‹ La Balance des Comptes de Quelques Grands Pays IndustrielsChapitre 4 sur 91 · II.— ÉCHANGES DE SERVICES · texte numérisé non relu

II.— ÉCHANGES DE SERVICES

Tandis que les services de transport et d’assurance s’appliquent aux mouvements des marchandises et des personnes, les services financiers, commissions de banque et courtages, se rapportent au mouvement des capitaux.

Services commerciaux. Transports et assurances. — Les statistiques commerciales ne peuvent pas présenter les exportations et les importations d’un pays, de manière à tenir compte des frais de transport dont le commerce national est créancier ou débiteur. Tantôt, et c’est aujourd’hui le cas le plus fréquent, la valeur des marchandises importées est évaluée c.1. f. (cost, insurance, freigth) c’est-à-dire en y comprenant les frais de transport et d’assurance, et celle des marchandises exportées est évaluée f. 0. b. (free on board), c’est-à-dire sans y comprendre ces mêmes frais. Tantôt, au contraire, importations et exportations sont également évaluées f. 0. b. Aussi la balance commerciale ne représente-t-elle pas exactement la balance des créances et des dettes internationales dont les mouvements des marchandises sont l’occasion pour un pays

| LA BALANCE DES COMPTES DE LA FRANCE 15 et il est nécessaire de rétablir par l'évaluation des frais de transport et d’assurance la valeur réelle des — échanges de marchandises,

Ainsi, en admettant que les importations soient évaluées 9 61.1. et les exportations f.0.b., il convient de placer au crédit du pays les frais de transport et d’assurance des marchandises importées sous pavillon national, frais dont la valeur a été incluse à tort dans les statistiques } d’ importation; il en est de même de la valeur des frais de transport et d'assurance des marchandises exportées sur navire national, puisque c’est le pays de destination qui en supportera seul définitivement la charge.

Transports. — Il est impossible d’établir une évaluation directe de toutes Les créances et dettes de transport, - en un mot de relever le montant total des sommes payées à l’occasion de chaque transport intéressant la balance nos me des comptes. Aussi a-t-on été contraint de recourir à des procédés plus og moins compliqués, plus ou moins exacts, pour surmonter les difficultés d’une telle appréciation; ces difficultés viennent surtout du caractère extrêmement instable des taux de frêt, déterminés par le libre jeu de ia concurrence et limités seulement par des accords sur la fixation des prix de transport conclus entre compagnies desservant la même ligne -encore ces accords sont-ils très souvent dénoncés,

Parmi les méthodes (1) qui permettent de connaître

4, Voir sur les diverses méthodes d'évaluation : Hobson, The measurement of the balance of trade; Economica, mai 1921; Federal Reserve Bulletin, avril 1921, février 14921 ; Board of trade Journal, 3 février 1921, 29 mars 1928.

indirectement les créances et les dettes de transport, les unes ont pour principe d'établir le prix moyen de transport d’une tonne de marchandise et d’appliquer ce prix au total des marchandises transportées; les autres cherchent à fixer un rapport moyen entre le prix du tranisport et la valeur des marchandises transpor- | tées. |

Avant de présenter ces méthodes, on peut envisager un procédé simple, encore théorique aujourd’hui, mais qui plus tard, pourra devenir très précis. Il consisterait à effectuer la différence entre le total des exportations et des importations de tous les pays du monde. Si toutes les statistiques prenaient les mêmes bases d'évaluation, par exemple exportations f. 0. b. et importations c. 1. f. les résultats auraient quelque chance de représenter la valeur des transports et assurances martimes dans le monde entier. Il suffirait ensuite d’établir, pour chaque pays, un pourcentage déterminé, d’après l’mportance de son commerce extérieur et l’eloignement de ses principaux clients et fournisseurs. Mais on est loin actuellement d’une pareille unité dans les modes d’évaluation et il faut en revenir à l'application de méthodes plus compliquées.

On peut connaître le prix moyen de transport d’une tonne de marchandise d’après les frais qui incombent à la compagnie de transport ou plus directement d’après le prix qui est demandé à l'expéditeur. La compagnie de transport doit fournir certaines sommes d'argent pour affréter un navire, pour obtenir le charbon et payer l’équipage, enfin pour régler les différents

droits établis dans les ports. Après une étude minutieuse, on peut ainsi connaître le prix de revient du transport sur un navire déterminé; mais pour généraliser ce prix, il faudra tenir compte des différences de prix de revient entre les navires de passagers et les navires chargés de marchandises, entre tous les navires, suivant leur . rapidité, enfin entre les «tramps »et les «liners » (1).

Si l’on veut évaluer le prix de transport pour le pays exportateur, 1l faudra connaître la distribution du commerce extérieur sur les principales routes maritimes, et les prix de transport sur chacune de ces routes pour les principales marchandises (2). Il suffira ensuite de déterminer les dépenses effectuées à l’étranger pour l’achat de charbons ou de vivres et pour le paiement des droits de ports. Plus exacte, cette méthode suppose malheureusement un travail matériel préalable très long et très fastidieux. Souvent aussi la distribution du commerce par pays et par marchandises n’est pas indiquée dans les statistiques officielles et il faut alors, avant toute chose, la déterminer d’après les statistiques des ports.

Plus simplement, le prix de transport peut être établi d’après les bilans des compagnies de transports mari- , times qui présentent en général les recettes totales de l’année et le nombre de tonnes de marchandises et de voyageurs transportés. En outre, dans des pays comme

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