‹ La baie d'Hudson [microforme] (volume 2)Chapitre 22 sur 44 · D RER ESP OP RTE ROM · texte numérisé non relu

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ils tous leurs préparatifs en diligence. Ils trouvérent au fort de quoi se composer un nouvel équipement, mais ils ne prirent que les articles qui leur étaient absolument indispensables : ils ne voulaient pas s'embarrasser, sachant très-bien qu'ils seraient obligés de porter plusieurs fois leur bateau avant d’avoir gagné les eaux de la rivière Mackenzie, Comme le L'ansport du canot nécessitait l'emploi de deux personnes, il falluit n'avoir pas plus de bagage que n’en pouvaient porter les deux autres. 11 fallait aussi proportionner ces fardeaux à la force de ceux destinés A les porter. Or François n'était qu'un enfant, et Lucien était loin d’être un jeune homme robuste. Ces considérations les engagérent à se restreind’e, et ils se contentérent de compléter leurs vétements et d’y ajouter une hache, des ustensiles de cuisine et quelques provisions de bouche.

C'était en effet tout ce qu’on pouvait raisonnablement porter.

En quittant le fort, ils s’embarquérent sur le Saskatschewan et remontirent cette rivière pendant plusieurs jours, au bout desquels j!s l’abendonnèrent pour entrer dans un de ses affluents. Cette direction les conduisit au nord. Ils quittèrent peu après ce dernier cours d’eau, portèrent leur bateau pendant un certain espace de temps, et gagnèrent de la sorte une nouvelle rivière tributaire du Mississipi on rivière Churchill. Cette dernière navigation les conduisit au nord-ouest. Ils la suivirent pendant quelques jours, portèrent leur bateau à plusieurs reprises, atteignirent enfin le lac la Crosse, et pénétrèrent de là

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successivement dans les lacs Clear, Buffalo et Methy. Au sortir de ce dernier lac, ils furent de nouveau contraints de porter leur bateau jusqu'aux sources d’un cours d’eau connu sous le nom de Clear-Water, sur lequel ils s’embarquèrent ; de là ils n’eurent plus qu’à descendre jusqu’à l’EIk, ou Athabasca, l’un des plus grands fleuves d'Amérique. A partir de ce point, ils se tronvèrent en réalité dans les eaux du Mackenzie même, car l’'EIK, après avoir traversé le lac Athabasca, prend le nom de rivière de l’Esclave, conserve ce nom jusqu’au sortir du grand lac de lEsclave, et prend alors celui de Mackenzie, qu’il continue à porter jusqu’à son embouchure dans l'océan Arctique.

Quand nos voyageurs se virent sur les eaux du fleuve qui devait les conduire jusqu’au lieu de leur destination, ils éprouvérent une véritable joie, car, bien qu’ils eussent encore près de cinq cents milles à faire, ils étaient heureux de penser qu'ils n'auraient plus de terres à traverser, et de se voir désormais sûrs d'arriver au terme de leur voyage avant la fin des deux derniers mois d'été.

Le bassin de lPEIK qu'ils traversaient était charmant, et offraient à chaque pas les plus délicieux paysages. Rien n’est plus pittoresque, en effet, que les rives de ce fleuve immense. L’EIKk embrasse aussi dans ces eaux de grandes îles boisées qui font ressembler son lit bien moins à une rivière qu'à une suite de lacs. La rame devenait désormais inutile, car la force du courant suffisait pour les emporter avec rapi-

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dité ; et nos jeunes voyageurs, imollement balancés par les eaux et à moitié couchés dans leur canot d’écorce. s'abandonnaient an doux furniente, et faisaient retentir l'écho des rives du fleuve de la barcarolle connue des bateliers canadiens :

Row, brotter, row !

Le temps qu'ils passèrent à descendre le cours de ce fleuve aux rives pittoresques fut sans contredit la partie la plus agréable de leur long vogapge.

Les rives du fleuve, aussi bien que ses eaux, leurs fournissaient abondamment de quoi re nouveler leurs provisions de bouche. Les saumons et les hyodoux de l'espèce connue sons le nom de poisson doré, pullulaient dans les eaux de lPEIk. Ils en prirent un grand nombre, Ils tucrent aussi sur ses rives une foule de canards et d’oies Sauvages; aussi ne dinérent-ils gucre pendant tout ce temps sans avoir devant eux à la fois chair et poisson.

Les oies qu’ils rencontrerent étaient de difrérentes espèces, Là se trouvaient l'oite de neiyr. ainsi nommée à cause de la blancheur de son plumage, l’oie rieuse, dont le cri ressemble si fort au rire de l’homme que les indiens, pour l'attirer, Se contentent de piacer leur main ouverte

«levant leur bouche en prononçant à plusieurs reprises la syllabe : Ah! ah! Ils virent aussi plusieurs oies de l'espèce des burnuches, et notamment celle connue sous le nom d'sie du Cunadu, d'oie sauvage par excellence.

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Ils furent loin cependant de rencontrer toutes les espèces d'oies qui fréquentent les régions septentrionales de l'Amérique, et Lucien leur apprit qu'il existait encore plusieurs autres espèces dn genre, toutes fort recherchées des Indiens, qui vivent de ce gibier pendant la plus grande partie de l'année.

Bien que les canards ne manquassent pas non plus aux abords du fleuve, nos voyageurs cherchaient en vain des veux une espèce qui ne se montraient point encore C'étaient celle si justement célèbre parmi les épicuriens d'Amérique sous le nom de dos-de-tuile. Aucun de nos voya- Leurs n'avaient encore eu l'occasion de goûter cet oiseau délicat inconnu dans la Louisiane, et qui ne se trouve guère aux Etats-Unis que sur les côtes de l'Atlantique Norman seul avait entendu parler de l'existence de cetoiseau dans les montagnes Rocheuses, où on prétend qu'il se rencontre ainsi que dans tout le pays des fourrures. Aussi $e flattaient ils tous quatre de l'espoir de le rencontrer aussitôt qu'ils seraient arrivés dans les eaux de l'Athabasca.

Lucien, qui dans ses lectures avaient eu occasion de s'occuper de cet oiseau, se faisait fort de le reconnaître à première vue ; il était d’ailleurs très au courant de ses mœurs et de ses habitudes, ainsi que de celles de tous ses autres congénères. Il offrit à ses compagnons de leur dire ce qu'il savait de ses oiceuux. Chacun avant accepté avec joie la proposition, Lucien prit la parole,

Le canard dos-de-toile, dit-il, est le plus célébre

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