I.ETTRF. A M. WOI.OWSKI
été favorables au commerce. Or, ce système est l)ieii différent de la banque unique. Il est bon aussi de se rappeler que Rossi a écrit son rapport en I8iü. A cette époque, en France et en .\nj^leterre, l’opinion était bien tiède pour les libertés de l’ordre économique. La Ligue anglaise pour l’abolition des lois sur les céréales n’était qu’à ses débuts. En France, les prohibitionnistes trônaient sans partage. Les amis de la liberté du travail étaient sur la défensive, peu encouragés et même assez déconcertés. Ils étaient donc plus que réservés dans leurs propositions. On trouve l’empreinte de cette excessive réserve dans le rapport de Rossi. Ce fut seulement en 1846 que l’Angleterre, en arborant le principe do la liberté du commerce, rendit le courage aux défenseurs do la liberté du travail, aux amis des libertés économiques. En élevant le même drapeau sur le continent européen en 1860, la France a donné à la cause du progrès économique de la société par la liberté, une confiance et un élan que personne ne soupçonnait vingt ans plus tôt. C’est ainsi qu’il est permis d’affirmer qu’on se tromperait si l’on croyait que tel maître qui a tenu tel langage en 1840 serait aujourd'bui aussi modeste dans scs revendications en faveur de la liberté du travail. Actuellement, on est bien plus libéral, on l’est avec beaucoup plus de fermeté. Je dois en faire l’observation à l’occasion des citations que vous renouvelez d’écrits publiés vers 1840. Ces citations peuvent, pour la plupart, être récusées à bon droit par rapporta l’époque présente, et plus que les autres celles qui sont des phrases incidentes adressées comme des précautions oratoires à un public plus enclin aux idées restrictives qu’aux idées libérales. Et enfin ce qu’il faut produire quand on discute, ce ne sont pas tant des noms que des raisons. Vous prenez des moines pour des raisons, disait Pascal aux jésuites,
SUU LA yUKSTIüN DKS ItANyUKS,
qui lui opposaicMit une foule de, casuistes obscurs. Vous vous êtes attiré la même critique par vos écrits sur 1a question des banques, et vous l’aviez mérité.
Indépendamment de ces autorités qui ne sont plus de ce inonde, non content d’avoir invoqué les morts, vous vous étavez aussi des vivants ; vous vous vantez d’avoir le concours d’un grand nonibrz? de notabilités du jour. Vous dénombrez avec satisfaction vos coreligionnaires étrangers dans vos articles de /« lievue des Deiu Mondes. .Mais, vous m’obligez à le dire, il y a bien des illustres inconnus dans celte phalange. Vous fabriquez des grands hommes avec de fort honnêtes gens, qui ne s’attendaient pas à tant d’honneur ; vous les placez sur un piédestal sans les consulter, afin de vous glorifier ensuite de ce que tant de grands personnages pensent comme vous. C’est beaucoup moins probant que vous ne le jiensez. En fait d’autorités, ce n’csl pas le nombre qui importe, et dans la science la victoire n’est pas nécessairement du côté des gros bataillons. C’est là surtout qu’il vaut mieu.v avoir pour soi la qualité des suiïragcs que la quantité.
Dans le nombre cependant des personnes que vous mettez en ligne comme partageant yos idées sur les banques, il en est plusieurs dont l’opinion pèse Justement dans la balance. -Mids, à leur égard, êtes-vous bien assuré de l’adhésion dont vous vous vantez? l*crmettez-moi d’en douter. Dans votre légion d'amis supposés, vous comptez M. Macleod, par e.vemplc : M. Macleod a dû être bien surpris de se voir classé ainsi parmi les admirateurs de la loi de 1844. Il est une autre personne sur laquelle j’insisterai davantage, parce que vous vous plaisez davantage à la citer; c’est M. W. Newmarch, dont j’ai déjà dit un mot, le digne collaborateur de Thomas Tooke pour les derniers volumes de {'Histoire, des prix. Après avoir In
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