Voir Board of Trade Journal, 31 janvier
qui doit être prise en considération dans le cas des importations, puisque les statistiques évaluent les marchandises importées en y comprenant la valeur de l'assurance; c’est le bénéfice net des Sociétés d’assurance anglaises dans tous les autres cas, qu’il s'agisse d'assurances sur marchandises anglaises exportées ou d’assurances sur transports maritimes entre pays étrangers ou encore d'assurances sur tout autre risque à l'étranger.
En outre, aucune étude détaillée n’a jamais été faite pour évaluer directement, d’après la comptabilité des Sociétés d'assurance, les recettes et les bénéfices ainsi réalisés : ce serait, il faut le reconnaître, un travail énorme et fastidieux, d’un intérêt limité. Aussi tous les économistes anglais se sont-ils contentés d’apprécier grossièrement ces gains en établissant leur rapport avec le commerce extérieur de l’Angleterre. En 1913 on avait admis le pourcentage de 0,25 %. Pendant ia guerre, les risques étant devenus beaucoup plus grands, la
moyenne des primes a plus que triplé par rapport à
1913. On admettra donc que les gains ont eux aussi triplé et on appliquera le taux de 0,75 % à l’ensemble du commerce extérieur anglais de 1914 à 1918, c’est-àdire à 7.526,000.000 £, ce qui donnera 56 millions environ, chiffre plutôt inférieur à la réalité puisque l’ « Office d'assurances maritimes » indique pour 1918 seulement un bénéfice de 26 millions de £,
En 1919, la disparition brusque des risques de guerre, marquée par une modification des taux d’assurance maritime, laisse penser que le rapport doit être réduit
à 0,40 %, ce qui donne environ 10 millions de Æ&. À partir de 1920, le taux des primes est devenu à nouveau très voisin de celui de 1913 et les gains peuvent donc être évalués respectivement à 9 millions, 5 millions, 4,5 et 5 millions £ pour les années 1920 et 1924 inclus.
Services financiers. — Il n’est pas moins difficile de connaître les profits que tire l'Angleterre de son commerce de banque et des crédits à court terme qu’elle consent à l’étranger : le nombre des établissements et le secret jaloux qu’ils gardent sur leurs opérations écartent de suite tout essai d'évaluation directe. Cette lacune est grave parce que les profits des banques anglaises à l'étranger sont considérables. L'importance de ces. profits dépend à la fois de l’activité plus ou moins grande du commerce international, de la prépondérance plus ou moins forte des banques anglaises et de l’élévation du taux de l’escompte. Si le commerce extérieur de l’Angleterre donne une idée suffisante de l’activité du commerce international, des éléments incertains tels que la masse des transactions en livres sterling et en dollars effectuées dans le monde, les bénéfices de certaines banques anglaises, la tenue du change sterling, permettent seuls de se faire une opinion sur la part que prend la Grande-Bretagne au financement des affaires du monde entier. Les taux de lescompte à Londres et à New-York permettent aussi de connaître avec assez de précision le loyer ordinaire des capitaux à court terme.
D’après Sir Robert Giffen, on pouvait admettre en 1913 le pourcentage de 2% du commerce extérieur bri-
tannique comme mesure des gains financiers de l’Angleterre,soit 0,50 % pour les commissions de banque et 1,50 % pour l'intérêt des crédits à court terme. La guerre a certainement réduit les profits que l'Angleterre retire. de services financiers rendus au reste du monde, et cela malgré la hausse du taux de l’intérêt des capitaux à court terme. En l’absence de toute indication précise,
on prendra le taux de 1,75 % du commerce extérieur britannique comme proche de la réalité pour la pé-
riode 1914-1918, ce qui fait un total de 131 millions
de £ environ.
En 1919, la hausse plus rapide du taux de l’intérêt aurait accru ces bénéfices si la baisse de la livre stering n’avait enlevé aux banques anglaises, au profit des établissements de crédit américains, le financement de très nombreuses opérations en Europe et en Amérique; l'application du même coefficient présente un bénéfice de 45 millions de £ environ.
La même évolution s’est poursuivie en 1920 et au début de 1921. A partir de cette date, le taux de l’escompte est revenu à une valeur plus proche de celle d’avant-guerre, tandis que la stabilité de la livre sterling et ensuite sa tendance à revenir au pair ancien ont rendu aux organismes britanniques leur supériorité sur les organismes bancaires des Etats-Unis. Aussi peut-on penser que les gains de l’Angleterre ont été voisins de ceux de 1913, c’est-à-dire égaux à environ 2 % de son commerce extérieur, soit 70 millions de £ en 1920, 38 en 1921, 36 en 1922, 39 en 1923 et 41.5 en