I.KTTRE A M. WOI.OWSKI
deçii. Le sysli>nie de la banque unique vient ainsi échouer contre une iiiipossiI)iIité uiatériellc. Seule la liberté permet de résoudre le problème d’une largo organisation du crédit qui accomplisse ce que réclame l’industrie nationale, agricole, commerciale et manufacturière, pour arriver à son épanouissement normal.
(finaud il s’agit du crédit, quand on s(- propose d’en réjiandrc les bienfaits, il ne faut pas seulement fixer ses regards et sa .sollicitude sur les métropoles commerciales et les grandes villes. Ou doit s’occuper aussi des petites villes et surtout des camjiagiies. Après tout, c’est dans les petites villes et les campagnes qu’est établie la majeure partie de lu population. Là aussi on ne demande pas mieux que de travailler, et, pour ce faire avec fruit, on a besoin du levier du crédit. Ce n’cst pas des grandes banques , ayant leur siège jirincipal dans une capitale éloignée, qu’il faut attendre une di.spensation sérieuse du crédit pour cette partie des peuples. Drms un discours plein de sens qu’il adressait dernièrement h la Société d’agriculture de Boulogne, .M. Adam, l’ancien maire de cette ville, disait avec beaucoup de raison : » Les grands établissements ne peuvent, par leurs agents, qui sont presque toujours étrangers à l’endroit, apprécier le crédit à faire à des cultivateurs dont ils ignorent les antécédents et les ressources. 11 en serait autrement de banques locales dont les chefs , nés et élevés dans le pays, seraient au courant des habitudes de chacun, de sa fortune et de la confiance qu’il mérite. — C’est ce qui explique, ajoutait M. Adam, le succès des banques qui ont existé à Boulogne, à Calais et à Dieppe, l’endant vingt-cinq ans, quatre banques locales out mis à Boulogne, en circulation, des billets de 20 francs et de 100 francs en toute liberté et sans qu’il en soit ré.sulté aucun inconvénient,
SUR l,A QUESTION DES BANQUES. ID.^i
mèinn pondant lc.s cri.scs connncrciale.s qui .sn sont succédé, et il la suite de trois révolutions qui ont amené tant de désastres parmi les notaires, les négociants et les industriels. »
Cette dernière phrase est bien digne d’attention. C’est la réfutation de ce qu’on a îillégué sur les dangers prétendus inévitables des banques locales indépendantes.
Provisoirement, pour ne pas ell'raycr les hommes qui exagèrent la i>iiidence, on peut notablement limiter la liberté, ii la condition que ce soit par des règles uniformes pour tous, laissant la lice ouverte à tous. On pourrait même , par manière do transition , substituer :'i la liberté une multiplicité restreinte ; mais cet arrangement équivoque ne créerait rien qui fût durable. Ce ne serait qu’une .situation passagère, d’où le courant de l’opinion de mieux en mieu.v éclairée forcerait de sortir après un peu de temps, pour donner au crédit un plus grand développement par le moyen d’une dose toujours croissante de liberté.
C’est dans ces termes, mon honoré confrère , que la solution de la question d’organiser le crédit en Franco SC présente aux esprits libéraux ; mais vous en jugez tout autrement. Vous tenez pour le monopole dos banques d’émissiou. Suivant vous, il n’en faut qu’une seule pour la France. De même une seule devrait suffire pour la totalité du royaume-uni de la Grande-Bretagne et de l'Irlande. A ce point do vue vous avez pour adversaires non-seulement les partisans de la liberté des banques, mais ceux mêmes qui se contenteraient d’une multiplicité restreinte. C’est de cette opinion absolue , si oiVensive pour la liberté du travail, si opposée au besoin public, que je voudrais, après beaucoup d’autres qui s’en sont bien acquittés, essayer la réfutation ; non que j’espère