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IV.— LA BALANCE DES COMPTES DES ErarTs-UNIs DANS L'AVENIR

On ne peut s’empêcher de prévoir le jour où, dans un avenir assez proche, toutes les monnaies des grands

pays européens auront retrouvé, par l’application de méthodes diverses, leur stabilité d’avant-guerre. Mais, il est à penser que, pendant quelques année encore, ces mêmes pays bouleversés par l'inflation auront besoin de capitaux nombreux pour rétablir leur situation : après ces années de reconstruction européenne,les grands pays industriels reprendront vite leurs habitudes d’épargne et chercheront à placer leurs capitaux à l’étranget. Déjà l'Angleterre exporte chaque année plus de capitaux qu’elle n’en importe et la France n’est peut-être pas si loin qu’on ne le croit d’une semblable situation. Il n’est pas certain que les grandes républiques de l’Amérique du Sud continueront alors à éprouver, comme avant la guerre, de grands besoins de capitaux et il faudra par conséquent trouver de nouvelles régions encore peu civilisées pour donner aux capitaux nouveaux constitués chaque année un emploi rémunérateur. Quel sera alors l’équilibre de la balance des comptes des Etats-Unis ?

Les chapitres invisibles en dehors des mouvements de capitaux, présenteront sans doute dans l’avenir une situation plus favorable aux Américains. Si l’on ne peut dire quel sera le solde des paiements dus aux transports maritimes, solde qui sera toujours faible, les chapitres débiteurs que constituent les mouvements des personnes auront tendance à diminuer. D’une part l’immigration, déjà étroitement limitée par les dernières lois édictées en cette matière, diminuera sans doute à mesure que les Etats-Unis deviendront de plus en plus peuplés et par suite les sommes rapatriées par les immigrants seront

plus faibles; ells seront même d’autant plus faibles que la meilleure situation des pays européens restreindra les appels de leurs familles aux secours pécuniaires des immigrants. De même les dépenses des touristes qui ont atteint depuis 1922 des chiffres anormaux se trouveront certainement réduites lorsque la stabilité des monnaies européennes aura laissé aux prix le temps nécessaire pour rejoindre dans ces pays un niveau voisin de celui des Etats-Unis.

Au contraire, les paiements d'intérêts, déjà aujourd’hui favorables aux Etats-Unis, vont sans doute s’accroître rapidement dans les prochaines années. Déjà, en 1925, les intérêts de placements américains à l’étranger atteindront près de 380 millions de $ contre environ 130 millions d'intérêts dus. Les capitaux nouveaux très nombreux qui seront sans doute investis en Europe par les Américains d'ici peu d'années renforceront encore cette position créditrice. Ainsi dans une dizaine d’années les chapitres invisibles, mouvement des capitaux mis à part, pourraient ttre une source de crédit pour les Etats Unis.

L’excédent des exportations de marchandises et de métaux précieux ne pourra alors se maintenir qu’en contrepartie des capitaux nouveaux exportés. Nous avons vu que le placement de ces capitaux à l’étranger présenterait sans doute quelques difficultés; d’ailleurs en admettant même que des conditions nouvelles, encore insoupçonnées, facilitent ces opérations, il n’en reste pas moins que ces placements nouveaux accroitront sans cesse le chiffre des intérêts et que ces intérêts se trouve-

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