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en capital est d’environ 640 millions de £. Mais il ne faut pas oublier que l’Angleterre recevra de l’Allemagne des paiements de réparations qui s’élèveront à 250 millions de marks-or en 1925-1926, et en 1926-1927, 300 millions en 1927-1928, enfin 500 millions de marksor dans les années suivantes — soit respectivement 42.500 .000, 15.000 .000 et 25 millions de &,
Ainsi l’on peut admettre que dans les années prochaines le revenu net de capitaux placés à l’étranger atteindra environ 200 à 220 millions de £.
Malgré une situation financière aussi solide, les industriels et les économistes anglais sont loin d’espérer dans un avenir prochain, le rétablissement de la prospérité dans leurs pays. Et peut-être, en effet, la balance des comptes de l’Angleterre ne permet-elle pas de dissiper leurs craintes.
Les chapitres invisibles de la balance des comptes, le mouvement des capitaux mis à part, présenteront sans doute dans les années prochaines un solde créditeur qui pourra varier entre 350et 450 millions de £. Il est vraisemblable que cet excédent servira, comme avant la guerre, à compenserle déficit dela balance commerciale et permettra en outre à l'Angleterre de placer à l'étranger de nouveaux capitaux. Ainsi le montant des intérêts dus par l'étranger s’accroîtra rapidement, et il faudrait que l'importance des placements nouveaux s’accroisse chaque année d’une valeur correspondante
pour que le déficit de la balance commerciale n’eût point tendance à s’accroître. En tous cas, il est vraisemblable que l’excédent d’importations de marchandises, s’il ne s’accroît pas, se maintiendra du moins à son niveau actuel.
Si d’ailleurs, une baisse des salaires, admise par les ouvriers, venait diminuer les prix de revient des industries britanniques et leur permettre ainsi de répandre plus largement sur les marchés étrangers les produits anglais, l’évolution n’en serait que plus rapide et l’exportation des capitaux anglais devrait être plus intense.
Dans ces conditions, il semble que tôt ou tard les industries britanniques soient appelées à voir leur activité diminuer, à cause de l'importance des revenus que l'Angleterre tire de son rôle d’intermédiaire financier, des nombreux émigrés anglais installés dans le monde entier et de l’intérêt de ses capitaux. On pourrait même imaginer qu'un jour l'Angleterre aura constitué à l'étranger des réserves de capitaux assez importantes pour lui permettre de vivre sans travailler, à l’égal des rentiers quiont pour seule occupation de percevoir leurs rentes. Mais des prévisions semblables sont trop mathématiques et trop lointaines pour que des évé- . nements économiques ou politiques imprévus ne viennent point troubler le cours de leur réalisation.
Il convient donc de tirer de l'étude de la balance des comptes de l’Angleterre une conclusion moins ambitieuse, mais aussi plus concrète : la guerre n’a point bouleversé la situation internationale de f’Angleterre; elle a seulement retardé l’évolution économique du
pays en même temps qu’elle a été pour lui l’occasion d'affirmer, même au détriment de l’industrie nationale, la supériorité de ses organismes financiers. Une telle expérience conduit à se demander s’il est souhaitable pour un grand pays d’adopter une telle politique, si le déclin de son industrie et de son commerce n’entrainera pas avec lui le déclin du marché financier en dépit des efforts accomplis pour lui accorder le bénéfice d’une monnaie stable. C’est seulement après l’étude de la balance des comptes de quelques autres grands pays que nous nous permettrons d’envisager cette question.