‹ La Banque d'Angleterre et les Banques d'ÉcosseChapitre 72 sur 75 · I.ES llANUUlüS D’ECOSSt · texte numérisé non relu

I.ES llANUUlüS D’ECOSSt

Brilish Linen Company. Capital réalisé, 900,000 liv. si.

Govemmenl s(ockt and olhcr bondt. Obligations des chemins de fer. Balances avec les corresiKmdants de Londres, etc., au 14 avril 1866....;.. 2,720, lo8 liv. si.

National Bank of Srniland. Capital, 1,000,000 liv. st.

Bank ofEngland and otlier Stocks. Dcbcntures, etc. 397,6.75 liv. si. Government slotlu, and othcr available securitics. 1,892,173 liv. st.

Total des placements et rentes au 1" novembre 1866 2,289,828 liv. st. •

Union Bank of Scotland. Capital, 1,000,000 liv. st.

Consols and olher Government securities 1,001,023 liv. st.

Autres McuntiM et placements 405,701 liv. si.

Total des rentes et placements au 2 avril 1867. 1,406,724 liv. st.

Clydeidale Banking Company. Capital émis, 900,000 liv. st. Placements en consolidés et divers au 31 décem-

896,810 liv. si.

Caledonian Banking Company. Capital, 125,000 liv. st. Placements. Aetione. Securitiet. Kvanccs 834,168 liv. si.

Aberdeen Toten and Couniy Banking Company. Capital versé, 156,000 liv. st.

Placements en Government stocks cl autres au 31 janvier 1867 252,099 liv. st.

North of Scotland Banking Company. Capital versé, 280,000 liv. st.

Govemmenl and olher stocks 406,461 liv. st.

En outre, 3 per cent consols 64,000 liv. st.

Stock de la Banque d'Angleterre 10,000 liv. st.

Total des placements au 29 septembre 1866. . . 480,461 liv. st.

ET L’AtiKICLLTUHE.

Commercial Itanili o/’ Sco«/anrf. Capital verso, !, 000,000 liv. st.

Goverrtmrnl tlock, prêts à court terme et balances

à Londres

Actions de la Banque d’Angleterre et autres actions, obligations, etc. ,

1,532,1 U liv. st.

816,961 liv. st.

Somme des placements divers au 17 décembre

2,379,105 liv. st.

Les comptes rendus |nil)liés pat les l>ati(pics d’Ecosse ne sont guère plus explicites que ceu.x des banques d’Angleterre ; les divers chapitres no s’y détachent point avec netteté; cependant les renseignements fournis suffisent pour nous édifier sur l’objet principal de la recherche à laquelle nous procédons. Les placements en rentes et en autres titres absorbent, dans chacune des banques, une somme supérieure au capital versé. Rien n’oblige ces divers établissements à faire des placement-s en fonds publics; ils recherchent simplement de cette manière la consolidation productive d’une partie de leurs ressources ; souvent ils ne se bornent pas à employer ainsi leur capital, ils font aussi un pareil usage dune partie des fonds déposés.

Dans son ouvrage classique : Practical 'Ireatise on Hankinrj, Gilbart recommande le placement en fonds publics, et surtout en consolidés, comme le meilleur emploi que puisse faire un banquier dhinc portion des ressources dont il dispose, pincement non pas aléatoire, pour spéculer sur la différence du prix d’achat et de vente, mais placement permanent, offrant à la fois garantie solide, et secours dans les cas extrêmes. — Tel est le système suivi par les banques d’Ecosse, sur une échelle considérable. Les emfuètes ont constaté ce fait nombre de fois ; large investments of their /unds in national popvr and govern-

LKS BANQUES D’ECOSSE

7nenl securities, voilà l'indication qui revient sans cesse dans les témoignages recueillis.

En résumé, les banques d’Ecosse ont rendu de grands et incontestables services à ce pays, mais les billets payables au porteur et à vue y ont été pour peu de chose : le mérite revient surtout à la réunion des petits capitaux au moyen des dépôts à intérêt, et à leur emploi au moyen des comptes de caisse {cash accounts).

La quotité des billets émis a été renfermée de tout temps dans d’étroites limites : dès que les banques se sont un pou écartées des règles d’une sévère prudence, elles en ont rudement porté la peine. Au lieu de tripler le capital par l’émission, elles n’ont en circulation fiduciaire que moitié environ du fonds réuni, et la réserve métallique dépasse la moitié de cette circulation. Les ressources supplémentaires fournies par l’excédant des billets sur l’encaisse métallique ne montent pas à SO millions de francs, tandis que les dépôts fournissent un capital disponible trente fois plus considérable.

Le bénéfice obtenu par l'émission des billets constitue une faible portion, pas même le douzième, des profits recueillis sous forme de dividendes. La constitution des banques d’Ecosse et leur existence ne sont nullement attachées à cet élément, mais bien au capital d’épargne mis à leur disposition avec une abondance que provoque la sécurité générale, assise sur la solidité des instruments d’échange.

Loin do diminuer la somme des billets de banque, X Act de 184.'i l’a augmentée, en donnant une garantie plus sérieuse à la circulation; les réclamations élevées contre

ET L’AGRICULTURE

\’Act ont surtout porté sur la quotité do la circulation autorisée. Cctto quotité suffit aux affaires, car elle rencontre le concours' de moyens perfectionnés de crédit, moyens d’autant plu.s actifs que le marché est plus complètement mis à l’abri de toute suspicion à l’égard de ce qui remplit l’office de monnaie. Une extension do la circulation autorisée ne pouri'ait porter que sur une somme très-faible, relativement à la masse des dépôts recueillis, plus faible encore relativement à l'ensemble de la richesse publique. Ix)in d’étre stérile, la portion du capital social consacrée à entretenir le jeu régulier d’un solide mécanisme monétaire produit plus quelle ne coûte, en faisant régner la sécurité des rapports et la fidélité dans l’accomplissement des conventions. Au lieu d’un profit, une organisation plus relâchée de l’émission n’a*mènerait que de la perte.

La liberté (démission, telle que certains écrivains l’ont réclamée chez nous, n’existe point en Écosse. Cette faculté est strictement limitée â une quotité que chacune des douze banques, seules autorisées aujourd’hui à créer des bank-notes, ne saurait dépasser. Cotte quotité, on ne saurait trop le redire, équivaut à peine à la moitié de leur capital, et au double de l’encaisse métallique.

Les banques exercent un contrôle mutuel sur les billets émis, en les échangeant entre elles deux fois par semaine, sauf payement du solde eu espèces ou en bons de l’échiquier. De cette manière, la durée do la circulation des billots ne dépasse pas, en moyenne, dix à douze jours. L’avantage matériel qu’ils procurent aux banques se trouve fort re.streint. La commodité et la facilité du transport s’harmonisent avec la solidité do la garantie offerte, mais on doit renoncer îi trouver dans l’émission cette mine féconde de monnaie de papier, que poursuivent de leurs

LES UANQÜES I) ECOSSE

MO

vœux beaucoup de faiseurs de plans financiers. En prétendant s’appuyer sur l’exeinple des banques d’Écosse, ils en dénaturent les procédés, à la fois simples et gouvernés par une prudence étroite.

L’Écosse ne possède que peu de banques, douze au total, qui ont institué do nombreux embranchements. Ces banques constituent une véritable confédération, animée par un inaltérable esprit de corps. On y arrive ainsi, par une voie détournée et sous une forme extérieure différente, aux résultats que procure ailleurs /’ unité.

Aucune concurrence n’existe en Écosse, quant nu taux des diverses opérations des banques, dont le petit nombre facilite l’entente commune : ce taux est périodiquement réglé dans la réunion des directeurs de ces établissements; il se trouve appliqué d’une manière uniforme par tous les embranchements, sur toute la surface du territoire.

En ce qui concerne les intérêts agricoles, l’instrument le plus utile se rencontre dans les comptes do caisse (cash accounts), qui procurent aux hommes laborieux, exacts dans l’accomplissement des engagements contractés, doués d’intelligence et de moralité, des crédits qui se prolongent, et permettent d’accomplir des entreprises k plus longue échéance. Mai.s le taux d'intérêt des cash accounts, presque toujours uu peu au-dessus du taux de l'escompte, suit comme ce dernier les Iluctuations du marché. Il n’est jamais descendu en Écosse au-dessous de 4 pour 100, tandis qu’il s’est élevé à7, 8 et 9 pour 100. C’est toujours le marché de Londres, dont la situation se traduit dans le taux de l'escompte pert-u par la Banque d’AngleteiTe, qui sert de régulateur au taux de l’intérêt fixé d’un commun accord par les banques d’Écosse '.

' Voir lo tableau du inouvcinciit de l'escompte di'piiis ls;i8 (à la lin du toliMue).

KT L’Ai!Rici:i;n;RK.

rliosfi romiirqiiuhlo, (|iii prouve combien la coutume exerce d’empire sur les formes iTu crédit! Los rmh acrounts, largement einidoyés en Ecosse, n’out jamais jiu se naturaliser en Angleterre. Ü’un autre côté, l’Écosse est CM grande partie rebelle au régime des chèques, qui entraîne des écritures multipliées. On a vainement fait la tentative d’établir une banque opérant sur le modèle anglais, avec un demi-petmy An commission pour chaque entrée et par chaque sortie de fonds '. L’emploi dos deposit receipts est demeuré prédominant; dans tous les comptes courants, l’usage est que les clients se font délivrer en une seule fois les sommes dont ils disposent dans le cours de la journée.

Aussi, tout en désirant l’introduction des cash accounts en France, nous ne voulons nous faire aucune illusion sur la facilité avec laquelle ce système pourrait s’acclimater chez nous. S’il réussit, tant mieux, ce sera une preuve éclatante du progrès accompli dans riutelligencc prévoyante de nos populations rurales. Mais il nous semblerait utile de ne point se borner à cet essai, et d’organiser, ainsi que nous l’avons indiqué au commencement de ce travail, un autre mécanisme mieux iidapté aux habitudes prises et tout aussi efficace.

Les banques locales, qui seraient établies en vertu de l’initiative personnelle, et avec un capital de garantie, pourraient émettre des obligations dont l’échéance à six mois, à un an, îi deux et à trois ans, cadrerait avec

' l.a Banque d'Angleterre liénéflcie de dépéts sans intérêt, elle veille îl ce (|iie le produit de ceux-ci lui procure au moins six pence (02 centimes 1/2) par ehaipie mouvement du compte courant. Si le dépôt n'est pas suffisant pour assurer ce résultat, le compte est fermé. Ia:s lianques d'.Vmérifiue iismit d’un procédé analopriie.

5« LES BANQUES D’ÉCOSSE

lo terme des cngagemenls contractés et avec les besoins de l’agriculture.

Ces engagements pourraient emprunter aux institutions de l’Ecosse l’excellent système dos cautions solidaires, jusqu’à concurrence d’une somme déterminée; cette organisation aurait de grandes chances de réussite et rendrait à ragriculture un service sérieux, sans aucun artifice fiduciaire.

On vient de le voir : les banques d Écosse n’alFectent aucune spécialité : elles agissent au jirofit de l’industrie humaine, dans la plus large acception du terme, qu’elle s’applique au champ, à l’atelier, à la manufacture ou au commerce. On n’a jamais eu dans cette contrée l’idée d’isoler l’intérêt agricole; on a parfaitement compris que ce serait l’affaiblir, sous prétexte do le protéger.

Il est bon de faire remarquer ici que les 40 à SO millions de billets émis au delà de l’encaisse métallique fournissent un faible appoint comme ressource appliquée aux entrepri.ses agricoles. Les opérations du commerce et de l’industrie profitent de la partie la plus considérable des avances qui peuvent être faites, sous forme d’escompte, avec la couverture offerte par des lettres de change à courte échéance.

Quand on parle de capitaux mis en Ecosse à la disposition de l’agriculture, grâce à l’émission libre, on so trompe doublement : les banques d’Écosse ne possèdent point la faculté d’émettre à volonté des billets payables au porteur et à vue, et la grande majorité de ceux qui sont créés sans correspondre à un gage métallique (au maxiniuin jusqu’à concurrence de .^0 millions), rejiosent sur des lettres de change provenant d’entreprises industrielles et commerciales.

La solidité éprouvée des banques d’Écosse attire et

ET L’AGRICULTURE

multiplie les dépôts, dotés de l'avautage d’un profit modeste; les cash accounts font naître l’habitude dos relations suivies, qui conduisent à faire fructifier la plus minime réserve, en la faisant participer au.v avantages do la cflisseco/wwMne. Celle-ci empêche les faibles ressources de s’égarer dans de mauvais emplois, ou de disparaître sous l’empire de tentations diverses. Le capital augmente, en môme temps que les idées morales se fortifient.

Toutes les banques d'Écosse emploient en fonds publics au moins l’équivalent do leur capital : elles augmentent ainsi le crédit dont elles jouissent et pour la circulation de leurs billets, et pour la multiplication des dépôts. Une garantie en rentes, souscrite par une partie des fondateurs des banques locales, faciliterait le placement des obligations à court terme, qui alimenteraient sans cesse le fonds de roulement. Les payements à faire par ces institutions cadrant toujours avec l'échéance des engagements contractés, elles se développeront par une force analogue à celle dont le Crédit foncier a prouvé la puissance pour les emprunts contractés ti long terme, et remboursables par annuités.

L’e.xpéricnce accomplie par les banques d’Ecosse présente un sujet d’étude profitable, sous tous les rapports, mais surtout pour giiérir les esjirits fascinés par l’impuissante chimère do la monnaie de papier, et d’une liberté des banques mal comprise si on la confine dans la faculté très-secondaire d’émettre des billets payables au porteur et à vue. Celte faculté ne donne à manier qu’un levier trop court, taudis que l’organisation des dépôts et la création des obligations par l’intermédiaire des banques solidement constituées, fournissent le point d’appui à l’aide duquel le crédit exercera dans nos campagnes la plus féconde influence.

Page 1