V. du reste Revue de Paris, 17 mars et 15 avril
1921 et 1922, et de 2 milliards pour les autres emprunts. M. Décamps s'appuie sur cette remarque que le déficit des balances commerciales 1919-1920 a atteint 45 milliards de francs, pour établir son estimation. Il semble que cette dernière estimation manque un peu des bases dont elle aurait eu besoin, c’est-à-dire de la connaissance des balances des comptes de 1919 à 1922.
En face de ces 9 muliards à 9.500 millions de débit, M. Décamps place les dépenses des étrangers, 3 milliards; les intérêts du portefeuille de valeurs étrangères, 2 à 8 milliards, il admet qu’une partie du déficit a été couverte par la vente de valeurs mobilières étrangères, mais pense que de nombreux crédits à court terme ont dû nous être consentis.
Dans sa réplique à ‘évaluation de M. Décamps (1), le Bulietin quotidien fait très justement remarquer les lacunes de l’estimation précédente. Il signale que les gains de fret doivent être voisins de 2 milliards, si l’on s’en rapporte au chiffre d’affaires des sociétés de navigation, et que les évaluations de la statistique des douanes sont sans doute supérieures à la réalité de plus de 1 milliard, par suite du contrôle des déclarations d’après les prix intérieurs; il remarque encore qu'il faut déduire des importations les livraisons de l'Allemagne et tenir compte des gains dus au transit des marchandises à travers la France. Enfin, il arrive à cette conclusion que la balance des comptes a été en équilibre pendant l’année
1. V. Bulletin quotidien, relation de la conférence de M. Décamps, 22 février 1924, et réponse le 47 mars 1924.
1923 et que l'exportation de capitaux français est la cause de la baisse du change.
Le Bulletin de la Banque nationale française pour le développement du commerce extérieur présente encore une évaluation assez différente de la balance, comme l'indique le tabieau suivant (en millions de francs) :
CRÉDIT DÉBIT Exportations vers l’é- Importations de l’é- (LANSOD Er ste eee 26.361 (TANLOD ESA EU 29.536 Exportations versl'In- Importations d’Indodo.Chine........ 42 415 Chine ni Her 331 Revenus des valeurs Excédent des imporétrangères........ 2.550 tations des colonies Dépenses des touris- en provenance de PER AE Are NNRE 5.000 l'étranger. ........ 700 Gains dus au fretpayé Placements français sur exportations... 300 à l’étranger....... 1.000 Gains dus au transit. 300 | Paiements du Trésor Marchandises expé- français AOC ie 2.000 diées par voie pos- Intérêts d'emprunts ÉRIC ATEN A eIEIMNes 100 particuliers ....... 300 Remises des ouvriers CLTANPET Se ere 400
Intérêts des avoirs étrangers en Fran-
CO em sr 1.000 Divers (voyageurs français à l’étran- ON ER A AE 500 35.000 35.700 A déduire : Importations au titre des réparations... .... 500 Fret incorporé dans les importations... 500 34,700
Le Bulletin ajoute que les ventes de valeurs réelles françaises ont dû constituer un élément suffisant pour rendre la balance créditrice.
En dehors des quelques différences dans les évalua-
tions, différences que nous ne pouvons discuter, car l'étude du Bulletin n'indique ni les bases de son calcul, ni ses sources, il faut remarquer la faiblesse des gains de fret totaux (800 millions), mais surtout les intérêts de crédits à court terme (1 milliard). Et en effet, l’auteur de l'étude admet que la baisse du franc est due entièrement à la perte de confiance des étrangers dans le franc et à la liquidation d’une partie des avoirs en francs qu'il estime à 20 milliards.
On aperçoit que l’appréciation de ces crédits à court terme est le point central de toute évaluation de la balance actuelle de la France et sépare nettement l’opinion du Bulletin quotidien de celles de M. Décamps et de la Banque du commerce extérieur. La balance des comptes de 1924 nous ramènera d’ailleurs à ce problème.
Nous n’avons pas établi avec la même précision que pour les autres années nos évaluations pour 1924, mais les erreurs ne peuvent porter que sur des chapitres secondaires tels que gains de transit ou d’assurances.
La balance commerciale présente pour la première fois un excédent d’exportations de 1.300 millions de francs, auquel s’ajoute un excédent d’exportations de métaux précieux d'environ 410 millions. Les gains de fret ont atteint 2 milliards, ceux de transit et d’assurances 105 et 115 millions. Les dépenses des touristes ont apporté à la France environ 4.800 millions. Les paiements de réparation ont dépassé les frais d’occupa-