‹ La Balance des Comptes de Quelques Grands Pays IndustrielsChapitre 7 sur 91 · III. — MouvEMENTS DES PERSONNES · texte numérisé non relu

III. — MouvEMENTS DES PERSONNES

Ils sont devenus, depuis le début du siècle, et plus encore depuis ia dernière guerre, occasion de paiements très importants. Mais ces paiements sont particulièrement difficiles à évaluer, à cause des formes très variées qu’ils empruntent et de la difficulté qu'il y aura tou jours à connaître les dépenses personnelles des individus, Tantôt le désir de vivre plus agréablement, de voir des pays nouveaux, conduira d’un pays dans un autre des touristes qui y séjourneront plus ou moins longtemps ;

Meynial 2

tantôt le besoin de gagner des salaires plus élevés déterminera des mouvements d’émigration et d'immigration : les économies réalisées par les travailleurs étrangers dans le pays d'immigration et renvoyées dans leur propre pays constituent des paiements internationaux dont limportance est d’ailleurs très variable suivant la nationalité des ouvriers.

À. Dépenses des touristes. — Quelques pays vivent presque exclusivement du commerce hôtelier : ainsi la Suisse. Mais beaucoup d’autres trouvent dans le séjour des visiteurs étrangers des ressources très abondantes : ainsi la France, ltalie, la Belgique, la Hollande, l’Autriche que viennent habiter, durant quelques semaines, de nombreux Américains du Nord et du Sud, des Anglais, des Espagnols, des Allemands ou des Scandinaves. L’évaluation de leurs dépenses ne peut être faite qu’en distinguant les frais de transport, de logement et de nourriture des achats d’objets divers, surtout d’objets d'art et d'objets de luxe.

Malgré leur importance très différente selon les individus, les dépenses de transport et de subsistance sont les plus faciles à connaître. En effet le nombre des touristes est donné, approximativement tout au moins, par les compagnies de navigation maritime et les compagnies de chemins de fer ; les syndicats d’hôteliers permettent d'autre part de fixer un chiffre moyen de dépenses journalières à l’hôtel, ou au moins les limites entre lesquelles peut varier ce chiffre. La seule difficulté, et elle n’est pas négligeable, réside dans Pappréciation de la durée moyenne du séjour des touristes dans un

pays, durée sur laquelle les offices de tourisme ont néanmoins quelques indications.

Au contraire les achats d'objets de toute espèce, très importants dans les pays à monnaie dépréciée où les prix sont encore au-dessous du niveau normal dans le monde entier, ne peuvent être connus qu'avec des risques graves d'erreur : on ne dispose, dans cette appréciation, que des indications très vagues fournies par les syndicats de commerçants et des opinions souvent discutables des syndicats hôteliers.

Heureusement il est quelquefois possible de contrôler, par le relevé des chèques tirés sur les succursales des banques étrangères, les résultats d'ensemble de l’évaluation des dépenses des touristes. Seules néanmoins les lettres de crédit circulaire peuvent donner des indications à peu près certaines, car les chèques sont loin d’être tirés uniquement par les touristes pour le paiement de leurs dépenses personnelles. D'ailleurs la discrétion des banques, particulièrement des banques anglaises et américaines, ne permet pas d'obtenir un chiffre précis, si bien qu’on ne peut recueillir à ce sujet que des | opinions autorisées.

Est-il besoin d’ajouter qu’il est à peu près impossible d'évaluer les dépenses des étrangers définitivement fixés dans un pays étranger et qui tirent leurs revenus de leur pays d’origine ?

B. Sommes rapatriées par les immigrants ou rame: nées par eux de l'étranger. — A cause de l’importance primordiale, pour une nation, des mouvements de population qui affectent son territoire on peut connaître

avec assez d’exactitude, surtout dans les pays industriels, le nombre des immigrants et celui des émigrants.

Or, l’émigrant emporte avec lui assez d’argent pour pouvoir payer le prix de son transport et assurer sa subsistance pendant un certain temps là où il compte s’établir; ces réserves peuvent être assez importantes dans le cas des émigrants définitifs, parts avec une intention de retour assez affaiblie, tandis qu’elles sont très faibles chez l’ouvrier qui vient travailler pendant une saison, dans un pays voisin. Les offices d’émigration ont d’ailleurs fréquemment des données précises sur les sommes emportées par chaque émigrant, et dans certains pays où l’immigration est très nombreuse, on exige, à l’entrée des immigrants qu'ils possèdent au moins une somme déterminée d’argent liquide ou de titres négociables, pour éviter de surcharger les services nationaux d’assistance publique. :

Mais les paiements, de beaucoup les plus importants, sont ceux qui résultent des sommes rapatriées dans leur pays par les immigrants. Il est relativement facile de connaître avec exactitude les économies réalisées et

| rapatriées par les immigrants provisoires. Leur nombre et la durée de leur séjour sont bien connus : leurs salaires et leurs habitudes d’épargne peuvent de même être appréciées sans qu’on ait à craindre de gros risques d’erreur; 1l suffit pour cela de tenir compte des nationalités auxquelles 1ls appartiennent. Les difficultés sont beaucoup plus grandes dans le cas des immigrants définitifs. Ce n’est pas que leur nombre ne soit, lui aussi, connu avec précision, mais que les sommes dont dispose chaque

immigrant sont très différentes suivant les années, non moins que les appels que leurs familles restées au pays d’origine font à leurs secours. Les variations des salaires et des prix sont un indice des variations de leurs ressources, mais seules des constatations imprécises d’ordre général permettent de mesurer l'appel qui est fait à leurs deniers.

Le moyen de contrôle le plus sûr de ces appréciations réside dans l’étude du mouvement des mandats internationaux émis et des mouvements des comptes courants des banques. Les banques peuvent en effet souvent déterminer la part qui revient aux immigrants dans leurs opérations de rapatriements ou d’envois de fonds, soit que dans leur pays,les immigrants se trouvent, localisés dans certaines régions, c’est le cas généralement aux Etats-Unis, soit que des formes spéciales de comptes courants soient réservées aux opérations simples des immigrants, ainsi que l’habitude s’en est répandue dans de nombreuses banques italiennes, polonaises ou tchécoslovaques établies en France.

Il faudra encore tenir compte, dans ce chapitre qui a trait aux mouvements des personnes, des dépenses de représentation que constitue l'entretien de fonctionnaires diplomatiques ou consulaires à l’étranger; mais on peut admettre qu’elles sont en général compensées par les dépenses des représentants étrangers à l’intérieur du pays, et il ne reste donc à la charge de la balance des comptes que la part du Gouvernement dans les frais d'entretien des organismes internationaux, part qui est déterminée très exactement chaque année.

Page 1