I.ES BANQUES D'ECOSSE
Si elle ne saurait aupmenter le bénéfice que lui procurerait l’extension de la somme des billets, c’est que la nature dos choses s’y oppose, c’est que l’on ne crée point à volonté du numéraire ou du papier qui en remplit les fonctions. Il est une limite, fort étroite, à laquelle s’arrête une pareille faculté.
Nous essayerons de le montrer en parlant de la constitution des Banques d’Ecosse.
Chaque fois qu’il a été question du crédit appliqué aux intérêts de l’agriculture, on n’a point manqué de produire comme un exemple triomphant les Banques d’Écosse. Celles-ci ont, en effet, prospéré, elles assurent encore aujourd’hui, à unecontréc laborieuse, les bienfaits du crédit sur une échelle considérable ; mais elles ne ressemblent en rien au type de fantaisie qu’on a prétendu couvrir d’un nom justement respecté.
Ce sont dos Banques qui cumulent toutes les opérations : elles alimentent aussi bien l’industrie et le commerce que l’agriculture. Il n’est venu, en Écosse, à la pensée do personne de spécialiser leur action , et l’on chercherait vainement dans CO pays ce que nous appelons une banque agricole. Les conditions générales, imposées aux avances faites, se prêtent à tous les besoins, au moyen d’une organisation habile, du moment où se rencontrent la solvabilité nécessaire et la ponctualité dans l’exécution des engagements contractés. On n’y poursuit point d’un œil jaloux les avantages acquis à telle ou telle branche de l’activité humaine ; on comprend, nu contraire, que tout exercice de rintelligencc appliquée aux diverses formes de la production, contribue à vivifier rcnscmhlo de l’in-
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dustrio humaine. Oa no demande non plus aucun privilège, aucune faveur particulière pour l’agriculture ; on la traite comme une industrie, quand elle présente les ca*' ractèrcs qui rendent l’industrie apte à proütor du crédit sous des formes diverses.
Les banques d’Écosso embrassent dans le cercle do leurs opérations toutes les manifestations du travail; les résultats qu’elles donnent ne s’appliquent nullement, d’une manière isolée, à l’agriculture ; il est même difficile, sinon tout è fait impossible, do calculer la part distincte qui reviendrait à celle-ci dans l'ensemble.
D’un autre côté, les banques d’Écosse ne sont en aucune m.^nière do grands hôtels de monnaie, où on fabriquerait à foison le bienheureux billet, appelé à féconder le sol, au moyen du papier transformé en numéraire. Elles n’ont point CCS visées ambitieuses ; le succès solide qu’elles ont obtenu tient à dos procédés plus réservés. Tandis que des hommes dévoués aux intérêts agricoles n’hésitent pas à proposer chez nous de baser le crédit sur la multb plication des billets, faisant l’office du comptant', et qu’ils cherchent à rabaisser le service rendu par les institutions qui se bornent à servir de point de rencontre aux capitaux réels qu’elles agglomèrent et aux besoins qui s’en accom* modent, les banques d’Écosse n’ont jamais fait qu’un usage restreint de la faculté d’émission, elles ont basé leurs opérations sur les dépôts : c’est même. là ce qui forme le caractère distinctif do ces établissements, et ce qui a le plus contribué à la prospérité du pays. Un chiffre suffira pour édifier tous les esprits à cet égard : la valeur des billets qui circulent dansl’Écossc entière ne dépasse d’ordinaire le total des métaux précieux, conservés pour faire face aux demandes de remboursement de ces billets, que d’une somme de 2 millions sterling, cinqtumte millions de ftancs.