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tion dans la Rubhr de plus de 1.800 millions et les versements en exécution du plan Dawes ont dépassé 700 millions. Enfin le revenu des valeurs mobilières étrangères n’est pas inférieur à 2.500 millions.
En face de ces chapitres créditeurs qui totalisent plus de 13.400 millions, les chapitres débiteurs sont peu importants : la séparation du commerce des colonies avec l'étranger (1 mulliard), les remises d’ouvriers étrangers (1.800 millions), l'intérêt des capitaux étrangers placés en France (2 à 400 millions) enfin les paiements effectués par le gouvernement français à l’étranger et les avances nouvelles à des gouvernements étrangers. Il reste donc un solde créditeur d’environ 8 milliards, auquel il faut encore ajouter le résultat des emprunts effectués à l'étranger par des entreprises françaises. Ce solde aurait donc largement permis de rembourser les 6 ou7 milliards de crédits dont nous étions encore redevables envers l’étranger : il est en effet probable que la plus grande partie de ces crédits a été remboursée puisqu’à la fin de 1924, les avoirs des étrangers en francs dans les principales banques françaises ont été à peu près entièrement retirés. Quant aux valeurs à très court terme, il est certain que la baisse du franc, au début de 1924, a amené des rachats considérables de la part des spéculateurs français et des banques, notamment de la Banque de France; néanmoins, il semble que les Américains aient aussi largement participé à ces rachats. Depuis cette époque, l’exigence d’un « affidavit » pour le paiement des coupons a eu pour résultat, de l’avis de plusieurs économistes et
banquiers, de provoquer encore la vente par les étrangers de valeurs mobilières françaises.
En admettant donc que 5 milliards de crédits à court terme aient été remboursés en 1924, ce qui est sans doute supérieur à la réalité, on s’expliquerait mal la baisse du franc consécutive à son rétablissement en mars 1924, malgré une balance favorable de près de 4 milliards, malgré la réalisation presque complète de l'équilibre budgétaire, si l’exportation de capitaux français n’était venue aggraver notre situation internationale.
En effet, dès 1923, les variations constantes et rapides du france, la baisse de notre devise qui se poursuivait depuis mai 1922, non moins que le déséquilibre du budget, découragent les porteurs français d’obligations, de rentes ou de bons à court et moyen terme. En dépit de la défense d'exportation des capitaux, l'épargne française se dirige vers l'étranger; les ordres d’achats de valeurs mobilières étrangères affluent vers les banques; en même temps, les valeurs étrangères que contenait avant cette date le portefeuille français sont peu à peu transférées vers l’étranger et, si cette dernière opération n’a point d'effet direct sur le change, elle a néanmoins pour résultat de diminuer l'efficacité du contrôle fiscal et dénote chez les porteurs l'absence totale de confiance dans le relèvement du franc.
On pourrait croire que cette exportation consolide la situation de la France, puisqu'elle lui procure de nombreuses créances sur l’étranger: mais ces créances sont vaines, puisque le porteur est bien décidé à n’en pas
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rapatrier en France les intérêts et, en tout cas, à ne pas les liquider, surtout si le franc vient à baisser. Elles ne seront utiles que le jour où la confiance sera revenue et où le porteur se décidera à faire revenir les intérêts ou même à transformer en francs son épargne, dans l’espoir d’une hausse de notre devise.
Relativement faibles en 1923, ces mouvements ont pris en 1924 une ampleur particulière, signalée d’abord par la Société d’études et d'informations économiques (1), constatée ensuite par toutes les banques. A la crainte de la baisse du franc, s’est ajoutée, en mars 1924, la crainte des mesures fiscales prises par le gouvernement à l'égard des valeurs mobilières, et particulièrement du bordereau de coupons. Depuis cette date, le mouvement d’exportation des capitaux s’est sans doute accentué, car arrivée au pouvoir des partis de gauche a fait successivement redouter aux porteurs de valeurs mobilières un prélèvement sur le capital, la consolidation obligatoire des bons du Trésor et la conversion forcée des rentes, enfin le carnet de coupons.
Le mécanisme des exportations de capitaux est assez simple et permet de tourner aisément la défense édictée par le gouvernement français; un des procédés les plus employés a consisté, pour les exportateurs, à ne point rapatrier leurs créances sur l'étranger et à se faire ouvrir en France des crédits en francs par des banques nationales, pour permettre la marche de leurs affaires, Aussi a-t-il été possible de constater une augmentation anor-