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D’après l’auteur même des évaluations, l’exeédent de

Tels sont les différents types de balances des comptes. Ainsi qu’on l’a pu voir, ils se distinguent moins par le solde créditeur ou débiteur de tel ou tel chapitre (importation ou exportation de marchandises, de capitaux) que par le mode de réalisation de l’équilibre de la balance. Avant d’examiner, avec l’appui de notre étude sur l’évolution des types de la balance des comptes, quelles conséquences pourra entraîner dans l'avenir l’évolution de tous les pays vers un idéal économique semblable, il nous reste à montrer par quel mécanisme la balance des comptes d’un pays est maintenue en équilibre et comment l’équilibre est rétabli, lorsqu'un événement nouveau tend à le détruire.

Comment est réalisé l'équilibre de la balance. — L’équilibre de la balance est d’abord réalisé chaque jour, puisque le total des ventes libellées en une certaine monnaie doit nécessairement égaler le total des achats en cette même monnaie. Mais cette égalité n’a qu’une valeur comptable : elle n’est que le reflet d’un équilibre dû à des causes plus profondes.

L'équilibre réalisé durant une période est en effet constamment modifié par l’évolution de chacun des chapitres de la balance : c’est une balance commerciale déficitaire, alors qu’elle était créditrice, c’est la baisse du prix des transports maritimes, c’est l’évolution vers une plus grande prospérité qui accroît les revenus des

la balance en 1921 et le déficit en 1922 ne proviendratent que des erreurs probables des estimations des dépenses des touristes et des remises des émigrants.

valeurs mobilières. Bref, ce sont les variations de l’activité économique tout entière qui tendent à détruire l'équilibre. Comment est-il rétabli? Le mécanisme est totalement différent, selon qu’il s’agit d’une période normale caractérisée par la stabilité de la monnaie, ou d’une période de crise que symbolise le mouvement désordonné du cours des changes.

En temps normal. — En période normale, le désiquilibre momentané de la balance aura pour effet immédiat d’influer sur le cours du change : nous supposerons que la balance tend à être débitrice, ce qui ferait baisser le cours de la monnaie nationale. Tant que le déséquilibre des achats et des ventes en présence sera faible, il suffira des mouvements de la spéculation pour que soit rétabli, presque automatiquement, l'équilibre, en attendant que des éléments créditeurs plus stables viennent fournir une contre-partie plus durable; Le spéculateur abandonnera sa position à la hausse de la monnaie, lorsque le cours du change aura suffisamment monté. Aussi, avant la guerre, les variations des principales monnaies européenne, (livre, france, mark... étaient-elles très faibles et n’atteignaient-elles que rarement la limite des gold-points.

Mais, lorsque cette limite était dépassée, les exportations d’or contribuaient à rétablir l'équilibre. Et, si les exportations d’or devenaient trop importantes, les Banques d’émission, qui en étaient prévenues par la diminution de leur encaisse métallique, relevaient le taux de leur escompte; aïnsi les capitaux à court

terme étaient attirés dans le pays par l'espoir d’une rémunération plus élevée et rétablissaient l'équilibre de la balance. Ces mouvements de capitaux à court terme étaient toujours suffisants pour rétablir l’équilibre, mais on peut parfaitement imaginer qu'à la longue l'influence du taux de l’escompte sur le taux de l'intérêt lui-même avait pour effet de provoquer des mouvements de capitaux à plus long terme.

Ce mécanisme, bien connu, reposait sur la confiance de tous, spéculateurs et capitalistes dans la stabilité de la monnaie, et cette confiance incitait les capitalistes, certains de retrouver plus tard la même valeur qu’au moment de leur prêt, à transférer leurs capitaux dans le pays qui leur offrait le revenu le plus élevé. D'ailleurs, les monnaies étaient si stables dans les grands pays européens que les banques d'émission étaient rarement contraintes de modifier le taux de leur escompte et qu'il y avait vraiment, dans tous ces pays, un taux moyen de l’intérêt des capitaux à court terme.

En temps de crise. — Le mécanisme est au contraire très compliqué et son efficacité beaucoup plus incertaine lorsqu’à une période de stabilité de la monnaie succède une époque de troubles monétaires et de variations du cours des changes. La baïsse du change qui est due alors à un déséquilibre beaucoup plus profond, résultant de causes durables, est trop forte pour que des envois d’or suffisent à entraver la dépréciation de la monnaie; d'ailleurs, des exportations d'or trop considérables

risqueraient d'aggraver encore la baisse du pouvoir

d’achat de la monnaie, en diminuant l’encaisse métallique qui la garantit. |

Sans doute, l’élévation du taux de l’escompte apparaît-elle plus efficace, mais son action dure seulément tant que la baïsse est éncore récente et faible. Lorsque la dépréciation est ancienne et l'instabilité coutumière, la crainte d’une diminution de leur capital retient les capitalistes étrangers que devrait attirer l'espoir d’une rémunération plus elévée. :

La baisse du change est heureusement par elle-même un facteur de redressement de la balance. Comme les variations des prix ne suivent qu'avec un certain retard, au début de la crise monétaire tout au moins, les variations des changes, les exportateurs bénéficient d’une situation privilégiée, grâce à l’infériorité des prix dans le pays à change déprécié, tandis que les importateurs sont gênés par les plus hauts prix pratiqués à l'étranger. La balance du commerce tend ainsi à devenir plus favorable, d'autant plus que les prix moins élevés favorisent aussi le séjour dans lé pays de touristes étrangers et l’achat par eux d'objets d'art ou de luxe. Il y a alors une certaine tendance vers un meilleur équilibre de la balance à condition qu’à l’intérieur du pays, des causes budgétaires où économiques ne viennent pas provoquer à nouveau la baisse de valeur de la monnaie. \

Mais le change ne semble plus avoir des effets aussi heureux, lorsque les capitalistes ont perdu confiance ‘dans le rétablissement de la stabilité monétaire, C’est qu'alors l'influence de la baisse du change sur le mouve-

ment des marchandises est gravement contrarié par le mouvement des capitaux. En effet, les capitalistes étrangers retirent alors du pays les capitaux qu'ils y avaient momentanément placés et les capitalistes nationaux redoutant de voir leurs richesses volatilisées par la chute de la monnaie, transforment en valeurs étrangères

tout ce qui ne représente pas pour eux une valeur réelle,

immobilière. L'influence que le change exerce sur le mouvement des marchandises est alors tout à fait insuffisante pour compenser l’exportation des capitaux qui précipite la baisse du change. La situation est d'autant plus difficile que la pénurie de capitaux ralentit la marche des industries au moment même où l'inflation contraint les industriels à disposer de fonds de roulement plus importants. Ainsi, alors qu’en période normale, c’est le mouvement des capitaux à court terme qui rétablit l’équilibre de la balance, c’est lui qui détruit cet équilibre en période de crise.

Nous avons constaté, au courant de cette étude, que

la plupart des grands pays belligérants avaient été victimes de cette exportation de capitaux et notamment l'Allemagne, l’Autriche et la France. Ce phénomène a été plus violent même qu’il ne l’avait été avant la guerre dans les pays neufs atteints de crise monétaire : c’est qu’en effet l'Argentine, le Brésil. ne possédaient pas des capitaux, et surtout des capitaux mobiliers, aussi considérables que les grands pays industriels de l’Europe. Mais cette exportation des capitaux et cette baisse profonde du change, qui en est à la fois la cause et le résultat, sont-elles réellement si nuisibles? Il semble

bien que non. Sans doute l’équilibre immédiat de la balance en est-il détruit; mais ce n’est là qu’une situation transitoire et si l’on examine les résultats définitifs de ces deux phénomènes, on se persuade qu’ils sont-au contraire de nature à favoriser le rétablissement d’un équilibre plus stable de la balance. En effet, malgré l'exportation des capitaux, les industries continuent à bénéficier, comme nous l’avons vu, d’une prime à l’exportation. Sans doute le bénéfice de la vente est-il partagé entre l’exportateur national et l’importateur étranger; sans doute aussi l’avantage du pays est-il plus apparent que réel, puisque la vente à des prix plus réduits ne s'effectue en général qu’au détriment des capitaux circulants que détruit l'inflation. Il n’en est pas moins vrai que cette exportation donne aux industries nationales une activité inespérée ; et,quelque factice que puisse en être la cause, cette activité a pour effet de permettre la constitution d'industries qui tendront à se maintenir malgré les difficultés que provoquera pour elles le retour d’une monnaie stable. Les industries résisteront d’autant plus aisément que la baisse de la monnaie les aura libérées des charges d'emprunts qui pesaient sur elles et les prix de revient pourront être abaissés d'autant mieux que le poids de la dette publique se trouvera diminué et que les impôts pourront être moins lourds : le budget sera plus facile à équilibrer et la monnaie ainsi mieux à l’abri des atteintes de l'Etat.

D'ailleurs l’exportation des capitaux, si nuisible qu’elle puisse paraître sur le moment, aura eu pour effet de mettre les capitaux nationaux à l’abri de la

baisse de la monnaie et de constituer ainsiun portefeuille de devises étrangères dont l'utilité apparaîtra au moment du retour à la stabilité monétaire; au contraire les capitaux étrangers que le désir de spéculation aura attirés dans le pays supporteront la perte résultant de la dépréciation, ainsi que nous avons pu le constater très nettement d’après la balance des comptes de l’Allemagne.

En résumé, la balance des comptes serait fortement créditrice si l'exportation des capitaux ne tendait au contraire à la rendre débitrice. Aussi la stabilisation de la monnaie à un cours très bas, ou la création d’une autre monnaie ont-elles de grandes chances de rétablir un équilibre normal de là balance, si des crédits extérieurs permettent de résoudre les difficultés de la période de transition. Le budget sera plus facile à équilibrer grâce à la diminution de la dette ou à sa disparition et la monnaie sera donc à l’abri de causes intérieures de variation. La situation des industries sera redévenue prospère, grâce à la diminution ou à la suppression des charges dont elles étaient grevées, et le retour des capitaux exportés fournira des réserves de devises étrangères susceptibles de favoriser le maintien de l’équilibre de la balance.

Ainsi la baisse des changes aura permis d'adapter la balance des comptes à la nouvelle situation d’un pays et de rétablir un équilibre stablé, Où ne peut se dissimuler qu’une pareille évolution ne se produit pas sans être l’origine de troubles que nous avons négligés, uniquement parce qu’ils n’ont pas de répéreussion ap-

CONCLUSION 255 préciable sur la balance des paiements. Nous n’insisterons pas sur les conséquences économiques et financières, sociales et politiqués que la baisse des changes et la baissé du pouvoir d'achat de la monnaie à l’intérieur peuvent entrainer : elles sont bien connues de tout le monde et puis c’est l’œuvre d’un Gouvernement que dé déterminer, dans un pays donné, quelle politique est préférable : celle d’un redressement financier immédiat, même au détriment de l’activité industrielle et commerciale, ou bien celle d’une évelution lente vers un équilibre plus exact, évolution qui peut laisser place à une période de troubles monétaires. Les événements se chargent souvent aussi eux-mêmes de dicter une politique que nul n’avait prévue, et dont les Gouvernants essaient seulement de développer les avantages.

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