‹ La bande du cheval noir [microforme]Chapitre 26 sur 55 · SCÊNE V · texte numérisé non relu

SCÊNE V

MoNTREUIL, PAUL, DIGONARD.

MoONTREUIL.—Eh bien ! tout marche à merveille,

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DiconarD.— Vous voyez que ce mariage est positif.

PAUL.—Je vois que ce mariage est réel... oui c’est mon père lui-même qui l'avait projeté, mais pour un autre.

MonNTREUIL.— Eh bien ! qu'importe. qu'il s’agisse de ton frère ou de toi, de Charles ou de Paul ? ce qu’il demande, c’est un Didier.

DiconaRD.—Et nous lui fournissons un Didier au grand complet.

PAUL.—Oui ; mais le laisser dans cette erreur, c’est m'associer à une supercherie coupable, c’est enfin dépouiller mon frère.

MOoNTREUIL.—Grands mots que tout cela ! ton frère est en Australie... Riche comme il l'est de: venu, qui sait s’il pense à ce mariage? qui sait même s’il reviendra jamais? D'ailleurs il est trop tard pour regarder en arrière, il ne s’agit plus maintenant que de prendre nos arrangements ?

PauL.—Nos arrangements ?

DiconaArp.—Oui, de fixer l'intérêt de mes avances.

PAUL (avec dédain).—C'est juste !... Eh bien, quelles sont vos conditions P

MonTREUIL,— Les voilà... A toi la dot et la fortune à venir... mais à nous cette reconnaissance que tu vas signer, (77 lui donne un papier.)

PAUL (après avoir lu).—Une obligation de $200.000.

DiconarD.—Que vous payerez quand vous aurez touché la dot.

PAUL.—-Y songez-vous P

MoxTREUIL.—Bah | c’est à peine le quart de ce que tu dois posséder un jour... et tu hésites !.., Ah ça oubliestu donc que cette fortune, tu ne l’auras que par nous?... Penses-tu que ce projet

que nous avons conçu l'ait été à ton profit seulement. Nous te rendons un service d'ami, il est bien juste que tu le payes.

DiconarD.—Tous les services ne se rendent que comme ça...

PauL.-— Mais cependant, si ce mariage ne se coucluait pas.

MoNTREUIL.—Le beau malheur, quand nous aurions ta signature! Hier, sur le quai Molson, tu l'aurais donnée pour deux piastres |... demain, si tu reiuses, tu la donnerais encore pour ce prix-là. Allons, décide toi ; veux tu tout rompre et reprendre ta vie de misère P..

Pauz —Jamais !.. oh! jamais !

MonTREUIL, — Alors, signe |

Diconarp. Signez!

PauL.— Donnez donc, donnez, puisqu'il le faut.

(Z/ va à une table et signe.)

MONTREUIL. Il est à nous.

DiconarpD. — Nous le tenons !.…

MonTREUIL. Eh bien!

PAUL (/eur tendant le papier).—Prenez! (Montreuil va pour prendre le papier, lorsque Didier qui est entré sur les derniers mots, se place entre eux et s'empare de l'écrit.)

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