Principalement grâce à Cairnes, Goschen et Léon Say
ciale, la balance internationale des comptes ou des paiements d’un pays. Plus récemment des livres de premier ordre ont traité en détail le problème de la balance des comptes (1 ): mais, au lieu de «s’hypnotiser » sur la masse d’achats et de ventes en présence et le taux du change qui en résultait, on a surtout étudié le rôle des prix, de leur niveau variable suivant les pays et leur influence sur le commerce extérieur.
A côté de ces études théoriques, on a essayé d'obtenir dans les principaux pays une évaluation plus exacte des différents chapitres de la balance. Des travaux de statistique on été entrepris, surtout aux Etats-Unis et en Italie, pour fournir des bases plus solides aux évaluations d'ensemble. La Société des Nations s’est ainsi appliquée à publier la balance des comptes de nombreux grands pays et elle va poursuivre ces travaux.
Mais surtout les difficultés suscitées par le règlement de la dette de réparation de lAllemagne et par celui des dettes interalliées ont conduit les gouvernements à se préoccuper de la balance des comptes, de son équi- Ubre, des conclusions que son étude pouvait apporter à l’appui de leurs thèses. Le second comité des Experts a établi une évaluation des avoirs allemands à l'étranger qui n’est pas autre chose qu’une balance des comptes de l'Allemagne; mais l’étude qu’il a faite est empreinte
1. En Angleterre : Hartley Withers, Money-Changing : an introduction to foreign exchange; Bastable, Theory of international Trade; Hobson, International Trade; Gregory, Foreign exchange before, during and afjer the war. En France, J. Décamps, Les Changes étrangers.
d’une impartialité qui avait quelquefois fait défaut aux études allemandes ou étrangères sur le même sujet. La discussion des dettes intéralliées a de même suscité de nombreuses évaluations peu concordantes de la balance des comptes de l’Angletrerre et de la France et il est probable qu’il ne manquera pas d’y avoir bientôt des études semblables sur celles de l’Italie, de la Belgique et plus tard de la Russie. ;
Mais c’est justement lorsqu'il s’agit d’évaluer la capacité de paiement d’un pays qu’il convient de ne pas attacher à l’équilibre de la balance internationale des comptes une importance décisive. D’une part les méthodes et par suite les résultats de l’évaluation de la ba-
lance des comptes sont en général trop incertains pour qu’on puisse leur attribuer plus qu’une valeur d’indication. Il suffira, pour nous en convaincre, d’examiner successivement les différents chapitres de la balance et les méthodes d'évaluation qui permettent de déterminer leur importance respective. D’autre part l'équilibre de la balance des comptes, s’il donne d’utiles précisions sur l’évolution des relations internationales d’un pays et sur la situation actuelle de ses dettes et de ses créances envers l'étranger, se transforme aujourd’hui trop rapidement pour qu’on puisse fonder sur lui des perspectives lointaines d’avenir : les phénomènes monétaires et le mouvement des prix, l’évolution industrielle et la déviation des principaux courants d’échanges internationaux, enfin les alternatives de la politique commerciale contribuent à modifier le sens et l’intensité des courants financiers et commerciaux dont un pays est
la source, assez pour altérer gravement la physionomie de la balance internationale des paiements.
En revanche l’étude des différents types de balance des comptes permettra de mieux suivre Févolution que poursuivent les pays neufs pour devenir des pays industriels, et de mieux entrevoir les difficultés que pourra susciter, dans le mouvement économique du monde entier, la diffusion de l’industrie capitaliste.