‹ La baie d'Hudson [microforme]Chapitre 20 sur 53 · UN GRAND DINER · texte numérisé non relu

UN GRAND DINER

Nos jeunes cha seurs reprirent leur voyage le lendemain de cette double expéd. ‘ion. Ils suivaient la direction de la rive du lac et marchaient par *onséquent un peu à l’ouest du nord. Leur manière de naviguer tait bien simple. Ils côtoyaient la rive tant que celle-ci ne dé“ait pas trop de la ligne droite, mais ils évitaient d’allonger leur chemin en en suivant tous les replis. Cependant ils avaient soin aussi de ne pas trop s'éloigner de là terre, pour ne pas exposer leur frêle esquif, surtout quand le vent était fort.

Ils prenaient terre chaque jour pour passer la nuit, et dessendaient soit sur un petit cap, soit sur quelque île. Quand ils avaient vent debout, ils ne faisaient que peu de milles dans leur journée ; mais lorsqu’au contraire ils avaient vent arrière, ils se faisaient une voile avec la peau du wapiti et avançaient assez rapidement. Il y eut tel jour à ils firent plus de quarante milles.

Nos jeunes voyageurs était bons chrétiens ; aussi avaient-iis l'habitude de se reposer tous les dimanches. Cet usage n’était pas pour eux une nouveauté, et ceux d’entre nos jeunes lecteurs qui ont lu les Forêts Vierges doivent se rappeler qu'ils n’en avaient point agi autrement dans leurs précédentes excursions. C'était une coutume dont le corps ne se trouvait pas moins bien que l'âme ; et ce n’est pas sans de puissantes raisons que le divin législateur a ordonné à l’homme de se renoser un jour sur sept.

Le dimanche était pour eux non seulement un jour de repos, mais encore un jour de fête. Ils avaient plus de temps à consacrer à leurs opérations culinaires, aussi la cuisine de ce jour était-elle plus soignée que celle des jours ordinaires, et l’on avait l'habitude de réserver pour cette solennité les morceaux les plus délicats des gibiers tués pendant la semaine.

Au premier dimanche dela traversée du lac Winnipeg, le camp fut élabli sur une petile île de quelques acres seulement de su-

perficie. Cette île, située près de la côte, était fraîche et presque entièrement couverte d'arbres de différentes espèces. Les îles qui se trouvent dans les grands lacs possèdent en général une grande variété d'arbres. La cause en est facile à exnliquer : d’un côté les eaux y déposent en masse les graines de tous les arbres qui bordent le lac, et d’un autre côté les oiseaux aquatiques qui fréquentent ces îles y apportent aussi des semences de toute espèce. L'île en question devait être d'autant mieux fournie d’arbres qu'elle était située près d’une côte très boisée.

Dans les parties basses de cette île croissaient les saules et les cotonniers (populus angulata), les deux arbresles plus communs de la prairie, Près d'eux on trouvait encore le bouleau et l’érable à sucre (acer saccharinum). Sur les parties les plus élevées, vers le centre, se trouvaient d’autres espèces qui rappelaient davantage la végétation particulière aux terrains de formation primitive qui bordaient le lac à l’est. Là, poussaient les pins, les sapins, les genièvres et les tamaracks ou mélèzes d'Amérique ( lüryx americana). Parmi ces grands arbres se distinguait également le sommet conique des cèdres rouges; au-dessous d’eux croissaient des buissons et des arbustes au nombre desquels on voyait figurer le rosier et le framboisier sauvages, le pommier, le prunier et le pembina (viburnum oxycoccos) si facile à reconnaître à son apparence touffue.

Il n'y a peut-être pas au monde un lieu qui offre aux voyageurs une plus grande variété de fruits sauvages que les rives de la rivière Rouge du Nord, et l'île où nos voyageurs avaient momentanément établi leur domicile se trouvait, sous ce rapport, aussi avorisée que la rive elle-même.

Ils avaient choisi, pour camper, une place dont le sol uni se trouvait protégé contre le soleil et la pluie par l’épais feuillage d'un tacamahac ou peuplier-baumier (populus balsamifera). Cet arbre, qui est sans contredit un des plus beaux d'Amérique, est aussi un de ceux qu'on rencontre le plus avant dans le nord. Placé dans des conditions favorables, sa hauteur atteint cent cinquante pieds, sa grosseur est en proportion ; mais ces dimensions sont exceptionnelles, et cet arbre ne dépasse pas ordinairement en hauteur soixante-dix à quatre-vingls pieds. Ses feuilles, de forme ovale, ont une teinte jaune lorsqu'elles sont nouvellement poussées. Dans la saison plus avancée, elles deviennent d'un vert foncé ct brillant. Les bourgeons de cet arbre sont gros. de

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couleur jaune, et recouverts d’une espèce de vernis odorant qui lui a fait donner le nom de baumier.

On était au samedi soir; le soleil était près de se coucher. Nos voyageurs venaient de terminer leur repas, et étaient tranquillement assis auprès d’un feu de cèdre rouge, dont la fumée bleuâtre s'élevait en légères spirales au-dessus des feuilles vertes des grands peupliers. Le parfum de cette fumée odorante, mêlé à l'arome des baumiers, remplissait l'air des plus suaves senteurs qui influaient sur le sens de nos voyageurs, et les préparaient aux émotisus les plus douces. Les bois de la petite île n'étaient ni sans vie ni sans voix. Le geai bleu gazouillait dans la feuillée et sautillait de branche en branche en laissant apercevoir de temps à autre l’azur de ses ailes brillantes. Le cardinal ou gros bec, au plumage écarlate, voltigeait sous les arbres, semblable à un feu follet en mouvement ; et le pic à bec d'ivoire faisait retentir tout le bois de son cri sonore et répété. Une orfraie décrivait dans l'air des cercles concentriques, les yeux constamment fixés sur les eaux du lac, et prête à s'élancer sur la proie qu'elle convoitait. Une paire d’aigles à tête chauve (halietus leucorephalus) planaïit dans les hautes régions de l'air, tandis que plusieurs vautours-dindons (cathartes atratus) volaient au-dessus d’un point de la rive où les attirait sans doute quelque charogne, chair ou poisson, jetée là par les eaux du lac.

Pendant assez longtemps, les jeunes voyageurs demeurèrent silencieux. Ils contemplaient avec recueillement le magnifique paysage qui se déroulait sous leurs yeux.

François, fidèle à ses habitudes, rom pit le premier le silence.

— Maître queux, dit-il, peut-on savoir ce qu'il y a pour le diner de demain?

C'était à Lucien que s’adressait cette question, car le jeune savant cumulait, et joignait à ses fonctions de naturaliste de la petite troupe celle de son chef de cuisine.

— Rôti ou bouilli, à votre choix. Parlez, messieurs, faites-

. vous servir ! répondit Lucien en riant.

— Ah! ah! reprit gaiement François, un bon morceau de bouilli ferait assez bien mon affaire, le bouillon surtout m'irait à merveille, et je ne te cache pas que j’aspire après une grande assiétée de soupe, car du rôti, toujours du rôti, je commence à en être un peu las.

— Eh bien, je vous servirai l’un et l’autre pour votre diner

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de demain. Entendez-vous, vous êtes invités à venir manger le pot-au-feu.

François se mit à rire de plus belle.

— Dans quoi feras-tu cette soupe, frère Lucien, dans ton soulier apparemment?

— Non pas dans mon soulier, mais bien dans cela.

En parlant ainsi, Lucien indiquait du geste une espèce de seau qu'il avait confectionné la veille avec de l'écorce de bouleau.

— C'est bon, reprit François, tu as un seau excellent et qui tient parfaitement l'eau, je ne dis pas non; mais c'est de l’eau froide, et on ne fait pas de soupe avec cela. Le difficile, c’est de faire bouillir de l'eau dans ton seau d'écorce, et si tu y parviens, je te tions pour sorcier. Oh! je n’ignore pas que tu fais des choses merveilleuses avec tes préparations chimiques ; mais ta science ne va pas jusqu’à faire bouillir l’eau dans une marmite d'écorce. L'eau ne serait pas seulement dégourdie, que ton seau n'aurait plus de fond. Ah! de la soupe! ma foi, je trouve la prétention plaisante!

— Mon cher François, répondit Lucien, il ne faut jurer de rien, et te voilà, comme le reste des hommes, très porté à l'incrédulité pour les choses que tu ne comprends pas; mais tu verras, et si tu veux te charger de me prendre quelques poissons à la ligne, je me fais fort de vous offrir demain un diner complet où rien ne manquera : soupe, bouilli, rôti, poisson et dessert, tout y sera, et soyez sûrs, messieurs, dit Lucien en se tournant vers ses frères, que notre cuisinier fera tout son possible pour justifier votre confiance.

— Parbleu, mon cher Lucien, tu aurais dû être cuisinier chez Lucullus. Mais je vais toujours pêcher ton poisson.

Tout en parlant ainsi, François tirait une ligne de son sac. Il garnit l’'hameçon d’une sauterelle, s’approcha du lac et jeta sa ligne dans l’eau. Il eut bientôt la satisfaction de voir le flotteur ‘s'agite. Il tira à lui par un coup sec, et ramena un joli petit poisson aux écailles argentées. Ce poisson, dont les eaux du lac pullulaient, fut déclaré par Lucien appartenir au genre hyodon. Le jeune naturaliste dit à son frère qu'il croyait possible de prendre des poissons d'une plus grosse espèce, et il l’engagea à mettre un gros ver au hout de sa ligne et à laisser tomber l’hameçon jusqu’au fond de l’eau, l'assurant que de cette manière il ne pouvait manquer de prendre quelque esturgeon.

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— Et comment sais-tu, dit François, qu'il y a des esturgeons dans le lac?

— J'en suis à peu près sûr, répondit le jeune naturaliste. Ce poisson, désigné par la science sous le nom d'acipenser, se trouve sous les zones tempérées dans toutes les parties du monde. I] fréquente également la mer et l’eau douce. Ce n’est guère que dans les climats chauds qu'on ne le rencontre pas. J'ai tonte raison de croire qu'il s'en trouve dans les eaux de ce ac, et plutôt deux espèces qu’une. En tout cas, il ne t’en coûte pas beaucoup d'essayer. Aie soin seulement de laisser tomber ta ligne jusqu’au fond, car l’esturgeon est un poisson üénouzvu de dents qui cherche toujours sa nourriture dans la vase.

François suivit de point en point les indications de son frère. Au bout de quelques minutes il sentit une violente secousse, êt tira à terre un très gros poisson qui n'avait pas moins de trois pieds de long.

Après examen, Lucien déclara que c'était un esturgeon, mais ua esturgeon tel qu’il n'avait point encore eu occasion d’en voir. Il était en effet d’une espèce particulière aux eaux de ces contrées, et désignée sous le nom d’acipenser carbonarius. L'aspect de ce poisson n'étant pas des plus engageants, François se remit à pêcher des poissons argentés, qui, quoique beaucoup plus petits, lui semblaient devoir fournir un meilleur plat.

— Je dois aussi, dit alors Basile, fournir ma quote-part à ce fameux diner; c’est moi que le gibier regarde, et je vais visiter cette île pour m'’assurer des ressources qu'elle nous offre à cet égard.

Tout en parlant ainsi il jeta son fusil sur son épaule, et disparut bientôt au milieu des arbres,

— Et mui? dit Norman; est-ce que vous croyez que je vais dévorer le produit du travail des autres sans y mettre un peu du mien? Oh! que non pas, s’il vous plaît!

Sur ce, le jeune marchand prit aussi son fusil et s’enfonça dans les arbres, mais dans une direction opposée à celle choisie par Basile.

— D'après ce que je vois, dit Lucien, la viande ne nous manquera pas, mais il faut que je m'occupe des légumes,

Et Lucien prenant en main le seau d'écorce, se mit à suivro le bord de l’eau.

François resta seul au camp et continua sa pêche.

Laissons-le Jà pour quelques instants, et suivons le chercheur de légumes pour prendre avec lui une leçon pratique de botanique,

Lucien avait à peine fait quelques pas qu'il aperçut certaines grandes tiges de plantes aquatiques dont les pieds trempaient dans l’eau. Ces espèces de joncs n'avaient pas moins de huit pieds de haut; leurs feuilles, en forme de glaive, étaient unies comme une glace; larges d’un pouce et longues de trois pieds environ, À l'extrémité de chaque tige, se balançait une panicule de graines, assez semblable à un épi d'avoine. Cette plante n'était autre que le fameux riz sauvage (zizania aquatica), si prisé des Indiens, auxquels il fournit une partie considérable de leur alimentation. Les graines du zizania n'étaient point encore arrivées à maturité; mais Lucien jugea apparemment qu'elles étaient assez avancées pour servir à l'usage auquel il les destinait, car il en cueillit une assez bonne provision qu'il mit dans le seau qu'il portait à la main.

— Me voilà toujours sûr, se dit-il de pouvrir offrir à mes convives tout au moins du potage au riz,r j'espère bien trouver mieux encore.

Tout en faisant ce petit aparté, le jeune naturaliste continuait à suivre la rive; il atteignit bientôt un bouquet de bois qui couvrait un terrain humide et de l’apparence la plus riche. Après quelques pas faits sous ce couvert, il se baissa pour examiner le sol.

— J'espère, se dit-il encore à lui-même, que c'est là que je trouverai ce que je cherche. Le sol me paraît être des plus favorables, et il doit y en avoir ici même ou dans les environs. Justement, je crois que le voici.

L'objet qui venait d'attirer l'attention de Lucien était une plante, maïs une plante d'assez triste apparence, dont les fleurs étaient flétries et presque entièrement desséchées. Mais ce n'était pas ces feuilles dont s’inquiétait notre jeune homme ; il n’en voulait qu’à la racine bulbeuse dont on voyait les extrémités poindre un peu au-dessus du sol, Cette racine était tout simplement le poireau sauvage (allium tricoccum).

Les feuilles de cette plante ont ordinairement six pouces de long sur trois pouces de large, et ressemblent assez à celles du poireau de nos jardins. Ure singularité qui les distingue, c’est qu'elles se sèchent et meurent très peu de temps après avoir ac-

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quis leur développement. Quand la plante entre en floraison, elle n'a déjà plus de feuilles, cette circonstance la rend assez difficile à trouver, Lucien avait heureusement des yeux fort experts en pareille matière ; quelques minutes lui suffirent pour découvrir ct arracher plusieurs oignons de la grosseur d'un œuf de pigeon, qu'il mit dans le sceau d’écorce à côté des épis de riz.

Satisfait de sa double récolte, et sûr d'avoir de quoi faire une excellente soupe, il retourna au camp avec l'intention de préparer les légumes qu'il venait si heureusement de découvrir.

Comme il traversait un espace marécageux, ses regards furent attirés sur une plante d'un aspect remarquable, dont les tiges s'élevaient de beaucoup au-dessus des autres herbes. Ces tiges n'avaient pas moius de huit pieds de haut, et portaient à leur sommet une ombelle de grandes fleurs blanches. Les feuilles de celte plante étaient grandes, lobées et dentelées, d’un pouce de

large, avec des sillons disposés longitudinalement. es Lucien n'avait jamais vu cette plante, mais il en avait beaucoup Kion entendu parler et la r. connut facilement aux descriptions qu'il en avait lues dans les ouvrages de botanique; c'était l'herbe uait connue des chasseurs sous le nom de cow parsnip, l'heracleum es lanatum des botanistes. Les tiges de cette plante sont à nœuds et seb creuses comme celles des roseaux. Lucien se rappela à cette occaac sion que les sauvages l’appellent tiges à flûte, parce qu'ils se servent ordinairement de ces tuyaux tant pour composer les insa je truments de leur grossière musique «ue des appeaux avec les- Fes quels ils imitent le cri des daims et de plusieurs autres animaux. 4 ; Ces plantes ont encore une autre propriélé que notre jeune naturaliste ignorait.

ve Norman. qui vissait à par là en ce moment, vit Lucien ocgs cupé à examiner ces plantes, et poussa une exclamation de € plaisir.

4e i —- Qu’as- tu donc à te réjouir, mon cher cousin ? demanda té | à Lucien.

je — Je me réjouis de la découverte de ces tiges à flûte. Tu parlais de faire une bonne soupe, je crois que cela n'y nuira pas. F À — Comment cela? demanda Lucien.

i — lgnores-tu donc que les jeunes tiges de cette plante sont sat bonnes à manger? Il en est de même des racines. Mais les jeunes ri pousses sont sans contredit la partie la plus délicate. Les voya-

geurs, aussi bien que les Indiens, les mettent dans la soupe et

s’en montrent très friands, et ils ont raison, car c’est une excellente chose.

— Puisque ces pousses sont un mets si délicat, je ne vois pas, répondit Lucien, qui nous empêcherait d'en récolter quelquesunes.

Et ce disant, il se mit à en cueillir avec l’aide de Norman.

Quand ils jugèrent qu'il y en avait assez, ils retournèrent ensemble au camp.

Basile y arriva presque en même temps qu'eux. La chasse lui avait été favorable ; il rapportait une superbe poule de prairie (tetras cupido).

Norman avait aussi fait chasse, il avait tué un écureuil. Fraïçois, de son côté, avait pêché un bon nombre de poissons, de telle sorte que Lucien se trouvait comriètement en mesure de tenir la promesse qu'il avaic faite au sujet du diner.

Cependant François était toujours à se rendre compte de la manière dont son frère parviendrait à faire bouillir la soupe dans le seau d’écorce. Rasile, qui n’en savait pas plus que François, se perdait en conjectures. Quant à Norman, qui avait voyagé dans le pays de Assinoboils, il était parfaitement au courant de ce mode de cuisson. Ces Indiens, qui tirent leur nom précisément de la manière dont ils font cuire leurs aliments, ne sont pas les seuis qui usent de ce moyen, et le jeune marchand avait vu la même méthode employée avec succès par les {rees, les Chippewas et même par les voyageurs blancs, qui ont recours à ce moyen toutes les fois qu'ils manquent de vases de métal ou de terre.

Le lendemain, ce grand mystère devait être expliqué à Basile et à François. Lucien ramasse. plusieurs pierres de la grosseur d’ur. pavé ordinaire, en ayant soin de choisir les plus dures et les plus unies. Puis illes plaça dans le feu, où elles ne tardèrent pas à s’échauffer jusqu'à devenir rouges et incandescentes,

Pendant ce temps, l’eau et la viande «vaient été placées dans le pot d’écorce. Une première pierre brûlante fut retirée du feu et jetée dans le pot; puis une seconde, puis une troisième, en un mot Lucien retirait chaque pierre aussitôt qu’elle commençait à refroidir, et la remplaçait par une autre plus brûlante. Au bout de quelque temps, l'eau du vase entrait en complète ébullition. Le jeune maître queux mit dans son pot successirement le riz et les autres ingrédients qu'ils avait rassemblés, et obtint einsi en peu de temps un excellent potage,

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