‹ La banque d'Angleterre et les banques d'ÉcosseChapitre 19 sur 31 · OBSERVATIONS DE M. WOLOWSKI · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS DE M. WOLOWSKI

pos d'v joindre, seraient propres à édifier le public, en supposant qu'il nous fasse l'honneur de s'occuper de nous et de nos différends, sur la question de savoir nonseulement qui de nous deux se trompe sur le fond du débat, mais encore si, en critiquant vos idées sur ce grave sujet, je les ai ou non fidèlement reproduites ou si, au contraire, je les ai faussées ou mutilées.

Agréez, mon cher et honoré confrère, l'assurance de mes sentiments dévoués. Michel Chevalier.

OBSERVATIONS DE M. WOLOAVSRI.

Paris, S avril IS07.

Mon cher Garnier,

Yous avez bien voulu, pour abréger, me communiquer la nouvelle épître de M. Michel Chevalier. Je n'entends point y faire de réponse. Les lecteurs du Journal des Economistes doivent être saturés de ce débat, et je m'empresse d'y mettre un terme. Mon cher et honoré confrère M. Michel Chevahcr a dit que j"avais l'esprit accommodant ; je vais lui en donner une nouvelle preuve en regardant sa dernière lettre comme parfaitement satisfaisante à mon point de vue.

J'ai démontré par des citations textuelles qu'il avait dénaturé mes opinions, ainsi que les textes cités : sur ce point il passe condamnation, puisqu'il ne répond rien.

J'ai dit qu'il avait eu tort d'assimiler purement et simplement le billet de banque à la lettre de change. C'est un tort qu'il reconnaît, du moment oii il réclame des règlements et des restrictions pour l'émission des billets, rè-

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glements et restrictions inapplicables à la lettre de chaui^e : habemus confitentem reum,

11 continue à faire miroiter l'équivoque de la liberté des banques^ confondue avec Vémission libre de billets remplissant l'office de monnaie : je n'ai rien à dire de ce jeu innocent.

Je me bornerai à rappeler qu'il ne suffit pas de parler des banques d'Ecosse sans en approfondir la véritable organisation, et sans restituer aux dépôts énormes que ces banques concentrent l'influence attribuée à tort à des émissions restreintes.

Il ne suffit pas non plus d'énumérer les succursales des douze banques d'Ecosse, et de passer sous silence plus de mille banques populaires de l'Allemagne, dont l'action féconde s'exerce ^i\n?,Y émission cV un seid billet payable au porteur et à vue. — Comme M. Chevalier, je veux et j'espère l'extension du crédit ; comme lui, je veux la liberté des banques; mais celle-ci consiste, à mes yeux, dans la réunion et dans la distribution du capital, et non dans la faculté de battre uu simulacre de monnaie ; le crédit ne peut se développer largement que si on écarte la fiction pour s'appuyer sur la réalité.

Mon cher et honoré confrère aurait dû, après les singulières mésaventures qu'il a subies, renoncer à parler de citations inexactes. — Je n'ai nullement abusé des paroles de Tooke ; il suffit de les relire pour s'en convaincre. Quant à Y école imaginaire qui traite X émission comme toute autre industrie, et dont les adeptes sont seuls conséquents dans l'expression de leurs idées, en réclaraaut une liberté pleine et entière, je prie M. Michel Chevalier de vider cette querelle avec MM. Courcelle- Seneuil , Du Puynode , Carey, Mannequin, etc., c'est leur affaire et non hi mienne. Ils sont assez forts pour

.\{)') OlîSKHVATlONS I)K M. WOLOWSKI.

répondre à ceux qui essayent de produire des arguments de restriction et de privilège, pour défendre ce qu'ils prétendent présenter comme la liberté :

Je suis oiseau, voyez mes ailes.

Je suis souris, vivent les rats !

En llattant les uns et les autres, ou essaye de faire illusion au public sur la force de l'armée qu'on a la prétention de commander.

Je crois avoir répondu à tout ce qui m'avait été dit ; les plus babiles évolutions ne réussiront point à égarer le lecteur impartial. Lo désir qu'exprime jM. Cbevalier, et il aurait dû mentionner ce fait, n'est que l'application de la pensée que je lui ai moi-même communiquée à la réunion de la Société d'économie politique du 6 mars dernier, et à laquelle je m'occupe de donner suite *. Les retards inévitables de l'exécution matérielle reculent jusqu'à la lin du mois la publication d'un volume de plus de trente feuilles d'impression, qui, sous le titre : La Banque d'Angleterre, contiendra mes travaux au sujet de la suspension des payements de 1797, du Bullion-Report et de la crise financière de 1800, avec les critiques de M. Chevalier. Ceux qui peuvent prendre intérêt à la question pourront juger non-seulement qui de nous deux se trompe sur le fond du débat, mais encore si mon savant contradicteur, en critiquant mes idées, les a c fidèlement reproduites, ou s'il les a faussées ou mutilées. » Je reproduis les expressions dont s'est servi M. Michel Chevalier ^

' J'avais déjà aunoncé ma puJjlication actuelle dans ma réponse du 15 mars 1867. M. Chevalier se donne donc fort gratuitement Tair d'avoir provoqué la reproduction de mes écrits : il la subit, voilà tout.

- Voir plus haut la l'éponse de M. Michel Chevalier.

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