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CHAPITRE IV

L'Allemagne était devenue, au cours des cinquante années qui ont RrÉCÉTÉ la guerre, un des plus puissants pays du monde, tant par l'étendue de son territoire et le Ramon de ses habitants que par la prospérité de son in-

D dou one “ Fr ans, le bouleversement du courant de ses échanges avec l'étranger et les dépenses d’une guerre dont elle a supporté presque tout le poids à la place de ses alliés défaillants, ont diminué ses richesses, Depuis 1919 en outre, les paiements en exécution du traité de paix, quelque faibles qu'ils aient pu paraître aux nations victorieuses, ont troublé la situation financière de l’Allemagne, mais surtout la politique d'inflation, pratiquée jusqu’à son extrême limite par le Gouvernement allemand, a fini de modifier en même temps que la répartition des fortunes à l’intérieur, l’etat des dettes et des créances de l’Allemagne envers l’étranger.

Néanmoins la crise monétaire a permis à l’industrie allemande de bénéficier d’une activité plus grande qu’en aucun autre pays, grâce à la baisse du change et à la diminution du poids des impôts. Enfin, si la liquidation

de cette crise et la disparition à peu près complète de l’ancien mark remplacé par le reichsmark ont rétabli des conditions moins favorables d'échange avec l’étranger, l’industrie se trouve actuellement libérée des dettes qui grevaient les entreprises, dettes que les charges établies par le plan Dawes sont loin d’égaler.

Ce bref résumé, indispensable à qui veut suivre avec intérêt l’évolution de la balance des comptes del’Allemagne, permet de comprendre pourquoi l’étude de cette balance a été si fréquemment entreprise. Jamais l’économiste n’a pu porter son attention sur une expérience aussi complète, aussi étendue, ni aussi variée; l’objet en est un pays de soixante-dix-millions d'habitants, au cœur même de l’Europe et l’évolution est si vaste qu’elle atteint à la fois tous les domaines de la vie économique: commerce, industrie, finances.

Mais la balance des comptes de l’Allemagne n’a pas seulement un intérêt théorique, documentaire. Comme elle définit les créances de l’Allemagne envers l'étranger, créances anciennes que constituent les valeurs mobilières étrangères de son portefeuille, créances nouvelles qui résultent chaque année des transactions qu’elle effectue avec l’étranger, la balance des comptes donne une idée de la capacité de paiement de l’Allemagne et intéresse à cet égard tous sés créanciers, mais surtout ses créanciers politiques.

Aussi, à côté des travaux de M. Von Glasenapp, de de MM. Moulton et Mac Guire, rencontre-t-on le rapport du second Comité des Experts, rapport qui détermine les avoirs de l'Allemagne à l’étranger. Ce dernier

travail doit être examiné avec le plus grand intérêt : il constitue la première étude complète et officielle de la balance des comptes d’un grand pays, établie grâce à des moyens d'investigation exceptionnels, par un comité interallié, qui présente toutes les garanties d’impartialité que l’on peut espérer. En outre, grâce à l'exactitude de ses résultats, il permet de mesurer l’importance des erreurs commises par des économistes dans une telle évaluation, surtout lorsque des convictions ou seulement des tendances politiques influencent l’atmosphère de leurs recherches, Il faut reconnaître d’ailleurs que les difficultés de l’évaluation excusent leur: erreurs.

En effet, l'instabilité des sapports commerciaux, ies alternatives rapides de prospérité et de dépression: enlevaient à toute évaluation les chances d’exactitude qu’apporte l’étude renouvelée d'éléments semblables. L'incertitude des statistiques officielles faussées par la chute du mark, la modification des frontières de l’Allemagne et l'impossibilité de connaître avêéc précision les échanges effectués à travers les régions occupées, enfin le mouvement exceptionnel des’ capitaux, lors de la dépréciation de la monnaie et de sa stabilisation, sont autant de causes qui expliquent l'incertitude des évaluations individuelles et les travaux nécessairement très minutieux du IIe Comité des Experts.

En présence des nombreuses études de la balance des comptes de l'Allemagne qui ont été publiées, nous nous attacherons surtout à montrer l’évolution des différents chapitres et plus particulièrement l'influence de la chute du mark sur leur importance respective. De même que

nous avons fait pour les autres payÿs étudiés, nour présenterons d’abord la balance telle qu’elle pouvait être établie avant la guerte, puis les différents chapitres pendant la période 1914-1924. L'étude d’ensemblé de la balance des comptes, en distinguant fa période de guerte des années qui l'ont suivie, nous occupera ensuite. Enfin, nou: essaie rons de présenter la situation financière extérieure de l’Allemagne à la fin de l’année 1924 et les conclusions qu’on peüt en titer pour Pavenir du pays.

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