Voir Review of economic Statistic Juillet 1922 et octobre
Unis recevaient chaque année environ un million d’immigrants dont la majeure partie venait des pays anglosaxons. La guerre a ralenti ces mouvements au point qu’en 1918, 17.000 étrangers seulement sont venus chercher du travail aux Etats-Unis. Mais, à partir de 4919, l'immigration revient vite à son niveau d’avant-guerre (430.000 en 1920 et 975.000 en 1921) et se stabilise ensuite lorsque les lois d'immigration (1) fixent d’après certains barèmes le nombre maximum des immigrants de chaque nationalité étrangère qui seraient autorisés à entrer aux U. S. dans l’année. On avait pris tout d’abord pour limite le nombre des immigrants de chaque pays en 1913. Depuis on a substitué à l’année 1913 la moyenne des années 1890 à 1900; un tel critérium est très favorable à l’élément anglo-saxon, car les anglo-saxons formaient dans la période de 1890- 1900 le groupe le plus important, tandis que le groupe des immigrés des nations du Centre et du midi de l’'Europe a maintenant beaucoup progressé (Italiens, Espagnols, Etats Balkaniques, Pologne et Tchéco-Slovaquie).
Mais il ne suffit pas de connaître le ncmbre des immigrants pour évaluer les remises qu'ils effectuent : les sommes que chacun d’eux renvoie sont très variables suivant ses revenus et selon les exigences de ses parents restés en Europe. En 1910, C. Speare, dans la ANorth Americain Review estimait ces sommes à 150 millions
1. En effet le nombre des immigrants n’a été que de 522.919 en 1923.
de $ au total, d’après une étude des banques et d’après les émissions d’« international post orders ». Sans doute peut-on élever ce chiffre jusqu’à 200 millions en 194. Pendant la guerre, malgré la diminution de l’émigration européenne, les besoins des belligérants ont sans doute conduit de nombreux Américains à expédier des sommes importantes à leurs parents en Europe; aussi M. John Williams évalue-t-il ce chapitre à 600 millions de $ pour Ia période 1914-1918, soit 120 millions par an en moyenne. À partir de 4919, les évaluations varient dans la proportion de 1 à 3; la plus vraisemblable semble être celle du « Food Administration » qui estime que 1.000.000 d’Américains environ ont expédié à l’étranger de 800 à 1.000 millions de $ en 1919; de cette dette il faudrait déduire environ 300 millions de $ à raison des sommes apportées aux Etats-Unis par les nouveaux immigrants. Le résultat net de 700 millions de $ est assez voisin de celui de 600 millions de $ admis par M. Williams (1). En 1920, la situation très belle des ouvriers qui gagnent des salaires élevés et la hausse des prix ont fait estimer les remises des immigrants à 700 millions de #. Mais en 1921 et 1922,le marasme des affaires et le chômage des ouvriers réduisent les salaires, et par suite les remises n’ont sans doute guère dépassé 500 millions de & en 1921 et 400 millions de $ en 922. En 1923, les
4. M. John Williams a étudié les chèques tirés sur des banques dans les régions particulièrement peuplées d'étrangers (Detroit, Cleveland, Youngstown, Rochester), et de même les chèques tirés sur des Sociétés religieuse (Y. M. C. A. -K. O. C. Federal Committee of the Churches of the Christ in U. S. A. — Jewish joint distribution Committee).
mêmes causes font que les évaluations se réduisent à 244 millions de $. Au contraire en 1924, elles sont de nouveau évaluées à 355 millions de & (y compris les dons des institutions charitables).
D. — Mouvements des capitaux
Tandis que, dans les nations européennes belligérantes, le mouvement des capitaux a servi, pendant la guerre, à compenser le déficit de la balance commerciale, les mouvements de capitaux des Etats-Unis vers l’Europe ont compensé aux Etats-Unis l'excédent d’exportations de marchandises. Aussi les exportations de capitaux ont-elles largement dépassé les importations de capitaux.
Exportations de capitaux. — Les plus importantes ont pris la forme de crédits consentis par le Trésor américain aux Gouvernements alliés. Ces crédits se sont surtout développés à partir de 1917 et jusqu’en juin 1919; ils ont atteint un total de 7.685 millions de $ pour la période 1914-1918, et se répartissent ainsi : Angleterre 3.850, France 2.300, Italie 1.125, autres pays 410. Pour les six premiers mois de 1919, les crédits nouveaux accordés ont atteint un montant net de 2.039 millions de &$ (1).
L’excédent d’exportations de marchandises a permis aussi aux Américains d’acheter des valeurs mobilières étrangères et de rapatrier des valeurs mobilières amé-
1. Chiffres donnés par le Secrétaire du Trésor américain et reproduits dans le Federal Reserve Bulletin.
ricaines jusque-là entre les mains de porteurs étrangers. Le rapatriement de valeurs américaines est surtout important de 1914 à 1918; il atteint pour cette période plus de 2.000 millions de & (1). Mais ensuite il diminue rapidement de 150 millions de $ en 1919 et 200 millions en 1920 à 32 millions en 1921 et 54 millions en 1922. Ils sont à peine appréciables en 1923 et en 1924.
L'achat de valeurs étrangères conserve au contraire son importance. De 1914 à 1918 on constate l'entrée aux Etats-Unis de 1.520 millions de $ de valeurs étrangères (2); ce chiffre est en 1919 de 736 millions de $& (3), en 1920 de 706 millions (4), en 1921 de 765 millions, en 1922 de 637 millions, en 1923 de 377 millions et en 1924 de 828 millions. En 1925 les emprunts étrangers aux Etats-Unis sont encore bien plus élevés puisque l’Allemagne seule aura placé aux Etats-Unis plus d’un milliard de marks-or d'obligations.
Mais, en outre, les circonstances spéciales créées par la guerre ont entraîné des mouvements de monnaie si importants qu’on ne peut les négliger. En effet le Gouvernement américain a acheté de 1914 à 1918, 1.018 mil-
4, Voir Review of Economic Statistic 1.600 de chemins de fer, 400 d’autres Sociétés.
2. Dont : valeurs anglaises : 958.400.000 & (val.nominale) == françaises : 695.000 — russes : 460.000.000 — allemandes : 45.000.000 3. Chiffres donnés par la Banque « Morgan, Harjes and C0» le « Federal Reserve Board » et diverses autres banques américaines dont la « Guarantee Trust Company ».
. &, Dont 506 millions de valeurs étrangères émises aux Etats- : Unis en 1920, 665 en 1921, 637 en 1922.
lions de $ de monnaies étrangères pour subvenir aux frais des armées américaines en Europe et 71 millions de $ de roupies pour permettre aux importateurs des Etats-Unis de régler leurs dettes envers l'Inde. D’autre part la Croix-Rouge américaine a envoyé en Europe des secours pour lesquels elle a dû acheter des monnaies françaises et britanniques pour une somme de 111 millions de #. En 1919 l’achat de monnaies étrangères pour subvenir aux frais des troupes américaines porte encore sur 636 millions de $; à partir de 1920, ces achats diminuent rapidement, en raison de la diminution du nombre des troupes américaines en Europe; ils sont encore de 362 millions de $ en 1920, mais s’abaissent à 440 millions en 4921 et à 29 millions en 1922, pour disparaître en 1923. Mais pendant ces mêmes années, les particuliers américains ont acheté des monnaies étrangères dont ils espéraient la hausse et en particulier des francs, des marks, des roubles et des couronnes autrichiennes. D’après une évaluatiu américaine, dont il est délicat d'apprécier l’exactitude, ces achats auraient coûté aux Etats-Unis environ 100 millions de & en 1920, la même somme en 1921 et 326 millions de $ en 1922. Par contre, les mouvements de spéculation auraient eu pour effet de faire rentrer aux Etats-Unis des monnaies américaines pour une valeur de 100 millions de & en 1921. À partir de 1923, ces mouvements de monnaie sont peu importants car la chute définitive du rouble russe, celle du mark polonais et du mark allemand ont enlevé tout espoir de spéculation à la hausse. Puis l’introduction du rentenmark et enfin du reichsmark, la stabili-
sation de la couronne et la création du zloty, du tchervonetz et du shilling-or ont paralysé la spéculation. Restaient donc le franc français, le franc belge et la lire; mais les pertes des spéculateurs sur les autres monnaies dépréciées les ont incités à plus de prudence et d’ailleurs la hausse de ces monnaies apparaissait comme si problématique et passagère qu’elle ne tentait pas l'esprit américain.
Importation de capitaux. — En face de ces exportations de capitaux sous forme de monnaies étrangères, il faudrait placer les importations de capitaux qui résultent de l’achat de monnaies américaines par les étrangers : bien que de tels achats aient été assez rares, ils se sont pourtant élevés à 91 millions de $de 1914 à 1918 et 76 millions en 1919 à 103 millions de $ en 1921.
Mais l'importation de capitaux étrangers a surtout pris la forme de crédits accordés au Gouvernement américain, de remboursements effectués entre ses mains, enfin par la vente à l’étranger de titres étrangers ou de titres américains.
Les crédits ont été consentis au Gouvernement américain par les Gouvernements de la République Argentine et de l'Espagne : ils n’avaient pour but que de permettre le règlement de l’excédent des importations en provenance de ces deux pays et d'éviter que la monnaie
américaine ne soit dépréciée par rapport au peso argentin et, à la peseta espagnole. Nécessaires seulement pendant la période de guerre, ils ont atteint 127 millions de $ de 1914 à 1918, dont 30 millions de l’Espagne et 37 millions de la République Argentine.
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Au contraire, les remboursements de prêts antérieurement consentis par les Etats-Unis n’ont commencé qu’à partir de 4919 ; ils atteignent en 1919 un total de 515 millions de $ (1) (dont 30 mitlions venant de l’Angleterre et 112 de la France), Ils sont plus élevés en 1920, environ 700 millions de $ (dont 312 venant de la France et 350 de l'Angleterre) et diminuent ensuite jusqu'à 480 millions en 1921, 218 millions en 1922 et 169 en 1923 (2). Enfin en 1924 les remboursements n’atteignent plus que 165 millions de 4. Le rè-° glement des dettes de guerre de l'Angleterre, de la Belgique, de l'Italie, de la Tchéco-Slovaquie, celui très prochain des dettes françaises, romaines et autres, apporteront aux Etats-Unis des sommes importantes, qui varieront depuis environ 150 millions de & dans les premières années jusqu’à près de 500 millions de $ dans cinquante ans. .
En dehors de ces remboursements on constate, dès 1922,des ventes assez importantes de valeurs mobilières étrangères détenues anciennement par des Américains (189 millions de &) et de valeurs mobilières américaines (61 millions de $). Cette vente de titres se poursuit en 1923 et en 1924, et atteint les chiffres respectifs de 377 et 319 millions de $. Il est probable qu’elle est due principalement à l’exportation de capitaux qui s’est produite des pays à change instable vers les pays à