I.ETTHES A M. LE DIRECTEUR
iiopole n’est pas nécessaire pour le billet de banque — et une simple réglementation suffit — parce que l’État ne détermine et ne garantit en rien la valeur de ce billet, qu'il ne l’impose pas en payement, qu’il ne se tient pas jioiir obligé de le recevoir, que personne n’y est tenu, chacun l’acceptant ou le refusant à son gré ; en un mot, jiarce que ce n’est qu’un simulacre de monnaie, et non une monnaie réelle ; sorte de contrefaçon licite, le billet a assez d'importance pour appeler la surveillance, pas assez pour justifier le monopole Sans monopole, on peut obtenir une sincérité suffisante du titre fiduciaire. Le monopole n’en garantit aucunement la convertibilité constante; témoin les cours forcés. En vain on invoque en sa faveur la perturbation qu’une émission arbitraire et illimitée peut exercer sur la monnaie métallique et le prix de toutes marchandises ; outre que ce contre-coup est de beaucoup exagéré, assujcttissez-la aux règles propres à prévenir l’excès et les fraudes d’émission Ces règles, riiistoire les montre en action, et la science explique le succès de l’expérience. Ici reprennent toute leur autorité les faits nombreux et certains, rappelés par M. Uorn, sur les traces de ses aînés dans la défense de la liberté *.
M. Wolowski semble croire que de telles règles sont la violation de la liberté et du droit commun, qu’il n’y a qu’à choisir entre la faculté d’ouvrir une banque d’émis-
' Nous croyons avoir suflisaiiunent relevé ce qu'il y a de peu exact
et d'ini.'oinpict dans celte partie de l’argumentation de M. Jules
Duval. L. W.
’ Nous voici en plein dans le régime réglementaire. C'était bien la peine de tant s'évertuer contre un prétendu monopole. L. 5V.
* Tous les précédents conliruient l’opinion contraire, et la tendance universelle de l'institution des banques dans le monde proteste contre cette assertion, l’artoul le principe de l'unité prévaut de plus en plus. I,. W.