OBSERVATIONS DE M. WOLOWSKI
Il ne me reste plus qu'un mot à dire au sujet d'un certain artifice de discussioji dont mon cher et honoré confrère semble enseigner le procédé ex cathedra. Je ne sais point ce que c'est que solliciter des lettres de complaisance pour les produire en guise d'argument ; j'aime peu les allusions, même transparentes, et préfère de beaucoup nommer ceux qu'on prétend mettre en scène. Si M. Michel Chevalier avait meilleure mémoire, il n'aurait pas manqué de reconnaître que mon illustre ami , M. Gladstone, n'avait point réservé pour un compliment vulgaire l'adhésion formelle à mes doctrines en matière de banque et d'émission de billets ; il a émis vigoureusement les mêmes idées devant la Chambre des communes, et, à son dernier passage par Paris, M. Michel Chevalier a pu en entendre l'expression aussi nette que décisive.
Si mon cher et honoré confrère continue à me reprocher d'invoquer des autorités, qu'il me permette de lui dire qu'il n'est pas donné à tout le monde d'avoir une confiance assez robuste dans sa propre opinion pour dédaigner le concours des penseurs les plus autorisés. Peut-être même, s'il ne rencontrait point trop de difficulté à mettre en œuvre un moyen analogue, ne le dédaignerait-il pas de son côté.
Mais à quoi bon ce débat? M. Michel Chevalier appartient évidemment à l'école de l'abbé Vertot, son siège est fait. On a beau signaler une expérience constatée et des faits éclatants, on a beau relever les citations inexactes, les conclusions précipitées et téméraires qui fourmillent dans ses écrits, il se bouche les oreilles et croit encore répondre quand il a de nouveau affirmé ce dont il ne reste plus vestige. Soit, je ne troublerai point cette satisfaction, solitaire ; je m'en remets avec confiance au jugement de ceux qui trouveront dans mon volume :
404 LETTRE DE M. NIGHOLSON.
la Banque d Angleterre^ la reproduction complète et exacte de tous les éléments de cette discussion. Votre très-dévoué, etc.