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métallique s'étend avec plus ou moins d'intensité à la presque totalité des valeurs, la presque totalité des échanges, pendant ces périodes de variations, en est affectée. Dans chacun d'eux il y a, d'un côté bénéfice injuste, de l'autre perte injuste. Comme on est loin alors du principe de Ricardo, qui, prenant ce qui devrait être pour ce qui est, a dit que les prix des choses sont déterminés par leurs frais de production I
L'effet des variations du prix des choses est donc de faire injustement passer les épargnes du travail en des mains étrangères.
La variation de la quantité de numéraire, en réagissant sur le commerce, produit des résultats analogues.
Je me place, en premier lieu, au point de vue du commerce extérieur.
Le capital dont le commerce est détenteur dans la période qui précède la rupture de l'équilibre, a été acquis au prix normal des choses. Il représente des épargnes du travail, calculées sur le taux normal de l'argent.
L'équilibre monétaire est rompu; le numéraire devient abondant, par exemple. L'argent baisse, les importations augmentent, et la France paie les produits importés à des prix plus élevés que les prix normaux.
Les épargnes d'un certain travail sont donc employées à payer un travail moindre.
Mais, dira-t-on, il y a compensation : le commerce étranger, à son tour, se trouvera tôt ou tard ultérieurement, vis-à-vis de la France, dans une situation analogue, lui donnant avec excès les épargnes de son travail. C'est incontes-
table ; mais il ne faut pas oublier que les commerçants victimes de pertes dans un cas, ne sont pas les commerçants favorisés de bénéfices dans l'autre.
En se plaçant au point de vue du commerce intérieur, on arriverait à des conclusions analogues pour les transactions de province à province, de ville à ville.
Enfin, le commerce des métaux précieux fait éprouver au pays entier des vicissitudes analogues :
Quand le numéraire est abondant en France, on l'exporte, et cette opération donne un bénéfice au pays. Quel est le caractère de ce bénéfice? est-il la rémunération d'un travail utile? Non. Lorsque la France vend une somme en espèces de 25 fr. 20 c. pour 26 fr. à l'Angleterre, ces 25 fr. 20 c. ne lui ont coûté que 25 fr. 20 c. de travail, ^.e bénéfice qu'elle réalise est donc un bénéfice de pure spéculation. Elle rend, il est vrai, à l'Angleterre le service de l'approvisionner d'or ; mais si l'Angleterre n'eût pas elle-même rendu en d'autres temps de tels services à d'autres pays, si elle eût su conserver la quantité d'or nécessaire à ses échanges, elle n'eût pas eu besoin que l'on vînt ainsi à son aide.
De même, lorsque l'Angleterre vend à la France pour 25 fr. 20 c. ce qui lui coûte 24 fr. 50 c, par exemple, la France fait un mauvais marché.
Et, je le répète, les bénéfices d'une époque ne compensent pas les perles d'une autre époque. En premier lieu, la compensation en masse n'est pas complète : qu'il y ait importation ou exportation de numéraire, les commerçants en métaux précieux doivent* faire des bénéfices', donc, les bénéfices des
Itl
opérations de change ne sont pas intégralement acquis aux détenteurs de numéraire ; au contraire, les pertes que ces opérations leur font subir sont accrues de toute la quantité qui constitue les bénéfices du commerce des métaux précieux.
En outre, le numéraire passant d'un détenteur à l'autre avec une mobilité extrême, les détenteurs qui bénéficient par Tabondance du numéraire ne sont pas les détenteurs qui perdent par sa rareté.
Il faut d'ailleurs remarquer que, le plus souvent, les crises monétaires, d'ordinaire dues à la rareté du numéraire, se produisent à la suite de crises commerciales, tandis que l'abondance du numéraire est souvent la conséquence de l'activité des affaires. Il est donc anormal que le pays se dépouille de son numéraire en temps d'abondance, en vue de réaliser des bénéfices venant en addition des bénéfices du commerce, puisqu'il est obligé, quand le numéraire devient rare, de le racheter à prix onéreux au moment où le commerce souffre.
Il importe de remarquer que l'action de la loi de l'équilibre métallique étant énergique, les effets nuisibles que je viens de définir se produisent avec énergie.
XIII. Effets nuisibles de la loi de l'équilibre monétaire. — Comme
l'action de la loi, ces effets nuisibles sont faibles.
Les tendances développées par la loi de l'équilibre monétaire étant analogues à celles développées par la loi de
l'équilibre métallique, elles produisent des effets nuisibles analogues.
Il importe de remarquer, de même, que l'action de la loi de l'équilibre monétaire étant faible, les effets nuisibles dus à cette action sont faibles comme elle.
XI Y . lie cours légal donnera à la Bancfue le pouvoir de suspendre
l'action de la loi de l'équilibre métallique.
L'expansion dans le monde de quantités nouvelles de métaux précieux produit leur dépréciation définitive; nulle force ne pourrait arrêter le cours de ces grandes variations, qui, d'ailleurs, se produisent à de rares époques : les années, les siècles s'écoulent quelquefois sans modifier d'une manière sensible le régime monétaire des diverses nations du globe.
Mais si les calculs humains ne peuvent opposer le moindre obslacle à cette dépréciation définitive, ils ont, au contraire, le pouvoir de soustraire la valeur des métaux précieux aux oscillations ir régulières qu'elle éprouve en plus et en moins sous l'influence de causes accidentelles; ils peuvent parvenir à régulariser dans une certaine mesure la valeur du numéraire.
L'institution du cours légal doit produire cette régularisation.
Je suppose que le cours légal ait fait entrer à la Banque, à un moment donné, un milliard en espèces métalliques, en addition de son encaisse actuel.
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Je suppose, en outre, que, dans la circulation, le billet de banque soit au pair de la monnaie métallique.
Quelque temps après, une tendance à la dépréciation du billet de banque se manifeste.
J'écarte l'hypothèse où cette dépréciation serait la conséquence d'une atteinte à la confiance publique : je me place au seul point de vue monétaire.
Que signifie cette dépréciation? Elle exprime que la monnaie métallique est rare par rapport au billet de banque. Donc, en admettant qu'il n'y ait pas eu excès d'émission -de billets, cette rareté provient d'une exportation de numéraire.
Dans cet état de choses, la Banque peut-elle rétablir Je pair du billet et de la monnaie métallique, en déversant dans la circulation une certaine quantité de monnaie métallique?
Pour résoudre cette question, je vais faire des hypothèses sur les quantités :
Je suppose qu'avant l'exportation du numéraire, l'équilibre entre la circulation monétaire et les échanges existant, cette circulation se composât de 4,300 millions décomposés comme suit :
Monnaie métallique 2,500 millions.
Monnaie billets de banque 1,800 —
4,300 millions.
Le pair du métal avec le billet existait par ce rapport de 25/i 8 réglant leurs quantités respectives.
Une exportation de 300 millions en espèces métalliques
survient, nécessitée, par exemple, par des achats Je grains à l'étranger.
La circulation se réduit aussitôt à 4,000 millions, décomposés comme suit :
Monnaie métallique 2,200 millions.
Monnaie billets de banque 1,800 —
4,000 millions.
Rapport nouveau 22/18, produisant la dépréciation du billet.
Dans ces conditions, je suppose que la Banque déverse dans la circulation 300 millions en espèces métalliques, en échange de 300 millions de billets qu'elle en retire. La circulation totale, toujours réduite à 4,000 millions, se décomposera comme suit :
Monnaie métallique . . . , 2,500 millions.
Monnaie billets de banque 1,500 —
4,000 millions.
Rapport nouveau 25/1 5, supérieur au rapport normal 2S/1 8 qui produit le pair du billet avec le métal. Donc, dans ce nouvel état de la circulation, le billet fait prime sur le métal.
On reconnaît ainsi, que, si l'exportation du numéraire produit la dépréciation du billet de banque, la Banque rétablira le pair du billet avec la monnaie métallique, en déversant dans la circulation une quantité de monnaie métallique inférieure à la quantité exportée, puisque si elle en déversait une quantité égale, le billet, dépassant le pair, ferait prime sur le métal. La quanti lé exportée doit être considérée comme
la limite supérieure de la quantité que la Banque doit déverser pour que cette exportation ne puisse déprécier le billet de banque.
De môme que la Banque devrait déverser une partie de ses réserves métalliques dans la circulation quand la rareté du numéraire ferait accorder une prime au métal, de même elle nourrirait ses caves d'espèces métalliques quand l'abondance du numéraire ferait accorder une prime au billet de banque.
Si donc la Banque de France dispose de un milliard, elle peut soustraire le pays aux effets de la rareté de la monnaie métallique (je ne dis pas de la monnaie), tant que l'exportation du numéraire n'a pas atteint ce chiffre; la Banque accorde gratuitement à la circulation métallique du pays un ieu de un milliard.
Le rôle de la Banque est donc de conserver toujours à la circulation, à l'aide du jeu de un milliard dont elle dispose, la quantité d'espèces métalliques nécessaires aux échanges.
Comme, néanmoins, la Banque, en déversant des espèces dans la circulation, en retire une somme égale en billets de banque, il en résulte que, tandis que la quantité de monnaie métallique reste constante, la quantité de monnaie totale diminue de plus en plus; la rareté des instruments d'échange se manifestant dans le pays, la loi de l'équilibre monétaire exerce son empire.
Ainsi, la loi de l'équilibre monétaire agit dès que les exportations de numéraire commencent.
Au contraire, la Banque de France, en déversant des espèces métalliques dans la circulation, suspend l'action de
LA LOI DE l'équilibre JkIÉTALLIQUE.
Pour le faire ressortir, je vais montrer l'obstacle qu'elle oppose aux trois tendances développées par cette loi :
La tendance à la variation du prix des choses ne saurait se produire ; la quantité d'espèces métalliques existant dans la circulation étant toujours à peu près la même, le métal conservera toujours à peu près la même valeur. Par la même raison, le commerce ne sera plus désormais affecté par les variations de la ciiculalion métallique; la rareté des instruments d'échange, et non la rareté du numéraire, sera son seul stimulant. Par conséquent, le commerce ne provoquera plus les entrées ou sorties des espèces métalliques que sous l'action des besoins réels de la circulation monétaire.
Quant aux causes qui poussent le commerce des métaux précieux à exporter ou importer, elles ne seront pas nulles, mais elles seront beaucoup moins énergiques. La France, quelle que soit la puissance de son organisation monétaire, n'est pas maîtresse de diriger chez elle les mouvements de numéraire nécessités par les besoins des nations étrangères. La loi qui tend à équilibrer la valeur des métaux précieux sur les marchés des diverses capitales, l'enchaîne aux destinées de la circulation métallique des autres pays; mais, du moins, elle peut soustraire chez elle la valeur de largent à cette mobilité incessante si favorable aux spéculations du commerce extéiieui- des métaux précieux. Lorsque l'argent
aura une valeur constante en France, le champ laissé libre aux opérations du change avec l'étranger sera devenu très restreint.
D'à illeurs ; le concours de toutes les nations pourra seul lui assigner des limites plus restreintes encore. Ce résultat sera alleint lorsque tous les pays seront organisés en vue de rendre la valeur de l'argenl aussi constante que possible; alors, en effet, l'équilibre monétaire étant à peu près atteint entre eux, les mouvements do numéraire de pays à pays deviiendront très rares.
A. V . t,a Banque pourra exercer ce pouvoir tant que ses réserYes ne
seront pas épuisées.
Dans les conditions nouvelles de la circulation monétaire, jamais, tant que la Banque exercera son rôle de régulateur, le numéraire ne sera abondant ou rare.
Par conséquent, les effets nuisibles dus à cette rareté ou à cette abondance, effets précédemment indiqués, n'auront pas lieu.
Cet état sera-t-il durable? La Banque pourra-t-elle toujours exercer le rôle que je définis? C'est ce qu'il importe d'examiner.
Quand le numéraire quitte un pays, j'ai déjà eu occasion de le dire, le plus souvent, le jeu naturel du commerce l'y rauiène au bout d'un certain temps. Si des causes accidentelles rendent cette exportation définitive, la force des choses,
la inarche des événements, les conditions nouvelles faites au commerce par cette diminution dans la quantité de ses instruments d'échange, font naître tôt ou tard un courant en sens inverse. Par conséquent, si la Banque de France déverse 2 ou 300 millions en espèces métalliques dans la circulation, on peut prévoir que bientôt un courant inverse lui permettra de refaire son encaisse.
Il faudrait un concours de circonstances exceptionnelles pour qu'une importation de numéraire ne vînt pas en un prompt délai contrebalancer l'effet d'une exportation importante.
Le cas doit cependant être prévu : si une certaine partie du capital de la France va se fixer à l'étranger, émigrant sous forme d'espèces métalliques, ainsi que cela eut lieu, par exemple, pendant la Révolution de 93, que devra faire la Banque?
Tant qu'elle n'aura pas épuisé son milliard, tant qu'elle pourra déverser des espèces dans la circulation, l'action de la loi de l'équilibre métallique, ai-je dit, sera suspendue.
Or, à mesure que la Banque entamera son milliard, la rareté de la monnaie totale se fera plus sentir; la loi de l'équilibre monétaire agira donc avec plus d'énergie, et cette action luttera de plus en plus contre la diminution de la monnaie totale.
A partir du moment où la force des événements l'emportera sur la puissance des ressources de la Banque, la loi de l'équilibre métallique commencera à exercer son action parallèlement à la loi de l'équilibre monétaire, dont l'action déjà énergique continuera à croître; la Banque n'aura plus rien à faire au point de vue de la circulation ; elle laissera le pays
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lutter, par une production plus active, contre la rareté de monnaie ; elle devra suspendre momentanément son action régulatrice; la situation, au point de vue métallique, sera ce qu'elle est aujourd'hui, puisque, sous le réijime actuel, cette action régulatrice n'existe pas; la Banque no pourra reprendre son rôle de régulateur que lorsque le numéraire sera de nouveau assez abondant dans la circulation pour lui permettre de reconstituer ses réserves.
Source el alimentation desi résierYeN de la Banque.
rinsiste sur les moyens naturels qui s'oiïr iront à la Banque pour constituer ses réserves et pour les alimenter au fur et à mesure de leur écoulement dans la circulation :
L'institution du cours légal a pour premier eOet, autant par l'extension naturelle de l'usage de la monnaie de banque que par l'émission des petites coupures qui doit favoriser cette extension, de faire affluer à la Banque toute la monnaie métallique, qui, dans la circulation, peut être remplacée par des billets de banque, quantité que j'ai supposé pouvoir être de 1 milliard.
Cette substitution est la source fondamentale des réserves de la Banque.
Il est à remarquer combien, sous ce rappoit, la France se trouve dans une situation plus favorable que l'Angleterre : en France, la substitution s'effectuera sans effort, sans dommage pour le pays. En Angleterre, pays qui ne possède que la quantité de monnaie métallique strictement nécessaire, indispensable, la Banque ne pourrait se constituer une im-
mense réserve métallique que si le pays acquerrait cette réserve au prix de son travail, au prix de ce que Ton a longtemps appelé une balance favorable de commerce.
Ces réserves étant acquises, elles ont un jeu dépendant de l'état de la circulation :
Quand une importation d'espèces produit l'abondance dans le nombre d'instruments d'échange, la Banque recueille Texcès de monnaie métallique pour le mettre en réserve et rend à la circulation une somme égale en billets. Rien n'est changé aux effets naturels que doit produire un excès d'instruments d'échange; mais la monnaie métallique est emmagasinée en prévision des temps de disette.
De même, quand une exportation de monnaie métallique diminue le nombre d'instruments d'échange, la Banque déverse dans la circulation le numéraire qu'elle conservait en approvisionnement, et en retire, en échange, une somme égale en billets. Rien n'est encore changé aux effets naturels que doit produire une pénurie d'instruments d'échange; mais le pays obtient, de la sorte, à titre gratuit, le numéraire que, en d'autres temps, il eût dû acquérir de l'étranger à titre onéreux.
Le rôle de la Banque, on le voit, n'est pas de modifier la quantité totale de monnaie de la France ; cette quantité est toujours réglée par le commerce, par les besoins généraux du pays. La Banque intervient au seul point de vue de la quantité de monnaie métallique.
A V 1 1 . I.'étendnc ûen {«errices que la Banqnc rendra à la elrcolatlon
dépendra, en réalité, des ressources en espèces métalliques dont elle disposera.
J'ai raisonné dans l'hypothèse oii il y aurait un milhard disponible à la Banque; sans rechercher jusqu'à quel point cette hypothèse sera vérifiée, il est certain que, par les raisons que j'ai exposées p!us haut, la Banque disposera, sous le régime du cours légal, par la diffusion de ses billets dans la circulation, d'un capital considérable on espèces. L'étendue des services qu'elle rendra réellement à la circulation sera proportionnée à l'importance de ce capital disponible.
I.es serTices seront moindres quand la conflanee en la Banque diminuera.
Je n'ai étudié la dépréciation du billet de banque, dans ce qui précède, qu'au seul point de vue monétaire, afin de mieux observer le phénomène dans ses rapports avec la circulation; mais la dépréciation peut être due à une cause différente, très énergique dans son action, à l'altération de la confiance publique.
J'ai montré que Fa confiance publique, à l'égard de la Banque de France, pouvait être assise sur des bases éminemment solides ; elle ne saurait cependant être mise à l'abri des événements, des préventions injustes, des fausses alarmes. La confiance ne saurait s'imposer; elle est libre; elle se manifeste librement. La confiance publique, à l'égard de la Banque, se manifeste donc par l'accueil fait aux billets; quand cette confiance est altérée, le billet tend à être déprécié.
Il résulte de cette tendance que si la confiance est entière,
la limite d'émission au-delà de laquelle la dépréciation du billet se manifeste est plus reculée que si la confiance est altérée. Ainsi, tandis que, en pleine confiance, la circulation devra se composer, par exemple, de quatre parties de métal et trois de billets, rapport 4/3, il faudra que ce rapport augmente proportionnellement à la diminution de confiance publique.
Dès que l'altération de la confiance publique produit la dépréciation du billet, la Banque doit suivre une ligne de conduite invariable : elle doit dépenser ses réserves en déversant aussitôt dans la circulation la quantité d'espèces métalliques nécessaire au rétablissement du pair entre le billet et le métal.
Qui sera victime de cette opération? En première ligne, le pays. Si le rapport de 4/3 entre les quantités d'espèces et de billets qui, je suppose, maintenait le pair de ces deux monnaies doit, par suite d'une altération de la confiance publique, être élevé à 4/5, à 5/5, à 10/5, les ressources dont la Banque pourra disposer en vue de venir en aide à la circulation seront diminuées en conséquence. Quant à la Banque elle-même, l'opération ne saurait l'atteindre d'une manière directe; que lui importe, en effet, que les espèces métalliques soient dans ses caves ou dans la circulation? Mais si elle n'est pas pure de tout reproche, si elle a commis des fautes, elle pouira être atteinte dans l'autorité morale, dans l'estime dont elle jouissait, dans sa puissance, dans son existence même.
Il importe donc aux intérêts de tous, que la Banque n'é-
coule pas ses réserves dans le seul but de consolider une confiance ébranlée. Pour qu'elle remplisse sa mission avec succès, pour que le pays recueille tous les bienfaits qu'il doit attendre de cette institution, il faut que le numéraire dont la Banque dispose soit essentiellement affecté aux besoins normaux de la circulation.
Quand le billet est déprécié, on doit toujours en conclure (|uil y a un excès de billets dans la circulation.
Quand le pair du billet et du métal existe, on est certain que le rapport harmonique de la quantité de billets à la quantité de numéraire est observé. ' '
La Banque doit donc être sans cesse attentive aux moindres variations qui peuvent survenir dans le change du billet avec le métal. Ce change est en tous temps le critérium infaillible des véritables besoins de la circulation monétaire; la Banque doit lui obéir passivement; quelles que soient les causes qui font déprécier le billet de banque, dès que cette dépréciation se manifeste, la Banque doit suivre une règle invariable : elle doit déverser des espèces dans la circulation, TANT qu'elle EN POSSÈDE, JCSQu'a CE QUE LE PAIR SOIT RÉTABLI.