‹ La bande du cheval noir [microforme]Chapitre 53 sur 55 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

LEs MÊêmes, CRÈVECŒUR, Duis DESRosIERs,

CrêvecœuR.—Le contrat est prêt, et vous ne le signerez pas.

MoNTREUIL.—Qu'ai-je vu ?

PAUL.—Lui |

CRÈVECŒUR.— Nous avons plus d’un compte à régler ensemble, mais à plus tard le reste. Ce mariage d’abord... ce mariage qui ne se fera pas.

MoNTREUIL.—Et qui l'empêchera ?

CRÈVECŒUR.— Moi, et cela ne sera pas long !.… (4l/ant à la porte) Venez, M. Desrosiers.

DESROSIERS (exfrant).— Montreuil et Didier |

CRÈVECŒUR.— Oui, ce sont eux... votre futur gendre et son digne ami qui a tenté de me tuer, moi que vous avez recueilli.

DESROSIERS.-— Vous tuer ?.… Parlez, parlez, messieurs, je l'exige.

MoNTREUIL.— Si cet homme est le même qui S'abrutissait naguère à force d'eau-de-v'°.… s’il s'appelle Crèvecœur enfin ; oui, c’est vrai, c’est moi qui l'ai blessé, car il s’est jeté sur moi comme un furieux, le couteau à la main, sans même me donner le choix, comme font ses semblables, sans me crier : La bourse ou la vie |

CRÈVECŒUR.— Misérable |. mais ne craignez rien. je saurai me calmer. Oui, j'ai voulu sa mort parce que, profitant de mon abrutissement,

nn —

il a voulu se servir de mon bras Pour assassiner un jeune homme... mon Louis... mon fils, enfin !

PauL.—-Son fils [.…

CRÈVEOŒUR.— Oui, le fils de Jérôme Hubert !

PAUL.—Jérôme Hubert !

DESROSIERS. — Eh bien f que répondez-vous, monsieur? un pareil crime, une semblable accusation. encore une fois, que répondez-vous ?.….

MONTREUIL.—A lui, rien. mais à vous, monsieur, je dirai que vous êtes prompt à vous laisser convaincre par le premier mendiant ou le premier voleur ; que vous êtes prompt à condamner vos amis |... Savez-vous bien ce que c’est que cet homme qui m’accuse... cet homme a fait vingt ans de bagne !

CRÈVECŒUR.—Oui ; mais il sait bien, l’infâme, que ce crime pour lequel j'ai été condamné, n’était pas le mien. et maintenant j'ai les preuves de mon innocence. les preuves qui accusent et condamnent le vrai coupable, François Renaud

MonrReuiL (bas). — François Renaud !...( ÆAaut.) Vous avez vos preuves, n’est.ce pas? Eh bien! faites arrêter, juger et condamner ce François Renaud, libre à vous ; mais c’est au procureur du roi, seul, qu’il faut vous adresser,

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