DE L’ÉCONOMISTE FRANÇAIS
sion comme on ouvre échoppe (c’est sa formule favorite), et le monopole. Notre législation tout entière proteste contre ce prétendu dilemme. On compte par milliers les industries qui, tout en se réclamant de la liberté, subissent des règlements : ne citons que les établissements insalubres et les sociétés anonymes. Le droit commun, sous le règne de la liberté et de l’égalité, n’e.xclut aucunement de telles restrictions qu’exige l'intérêt public, mais sans confiscation de la liberté; et dans les cas très-rares on cette liberté doit être confisquée, ce ne peut être qu’au profit do l’Etat, jamais au profit d’une compagnie exclusive. Là est l’usurpation inique, absolument contraire aux principes de 1789 '.
Condamné comme inutile, le monopole est eu outre incapable de faire la fonction dont il se charge, la distribution générale du crédit à l’aide du billet de banque. En dix ans de plein monopole, la Banque de France a réussi à grand’pcine à ajouter quelques dizaines de succursales à celles qu’elle avait auparavant : le nombre entier roule autour de soixante. Quand elle parviendra, sous le double aiguillon du gouvernement et do l’opinion, à en doter chaque département, elle chantera Y Hosanna : un travail herculéen lui paraîtra accompli, et, pour elle, en effet, ce sera énorme ; mais quelle faible part de ce qu'appellent les besoins, de ce que permettent les ressources de la France ! Concentrée dans les villes grandes et moyennes, l'action do la Banque do France concourt à cette déplorable rupture de l’équilibre entre les villes et les campagnes, entre l’agriculture et l’industrie ou le commerce,
' La Banque, revêtue du caractère d’institution puliliquc, foiietionne dans l’intérêt de tous; les profits qu’elle réalise ne [lèseiit sur personne, ctu elle n’est pas maîtresse de liver à son gré le taux de l’intérêt. Les profits sont ici le prix du service rendu. L. \V,