous. :
Chacun rendit Compte de son expédition; on n'avait rien découvert d’une part ni de l’autre, Cétait un triste résultat, et sans aucun doute Basile était perdu , car il n'y avait qu’un accident grave qui pût le retenir si longtemps
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absent.
Que pouvait.il lui être
arrivé ?
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Avait-il été dévoré par un ours ou une panthère?
Etait-il tombé entre les mains des Indiens, qui l’avaient emmené prisonnier, sinon tué sur place ?
Telles étaient les tristes conjectures qu’on formait sur le compte de l’absent.
Il faisait tout à fait nuit.
Les trois jeunes gens s’assirent silencieusement autour du feu, la tête penchée sur leurs genoux, et le désespoir dans l’âme.
Quoiqu’ils fussent tous très-fatigués, aucun d'eux ne songeait à dormir ; de temps à autre ils relevaient la tête, échangeaient quelques paroles relatives à l’objet qui les précecupait, puis retombaient dans le silence.
Il n’y avait en effet rien à faire de toute la nuit, et il fallait attendre le retour du jour pour recommencer leurs recherches et battre le pays environnant.
Minuit vint.
On était toujours assis auprès du feu dans l’attente et la tristesse, quand tout à coup Marengo se dressa sur ses pattes et fit entendre deux ou ‘ trois jappements. Les derniers accents de la Voix du chien s'étaient à peine perdus au milieu des
arbres, qu’on entendit un coup de sifflet partir des bois.
— Oh! mes amis, s’éc'ia François en se levant tout d’une pièce, c’est le sifflet de Basile, j’en suis sûr, je le reconnaîtrais entre mille, Dieu soit bénil
En même temps François poussa un bruyant hourra, auquel un autre cri répondit aussitôt.
Dans ce cri on reconnut la voix de Basile. Trois nouveaux hourras Partirent en même temps auprés du feu.
— Bien, bien, mes amis, répondit la Voix.
Un instant après on commença à distinguer la grande taille de Basile, éclairée par les lueurs du foyer. Chacun s’élança à sa rencontre ; voulut lui faire fête ;
Presque en triomphe au bivouac.
Basile ne revenait pas les mains vides, il tenait sous son bras gauche un sac gonflé de plu- Sieursioiseaux de l'espèce des faisans, connus SOus le nom de coqs de prairie, et portait au bout de sa Carabine, qu'il avait jetée sur son épaule, un gros paquet qui n’était autre chose que deux magnifiques langues de buffalo.
— Tenez, dit-il en jetant le sac par te en étes-vous de votre Souper? Voici, ajouta-t-il en montrant les langues de buffalo, quelque chose que je vous recommande. Allons, dépé.
chons-nous, et faisons cuire cela sans perdre de temps, car, s’il faut Vous le dire, j’ai une faim dévorante.
On se mit aussitôt en devoir demande de Basile ; procura facilement q Sans plus tarder à ] d’une poule
On voulut alors connaître tous les détails de
sa rencontre avec les buffalos : Basile ne se les, fit pas demander deux fois, et pendant qu’on sa-
Vourait autour d'un bon feu les mets délicats
rre, où
de satisfaire à la le feu fut rallumé, on se es broches, et l’on procéda a Cuisson d’une langue et
le. Trois mps au-
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nguer la 1eurs du Marengo et ce fut conduit
S, il tede pluconnus au bout épaule, e deux
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qu'il avait apportés, il raconta en détail les aventures de sa journée.