‹ La balle de plombChapitre 6 sur 12 · G2 L.\ BALLE · texte numérisé non relu

G2 L.\ BALLE

Ici la duchesse exhala un quart de soupir et fit le moulinet avec son éventail.

— Un ami d'enfance... répéta mademoiselle de Pareay en lançant sur Montigny un coup, d'œil timide qui la fit rougir.

— Ah! s'écria Raoul, ayez une gaieté un peu amère, les affections de l'enfance se dissipent comme la fumée, les séductions du monde les font pâlir hien vite.

— J'avois toujours ouï dire, interrompit la comtesse dcWilmoore avec une feinte naïveté, que ces sortes d'inclinations ne peuvent être durables, que l'habitude les émousse, leur ôte le piquant de l'inconnu et les réduit à des amitiés fraternelles.

— Ceci, madame, ne doit être vrai que pour des esprits futiles, pour des imaginations follement curieuses et pour des cœurs incapables d'un sentiment sérieux.

— Malgré ces théories sévères, ajouta JJer-

mance craignant peut-être d'en avoir déjà trop dit, je partage L'opinion de madame de Wilmoore, me sentant indigne de m élever aux pastorales de Virginie, ce qui seroit dangereux, vu la rareté des Paul.

Prolitant d'un instant de répit, la comtesse de Wilmoore pria Raoul, d'un ton sec, d'appeler son mari, et ce dernier s'étant présente, elle prit son bras et se fit conduire sur un balcou pour y respirer plus à l'aise, étant, disoitelle, suffoquée par le défaut d'air. Elle étouffoit en réalité, mais de dépit, ce qui n'est pas toujours une preuve d'amour ; Hermance lui sembloit une coquette et Raoul un impertinent. Cette circonstance causa dans son cœur des révolutions étranges ; à dater de cette minute, elle fut occupée de ce jeune bomme, et le sentiment qu'il lui inspiroit entra dans son à me sous le déguisement de la haine.

Edouard de Servan venoit de faire son entrée, et du fond d'une salle de jeu il avoit découvert Raoul , assis près de Caroline. Cet aspect l'avoit mis en alarme. Ses bons amis

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