I.KTTRK A M. WOLOWSKI
vos deux articles dans la Renue des deux Mondes, on reste persuadé que, dans la discussion sur les banques, vous et -M. Newmarch êtes raiif<és sous le même drapeau, infatigables et fidèles couipagnons l’un de l’autre, à peu de chose près unis comme les doigts de la main, un Oreste et un Pyladc. M. iXewmarcli a dit ceci, M. Newmarch pense cela; M. Ncwmarch assistai^ au dîner du Club d'économie politique de Londres, où vous avez été invité et où vous avez eu, à ce qu’il paraît, la satisfaction de voir vos idées partagées de tout le monde. INon-seuleinent M. Newmarch ou était, mais il y a parlé à votre satisfaction. V’oilà ce que vous rapportez avec bonheur, et ce que chacun peut lire dans la Renne des Deux Mondes, .l’en étais là, lorsque M. Newmarch m’a fait la politesse de m’envoyer deux notes, l’une ‘ de quatorze, l’autre do seize pages, qu’il a publiées en juillet etaoùt i866 sur les banques, et spécialement sur la Banque d’Angleterre, la loi de 184i et la crise du printemps dernier. Ces écrits de M. i\'ewmarch sont excellents : c’est court, c’est clair, c’est substantiel. On rencontre à la fois, dans ces essais, le raisonneur et l’homme d’affaires. Mais quel n’a pas été mon étonnement eu lisant ces deux notes? Au lieu de la similitude d’opinion avec vous, à laquelle je m'attendais, J’ai trouvé la discordance. Vous ne voyez rien au-dessus de la loi do 1844, M. Aewmarch pense que la loi de 1844 n’a pas le sens commun, qu’elle est un fléau. En homme pratique qu’il est, il termine chacune de ces notices par un programme composé do sentences numérotées. F/arlicle 1" du programme est, dans l’une et l’autre, l’abrogation de la loi de 1844; non pas l’amoudement, mais l’a-
’ Ijj première, Thr recent financial Panic, .1 paru dans le Brilith quarlerly Wecipte de juillet tStiS; la seconde, The tinaneial Pretture unit len per cent, a etc puliliée dans le Frasrr's Magazine d'août.
S(IR LA QUESTION DES BANQUES
holition entière, absolue, totale. Voici les propres paroles de M . Nevvinarch ; RepenI tfw rtcf of H tdloqvlher.
bircz-vous que M. Ncwniarch est de votre avis, de rciuplaccr la circulation des banques existantes par celle de la Banque d’Angleterre, de fa^on qu’il n’y ait plus dans le Uoyaiunc-Uni qu’un seul billet de banque, celui de cette grande institution Je vous répondrai qu’il n’y a pas trace de cette opinion dans les deux écrits de M. Newinarcb que je viens de citer, ni dans aucun de ses écrits antérieurs dont j’aie connaissance. L’esprit général des travaux de M. Newinarcb, des derniers surtout, me parait l’opposé de vos idées. Vous flétrissez le système des sociétés à responsabilité limitée appliqué aux lianques et ailleurs ; M. Newmarchen prend la défense. Vous soutenez la doctrine d’après laquelle le capital des grandes banques, telles que la Banque d’Angleterre et la Banque de France, n’osi qu’un cautionnement, et doit eu cette qualité être placé en fonds publics ou autres valeurs de l’Etat ; M. Newinarcb est de l’opinion inverse.il expose que le moment est venu où l’Etat doit restituer à la Banque d’Angleterre, pour qu’elle s’ en serve, son capital qu’il détient. Je cberclu' donc en vain cet accord intime entre M. .N’ewmarcb cl vous, qu’il vous agréerait, à ce qu’il semble, di' faire supposer. 11 n’existe rien do pareil.
Une circonstance qui vous paraîtra peut-être mériter explication, c’est que, alors que vous écriviez vos grands articles de la Revue des Deux Mondes, vous connaissiez l’existence des doux écrits ci-dessus relatés de M. Newmareb, vous les aviez lus, et je vous ai déjà fait remarquer que vous citez l’un des deux ( The recent financial Panic) à l’appui de vos idées. Eh bien, ces écrits sont, l’un et l'autre, le renversement de votre édifice.