Ministère de la Marine américaine
2. En effet la plupart des exportations sont à destination de l’Europe,tandis que les importations viennent surtout de l’Amérique du Sud.
des marchandises exportées en 1920 et les mêmes valeurs en 1918. On peut résumer ainsi les principaux résultats pour le premier trimestre de l’année 1920 (1).
Index de fret Penn enr eenE 37.5 1918 — 100 Index des prix d’exportations............. 122. 1918 — 100 Index des prix d’importations............ 154,9 1918 — 100 Exportations sur navires américains........... $ 1.737.689.564 Importations sur navires étrangers............ $ 1.556.123.895
1.552 X 37.5 X 13.6 Dette de fret : 184 51100 22400 © 51.200.000 $
Gain net de fret : 166.800.000 — 51.200.000 — 115.600.000 $
Gain de fret : — 166.800.000 $
D’après cette méthode, les gains de fret des Etats- Unis diminuent de 93 millions $ en 1920 à 32 millions en 1921 et à 10 millions en 1922, enfin à respectivement 7 et 8 millions en 1923 et 1924.
D'ailleurs le déclin de la flotte américaine explique cette tendance; il est dû à deux causes essentielles : la mauvaise utilisation de la flotte d’état par l « U.S. Shipping Board » et la diminution des constructions
nouvelles. L’U. S. Shipping Board possédait en effet, en 1920, 7.200.000 tonnes de navires sur un total de 11.500.000 tonnes que comprenait alors la flotte de commerce des Etats-Unis, soit une proportion de 64 0 /0. Son administration est si défectueuse que les recettes ne suffisent pas à compenser les dépenses d’entretien et cela parce que les navires ne sont que partiellement
4. Voir Federal Reserve Bulletin avril 14921, p. 400 et février 4924, p. 183.
employés. De nombreux navires restent au port, parce que les contrats ne sont signés que trop lentement et parce qu'il n’y a pas une concordance assez précise entre les dates des contrats et les trajets des navires. Enfin la crise qui frappe l’industrie des transports maritimes depuis la fin de 1920 atteint l’« U.S. Shipping Board »en même temps que les autres entreprises de navigation. Aussi les armateurs ont-ils réclamé la vente des navires du « Shipping Board » qui a été décidée (1) en 1920. Elle fut poursuivie beaucoup trop lentement, parce que les prix fixés administrativement n’ont pas suivi assez rapidement la baisse survenue sur le marché commercial. D'ailleurs, en face de la construction anglaise qui avait réalisé de rapides progrès, la construction américaine se ralentissait sensiblement et d’une façon continue. L'industrie de la construction maritime est encore trop récente aux Etats-Unis, de sorte que les Sociétés supportent mal les difficultés survenues après 1920; l’absence de crédits, le prix de revient trop élevé de la construction mettent les Etats-Unis en état d’infériorité par rapport à l’Angleterre, qui est elle-même d’ailleurs favorisée par la concentration à Londres du marché international des frets. Le déclin de l’industrie américaine s’est donc poursuivi, malgré les mesures de faveur que le Gouvernement américain a décidé de prendre au profit de la construction maritime par l’acte de 1920 (2).
1. Vente décidée par l’Acte de la Marine Marchande de 1920. Voir American economic Review, décembre 1921.
2. Octroi de crédits aux constructeurs, exemption d'impôts des profits de guerre et de plus-value pour certains types de
Meypial 11
Il semblerait que la prospérité des sociétés d’assurance et de banque américaines depuis la guerre ait eu pour effet de rendre les Etats-Unis créditeurs de sorames importantes dues par l’étranger à ces sociétés. Le développement de; banques des U. S. en France en paraît faire preuve. Néanmoins, il n’en est pas ainsi : L’« U.S. Shipping Board » est arrivé, par une évaluation assez précise, à cette conclusion que les créances et les dettes d'assurances se compensaient sensiblement (1). Peutêtre ceci doit-il s'expliquer par le nombre et l’activité des Sociétés d'assurances françaises, anglaises et allemandes, par l'ancienneté de la prépondérance des établissements de crédits britanniques.
Ainsi le chapitre « commissions et assurances » sera négligé, aussi bien de 1914 à 1919 que de 1919 à 1924.
C. — Dépenses des touristes américains à l'étranger et remises des immigrants
Les dépenses des touristes américains ont été très faibles de 1914 à 1918. D’après le nombre de ces touristes (388.000 de 1914 à 1918) on peut admettre qu’environ 388 millions de $ ont été ainsi transférés à l’étranger. Mais à partir de 1919, le nombre des touristes s’accroit rapidement; dès cette année la visite de l’Europe et plus particulièrement des champs de bataille et
navires construits dans les chantiers américains, organisation de l’hypothèque maritime, subvention postales. Mais il n’y a pas de droits protecteurs à l’importation de navires étrangers
2. Evaluation du «Spectator » à un débit total de 8.967.000 & pour 1914-1918.
des régions dévastées attire beaucoup de parents des
combattants américains. D’après une publication américaine (1), il serait venu en France 146.000 Américains en 1919, et leurs dépenses pourraient être évaluées à un chiffre maximum de 100 millions de $.
C’est surtout à partir de 1920 que les dépenses des touristes prennent dans la balance des comptes une place importante. En même temps que le nombre des touristes augmente sans cesse, leurs dépenses individuelles, évaluées en francs, s'élèvent à mesure que diminue la valeur des monnaies françaises, allemandes, italiennes, belges. En effet les touristes, profitent des prix inférieurs pratiqués dans les pays à monnaie dépréciée pour acheter de nombreux objets et surtout des objets de luxe. Aucune évaluation précise des paiements ainsi effectués n’a été établie aux Etats-Unis, mais les statistiques des Sociétés de navigation et des bureaux de tourisme, les indications fournies par le « Bureau of Immigration », enfin l’avis de plusieurs banquiers (2) laissent penser que ces dépenses se sont élevées à 150 millions de $ en 1920, 200 millions en 1921, 300 en 1922, 300 en 1923 et 500 en 1924.
A côté du mouvement des touristes, le mouvement d'immigration qui s’est poursuivi aux Etats-Unis depuis un siècle est l’origine de dettes plus importantes et peut-être aussi plus régulières. Avant la guerre, les Etats-
4. Smith, Sturgis and Moore « a plan to advertise foreign travel to the american public ».