Bonifay, op. cit., p
ae
sa
La balance des comptes algérienne est régulièrement créditrice de l'étranger (exportations de céréales, liège, alfa, minerai, phosphates, «exportation à l’intérieur » du tourisme, importation de machines agricoles et automobiles); mais alternativement créditrice et débitrice de la France.
La seule balance commerciale est en général débitrice. 100 à 150 millions avant guerre et bien plus maintenant.
Il semble donc que le franc algérien doive subir une dépréciation constante; et il n’enest rien, puisque lorsqu'un Algérien veut envoyer de l'argent en France il n’a qu’à prendre un mandat-poste ou s'adresser à une banque quelconque qui transmettra l’ordre à la Banque de lAlgérie, laquelle prendra elle-même un mandat-poste comme un simple particulier.
Ce résultat à pu être obtenu grâce au compte-courant : le mandat envoyé d'Algérie est payé en France, mais l’argent n’est pas exporté, la somme est simplement portée au crédit du compte-courant. Avant la guerre, le solde des mandats payés en France, sur celui des mandats payés en Algérie, a atteint 1.500 millions entre 1904 et 1913; la France les a utilisés pour des dépenses publiques en Algérie : entretien de l’armée, d’une partie de l'administration, annuités de chemins de fer, rentes, pensions: ou pour des dépenses privées, apport de capitaux métropolitains dans des entreprises de mines, construction... qui fécondent ensuite la Colonie.
Lorsque la banque manque de remises sur la Frances
A: ain
elle emprunte au trésor, c’est-à-dire qu’elle débite son compte-courant. Ces emprunts ne sont d’ailleurs pas gratuits; des tarifs, établis en 1911, par décision du Ministre des Finances, ont été révisés en 1920.
Les 20 premiers millions sont prètés gratuitement, et cela est juste car ils.représentent une avance gratuite faite en 1900, 1911 et 1918 à l’état français par la banque jusqu’au renouvellement de son privilège.
Le taux est le suivant
20-25 millions :.1 %,; 25-30 millions : ? % ; 30-60 millions : 2,5 %; 60-100 millions : 2,75 %; 100-125 millions : 3 %; au-delà de 125, taux moyen des bons du trésor du trimestre précédent, sans qu'il puisse être inférieur à:3,00%:
L'avantage de ce système qui supprime tout change est de faciliter énormément la circulation des capitaux entre la France et sa colonie. (Quel métropolitain aurait osé envoyer son argent dans la colonie, s’il avait eu, en outre des risques normaux,. à craindre l’aléa d’une perte au change toujours possible; ou bien alors à quel taux aurait-il fait payer son concours financier ? ».
L'intérêt payé au Trésor est la contre-partie de «cet avantage qui est fait ainsi au commerce algérien; en réalité c’est le Trésor qui en fournit les moyens et c’est la Banque Algérienne que les payet ».
Non seulement le Trésor français, mais aussi le Trésor tunisien mettent leurs fonds en dépôt à la banque;
rappelons-le encore, la Banque n’y tient pas du tout;