DEUX PLONGEURS
Le wapiti fut dépouillé avec soin, et la peau fut étendue pour. sécher.
Depuis leur mésaventure, nos voyageurs étaient fort à court de vêtements. Les trois peaux de caribou étant insuffisantes pour de grandes blouses de chasse, on avait dû se contenter d'en faire deux jaquettes, encore les vêtements étaient-ils fort étriqués. Les lits et les couvertures leur manquaient également, Ils avaient bien pour cet usage les peaux de buffalo ; mais il n'y en avait que deux, et nos voyageurs étaient au nombre de quatre. L'une de ces peaux servait à Lucien, qu'on avait forcé à la prendre comme étant le plus délicat de la troupe; l’autre revenait à François, comme au plus jeune. Quant à Basile et Norman, ils étaient obligés de coucher toutes les nuits sur la terre nue, et ils auraient souffert considérablement du froid s'ils n’eussent eu soin d'entretenir constamment un grand feu de bivouac. Encore, malgré ces précautions, avaient-ils eu beaucoup à se plaindre de la température, car le feu ne peut chauffer qu'une partie du corps, et celle qui se trouve du côté opposé se trouve exposée à toute la froidure. Les voyageurs qui parcourent les grands déserts de l'Ouest ont l'habitude de se coucher les pieds au feu. Cette méthode est généralement considérée comme la meilleure, car tant qu’on a les pieds chauds, le reste du corps ne souffre pas beaucoup du froid, tandis que quand les pieds sont froids, on ne peut parvenir à dormir à l'aise. Nos jeunes voyageurs ne dérogeaient point en ces circonstances aux habitudes reçues, et se couchaient tous les soirs autour du feu, les pieds du côté de la flamme, de manière que leurs personnes se trouvaient disposées comme quatre rayons partant du même centre.
Marengo dormait ordinairement auprès de Basile, qu'il regardait plus particulièrement comme son maître.
Malgré le soin que nos jeunes gens avaient chaque soir de se faire un lit d'herbes et de feuillages, ils n’en ressentaient pas moins vivement l'absence de leurs couvertures ; aussi comptaient-ils beaucoup sur les services que devait leur rendre la peau
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du wapiti; et comme un certain temps était nécessaire pour préparer et sécher cette peau, ils résolurent de ne lever leur camp que le surlendemain, et de s'occrver également pendant le temps de halte de faire sécher la viande du wapiti.
La chair de cet animal est d’une qualité inférieure, et l'on ne la mange qu'à défaut d'eutre. C'était précisément le cas de nos voyageurs. Celte viande n'est cependant pas désagréable au goût, mais elle est dure, peu savoureuse, et ressemble bien plus à de la viande de bœuf sèche qu'à de la venaison fraîche. Elle est considérée par les chasseurs blancs etpar les Indiens commeétant de beaucoup inférieure à la chair du buffalo, de l'élan et du caribou. Une des particularités qui contribue à la rendre peu agréable à manger, c'est que la graisse se fige aussitôt qu'elle est retirée du feu. Elle prend aux lèvres et aux dents comme du suif, différant en cela des autres viandes de daim, qui n'ont pas le même inconvénient.
Tout au contraire de la chair, la peau du wapiti est fort prisée des Indiens; moins épaisse que celle de l'élan, elle donne un cuir plus estimé. Lorsque cette peau a èté convenablement préparée à la mode indienne, c est-à-dire bien frottée avec une composition faite avec la cervelle et 1a graisse de l’animal lui-même, lavée, séchée, râclée et fumée, elle devient douce et souple comme un gant, et partage avec ‘a peau de chamois la propriété de pouvoir se mouiller et se sécher ensuite sans se durcir. C’est cette dernière qualité qui lui donne aux yeux des Indiens l'avantage sur le cuir des autres espèces de daims, de l’élan et du taribou, qui se durcit beaucoup à l’eau et a besoin d'être longtemps frotté avec une substance grasse avant de reprendre sa première souplesse.
Lucien sav:it rréparer la peau de daim et connaissait, aussi bien que la plu: habile ménagère indienne, l’art de faire avec cette peau un cuir parfait. Mais cette opération aurait pris trop de temps à nos voyageurs, qui durent se contenter d’une préparation moins belle sans doute, mais plus expéditive.
La peau du wapiti fut tendue sur des branches de saule et mise à sécher devant le feu. On la retirait de temps à autre pour la frotter avec une substance grasse et la débarrasser des différents insectes qui eussent pu l’endommager.
Pendant que Lucien s’occupait à la tannerie, Basile et Norman faisaient de la boucherie, et coupaient la viande en tranches
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pour les faire sécher au feu. Cet ouvrage les retint moins longtemps que celui de Lucien, et ils s'étaient tranquillement assis auprès du fev. quand une réflexion de François vint les tirer de ce doux /ar niente.
— Il faut avouer, mes chers amis, disait le jeune garçon, que nous sommes de grands niais. Nous négligeons une peau magnifique, celle du wolverène.
— C'e:t, ma foi, vrai, répliqua Norman, je l'avais complètement oublié; mais la bôte est au fond de l’eau. Comment la rctirer ?
— Il faut la pêcher, répondit François, et voic. ce que je propose : nous allons aiguiser une de ces branches de saule et l'attacher à la poignée de ma rame, de manière qu'elle fasse comme la barbe d’une flèche ; j'enfoncerai cette pointe dans le corps du wolverène, et, grâce au crochet qui l'empêchera de s'échapper, j'espère l’amener hors de l’eau.
— Alors, dit Norman, il faut mettre le bateau à l'eau, car dans l'endroit où se trouve le wolverène la rive est trop élevée pour qu'on puisse atteindre le fond de l’eau.
— Eh bien, reprit François en se dirigeant du côté des saules, mettez le canot à flot; pendant ce temps je m'en vais couper une branche de saule.
— Demeure, dit Basile, je crois avoir irouvé un moyen plus sûr. Ici, Marengo!
Tout en parlant ainsi, Basile, qui s'était levé, se dirigeait sur la rive vis-à-vis la place où le wolverène avait disparu. Ses frères et son cousin le suivirent avec Marengo, qui bondissait de joie et paraissait tout fier d’être appelé à prendre part à cette entreprise importante.
— Est-ce que tu crois, dit Norman, que ce chien va tirer le wolverène de l’eau?
— Non, mais il y aidera beaucoup.
— Comment cela ?
— Attends un moment, et Lu vas voir.
Sur ce, Basile jeta de côté son bonnet de peau de racoon, quitta sa jaquette de caribou, sa chemise de coton rayé et son : gilet de peau en cuir de daim; il se défit de même de ses culottes, de ses guêtres et de ses mocassins, de manière qu’en moins de rien il se trouya dans le costume d'Adam avant son premier péché.
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-— Maintenant, mon cousin, dit-il en s'adressant à Norman, je vais te faire voir comment les nageurs du Mississipi savent se conduire dans l’eau.
Après avoir prononcé ces paroles, il s’avança jusque sur le bord du lac, chercha des yeux la place où le wolverène avait disparu, et après l'avoir suffisamment examinée 1l se tourna du côLé du chien :
— A moi! Marengo, lui dit-il simplement.
L'intelligent animal répondit à son maître par un hurlement, et par un regard qui indiquait suffisamment qu'il avait compris ses ordres.
Basile alors regarda de nouveau le lac, éleva le bras autour de sa tête, plaça la paume de ses deux mains l’une contre l’autre, s’élança et tomba la tête la première dans l’eau. Marengo poussa un petil cri, et s'élança si rapidement à la suite de son maître, que les deux plongeons n’en firent qu’un.
Pendant un instant l’homme et le chien disparurent aux yeux des spectateurs; le chien revint le premier à la surface de l’eau ; quant à Basile, il demeurait si longtemps sans reparaître, que Norman et les autres commençaient à s'inquiéter, et regardaient en tremblant la place où il s'était enfoncé. A la fin pourtant on vit des bulles d'air s'élever à un endroit fort éloigné de celui où le jeune homme avait plongé, puis la chevelure noire de Basile parut au-dessus de l’eau. Le jeune homme tenait quelque chose entre ses dents, et poussait devant lui un gros corgs qu'on reconnut aussitôt pour étre celui du wolverène.
Marengo, qui nageaïit près de là, n'eut pas plus tôt aperçu son maître, qu'il poussa de son côté, engueula le wolverène et se nnt à le tirer en nageant vers un point de la rive que Basile lui indiqua du doigt, et où l’abordage était facile.
Basile alloit devant le chien en éclaireur, il fut bientôt à terre et prêt à aider Marengo, qui y arriva quelques instants après. Le corps du wolverène fut tiré de l’eau et porté par François et Norman vers le lieu du campement. Lucien les suivit en portant les habits de Basile, et bientôt nos quatre jeunes gens se retrouvèrent tranquillement assis devant un feu qui flambait avec une nouvelle vigueur.
Je ne crois pas qu'il existe en Amérique un animal plus hideux que ie wolverène. Son corps ramassé, ses jambes courtes et torses, son poil hérissé, sa queue touffue, et par dessus tout ses
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griffes recourbées et ses énormes mâchoires en font un animal d’un aspect aussi terrible que peu attrayani. Sa marche est lourde et presque rampante, ses yeux sont durs et féroces, son allure ressemble assez à celle de l'ours, et les traces qu'il laisse derrière lui sont souvent prises pour celles de ce dernier animal. Les chasseurs et les Indiens ne s’y trompent pas cependant, et les reconnaissent à des signes certains. Ses pieds de derrière sont plantigrades, c’est-à-dire qu’ils portent sur le sol depuis le talon jusqu’à l'extrémité des doigts. Sa croupe est recourbée comme un segm, *t de cercle.
Cet animal est à la fois féroce et vorace, et ressemble, sous ce rapport comme sous plusieurs autres, au glouton. On le désigne même parfois sous le nom de glouton d'Amérique. Il n’y a pas d'animal qui détruise plus de petit gibier. Il attaque et dévore aussi les grandes espèces lorsqu'elles se trouvent à sa portée ; mais, comme il est bas sur jambes et peu agile, il ne peut guère s'emparer de ces derniers que par stratagème.
On croit généralement qu'il se poste sur les arbres cz sur les rochers élevés pour guetter le daim, et s’élancer sur son dos au moment où ji: passe à sa portée. On va même jusqu’à prétendre qu’il pousse plus loin la précaution, et au dire de certaines gens il amasserait de la mousse, dont les rennes sont très friands, et la placerait aux endroits où il vent les attirer. On a ajouté, chose plus extraordinaire encore, que les renards l’assistent dans ces circonstances, et que ces animaux chasseni Je gibier de manière à le faire passer à la place où le wolverène est en sentinelle.
Ces hittoires, inventées pour le glouton d'Europe, ont été de-
puis appliquées à l'animal qui nous occupe. On n’en finirait pas si l’on voulait rapporter toutes les exagérations dont le glouton a été l’objet. Ainsi, il passe pour manger jusqu'à ce qu'il puisse à peine se remuer, Quand il s’est bien gorgé de nourriture, il se glisse entre deux arbres rapprochés de manière à ce que la pression le fasse évacuer, et lui laisse l'estomac libre pour faire un nouveau repas. Ces exagérations ont été adoptées par plusieurs auteurs, et entre autres par Buffon sur la foi d’un certain Olaïüs Magnus, dont le nom danois doit signifier indubitablement Grand Menteur.
Il est certain toutefois que le glouton est un des animaux les plus ingénieux, et que le wolverène ne lui cède en rien sous ce
rapport. Ce dernier a, dans mille circonstances, donné des preuves de sagacité.
En voici une, entre autres, qui fait uonneur à son imaginative.
Sur le territoire de la baie d'Hudson, les trappeurs de martres tendent leurs pièges dans la neige, et couvrent de leurs trappes de longues lignes qui quelquefois n’ont pas moins de cinquante milles. Ces pièges ou trappes sont construits à l’aide de morceaux de bois qui soutiennent une planche au-dessus du sol; c'est ce qu'on appelle aussi des quatre de chiffres, à cause de ia disposition de ces bois, qui ressemble assez au chiffre 4. On appâte ces trappes avec des têtes de perdrix ou des morceaux de venaison dont la martre (mustela martes) se montre très friande. Aussitôt que la martre saisit l’appât, les petits morceaux de bois basculent et font tomber une planche lourdement chargée qui écrase dans sa chute l’animal trop gourmand. Les martres se laissent prendre à ce piège, mais non pas les wolverènes. Ces rusés animaux attaquent le piège par derrière et font tomber la trappe avant de chercher à s'empare de l’appât, qu'ils retirent ensuite de dessous à l’aide de leurs griffes acérées, et l’on a vu des wolverènes suivre ainsi pas à pas les chasseurs et détruire les unes après les autres toutes les trappes tendues par eux. Quand il arrive que le wolverène rencontre une martre prise sous la trappe, il ne la mange pas, ear il est peu friand de cette chair, et se contente de retirer son cadavre de dessous la planche, et de manger l’appât s’il en reste encore.
Les renards, qui sont au fait des habitudes du wolverène, et qui sont moins dégoûtés que lui à l'endroit de :a chair de martre, le suivent dans le seul but de manger les martres que cet animal retire de dessous les trappes. Trop faibles eux-mêmes pour renverser ces lourdes planches, ils profitent du travail accompli par un autre, et se régalent des cadavres que le wolverène a jetés sur la neige.
On voit que dans ce cas, que je certifie plus véritable que le premier, les rôles sont changés, et que c’est le wolverène qui se trouve être le pourvoyeur des renards.
Les renards se laissent quelquefois eux-mêmes prendre dans les trappes, soit qu'ils se laissent écraser par les lourdes planches, soit qu'ils périssent percés par la balle des pistolets, à la détente desquels les chasseurs attachent quelquefois leurs appâts.
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Quand le wolverène renr"t:e ainsi des renards tués ou blessés, il ne les dédaigne pas comme les belettes, et s'en régale ordinairement avant que le chasseur ait eu le temps d'examiner ses trappes et ses canons.
Le wolverène est loin de vivre en entente cordiale avec le renard, il aime beaucoup la chair des jeunes animaux de cette espèce, et dévore tous ceux qui lui tombent sous la dent. Quand il a découvert le terrier d’un de ces animaux, ses redoutables griffes en ont bien vite raison, et il lui arrive souvent de dévorer ainsi toute une famille dans son propre nid.
Les jeunes loups eux-mêmes deviennent souvent la proie de cette bête vorace. En somme, le wolverène vit dans de fort mauvais termes avec les renards et les loups, et il lui est arrivé plus d'une fois de se régaler de quelques daims que ces derniers venaient d’abattre pour leur propre dîner.
Il y a bien peu de viande dédaignée par le wolverène. Cependant le castor est son mets de prédilection, et si ce dernier animal ne trouvait un refuge dans l’eau, élément pour lequel son ennemi a très peu de goût, la race entière des castors aurait disparu sous sa dent meurtrière.
Sa force, jointe à la finesse de son odorat, le rendent un ennemi redoutable pour tous les sauvages habitants des forêts et des prairies. La ruse supplée chez lui aux qualités qui lui manquent d’un autre côté, et cet animal passe pour détruire autant que la panthère et l'ours noir.
Le wolverène vit dans les antres des rochers et dans le creux des arbres, il se plaît également dans les forêts et dans les prairies. On le trouve dansles pays habités aussi bien que dans les déserts les moins fréquentés Son espèce est répandue sur la plus grande partie du continent américain. Cependant il affectionne de préférence les latitudes froides et les régions neigeuses. On ne le rencontre plus dans la partie méridionale des Etats-Unis, quoiqu'il soit positif qu'il ait infesté ces contrées à l'époque où les castors s’y trouvaient encore, Mais à partir du quarantième degré, on le trouve partout.
Il ne serait pas surprenant qu'il habitât jusque sous le pôle même ; du moins, si avant que l'homme ait pénétré dans le nord, il a toujours rencontré cette bête féroce.
Le wolverène est un animal solitaire, et, comme la plupart des carnassiers, un grand rôdeur de nuit, La femelle fait ordinaire-
ment deux petits, quelquefois trois, rarement quatre. Ses petits, en venant au monde, sont de couleur claire; ce n’est qu’en grandissant qu'ils prennent une teinte plus foncée. Dans le foit de l'hiver, les wolverènes adultes deviennent presque noirs. Leur fourrure, qui ressemble assez à celle de l'ours, a le poil moins long ; elle est aussi moins estimée que celle de cet animal. Cependant sa peau est très recherchée, et fait un des objets les plus importants du commerce de la compagnie de la baie d'Hudson.
Les voyageurs canadiens désignent le wolverène sous le nom de carcajou, tandis que les Écossais au service de la compagnie l’appellent du nom assez extraordinaire de quickhatch. On suppose que ces deux derniers noms ont la même origine, et qu'ils proviennent l’un ei l’autre du mot indien okee-coo-haw-gew, sous lequel la tribu des Cree désigne cet animal. Cette hypothèse est d'autant plus probable que ce n'est pas le seul mot que les voyageurs et les marchands de fourrures aient emprunté à la langue de ces sauvages.
Pendant qu'on préparait la peau du wolverène, Lucien donna à ses compagnons plusieurs détails scientifiques sur cet animal. Norman, qui le connaissait de longue date, se chargea, de son côté, de leur faire connaître ses mœurs et ses habitudes, et il ajouta même à ces renseignements certaines histoires et certaines particularités trop extraordinaires pour être vraies, et dignes à tous égards de figurer dans les ouvrages d'Olaüs Magnus et dans ceux de M. de Buffon.
1. Le capitaine Mayne Reid ne laisse jamais échapper l'occasion de critiquer le grand naturaliste français. Sans doute les œuvres de M. de Buffon ne sont pas exemptes d’er:eur, et on peut lui reprocher d'avoir admis trop facilement des faits d'histoire n: ‘urelle au moins contestables. Mais avant de touraer en ridicule un homme si justement célèbre, ne se‘ait-il pas bon de réfléchir que le fondateur du Jardin des Plantes vivait à une que où les renseignements exzcts faisaient défaut sur plusieurs points, et qu’il est encore le seul qui ait eu le ta'ent d'écrire sur l'histoire naturelle de gros et nombreux volumes que tout le monde lit avec plaisir ?
En dépit des erreurs qu’un acerbe critique peut se donner aujourd'hui le facile plaisir de relever dans les œuvres de cet aimable savant, Buffon a beaucoup fait pour la science, qu’il a popularisée par la magie de son style. Malgré ses défauts, il sera toujours un de nos premiers écrivains, et si le spirituel auteur des Grands Lacs était Français, et qu'il fût à même d’apprécier les magnificences de notre langue, je suis certain qu'il eût préféré de beaucoup employer à lire, retire et admirer les pages éloquentes écrites par Buffon, le temps qu'il a peut-être perdu à essayer d'obscurcir sa gloire.
(Note du traducteur.)
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