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c’est un sacrifice qu’elle fait àl'Etat dans l'intérêt des colons. |
Lorsque la balance des comptes de l'Algérie devient trop débitrice, les emprunts au Trésor enflent, le crédit du compte-courant aussi qui les représente, et les intérêts à payer sont par conséquent plus lourds. Il en est ainsi, en période de cours légal de la monnaie, soit quand la balance commerciale est trop mauvaise, soit quand les capitaux s’évadent d'Algérie, trouvant des placements plus rémunérateurs ailleurs; cela s’est produit en 1912, où la prospéritée causée par plusieurs années de bonnes récoltes avait engagé les colons à des dépenses de luxe considérables (importation d’objets de: Paris) et à des spéculations avec leurs capitaux qu'ils envoyaient en France; les dépôts dans les banques privées diminuaient, le portefeuille de la Banque d’Algérie s’enflait et son compte-courant du Trésor atteignit 214 millions le 31 janvier 1913 Elle décida alors de relever son taux d’escompte de 5°% à 6 %, ralentissant les demandes de crédit et attirant les capitaux étrangers ; le portefeuille se dégonfla, et peu à peu le comptecourant, revint à 139 millions le 11 août 1913.
- Depuis la guerre, le compte-courant a varié sensiblement, par suite de l'inflation, et du renversement de la balance des comptes.
L'Algérie, pendant la guerre, a participé aux emprunts et a acheté de nombreux bons de la Défense Nationale, pour lesquels l'Etat paie de très forts revenus annuels.
En outre, les dépenses des touristes français, des
exportations de récoltes abondantes la rendent en définitive (ainsi d’ailleurs que la Tunisie) créditrice de la France : voilà le compte-courant renversé, et les disponibililés de la banque vont être très grandes, d'autant plus grandes que l'inflation multiplie les sommes: les débiteurs métropolitains de l’Algérie- Tunisie prennent un mandat-poste, payant à la poste lenridette en francs français; ces sommes seront inscrites au débit du compte du Trésor à la Banque, qui devra payer par l'intermédiaire de ses guichets les créanciers nord-africains, et les payer en billets de banque. Mais les débiteurs français paient en francs-papiers, et les billets que fournira la banque de l'Algérie, devant avoir même valeur que ceux de France, seront forcément des francs-papier, d’où augmentation de la circulation; ainsi, par le canal du comple-courant pénètre l'inflation.
Remarquons encore que ces disponibilités de la Banque dans la métropole sont en bons du Trésor à 3 mois à 3,5 %, alors que les billets émis en représentation d'effets escomptés rapportent 6 % et 7 %; on voit ce qu’elle y gagne !
Pour leur faire rapporter un peu plus, elle peut escompler ces bons à la banque de France, et placer l'argent obtenu dans des banques, ou le prêter à intérêt à des correspondants métropolitains, ou encore, en temps de crise financière, le prêter au Trésor pour lui donner des disponibilités pendant quelques jours. Après 1922, l'Algérie ne fut plus autant créditrice de la France, de sorte que les disponibilités ont dimi-
nué!, permettant une légère compression de l'inflation, mais elles ont réaugmenté, particulièrement depuis la fin de 1995.
Lorsque le compte crédileur du Trésor s'élève, par suite des mandats à payer en France, on se hâte de le rembourser avec une partie des disponibilités, ce qui a le double avantage de réduire les intérêts versés par la banque et de lui permettre d'augmenter son portefeuille-escompte.
Depuis la guerre, le compte créditeur du Trésor est donc assez faible, ainsi que l'indique le tableau de sa situation aux deux échéances semestrielles depuis 1922, suivi du tableau des intérêts payés.
Le Gouvérnement de la Régence a aussi un comptecourant à la Banque de l'Algérie, distinct de celui du Gouvernement français, mais sur lequel peuvent être faites les mêmes observations.
Les soldes créditeurs représentent les fonds libres de la Colonie et du Protectorat, qui sont momentanément inutilisés: en 1918, les premiers se montaient à 18 millions, mais avec la dévalorisation de la monnaie
ils sont en moyenne plus élevés.
1. Nous n’en pouvons donner le chiffre, car utilisées souvent comme prêts temporaires au Trésor, elles pouvaient indiquer l’importance des besoins de celui-ci.
Rest or ne
Solde des comptes des Trésors Public et Tunisien.
Dates
Trésor public
Trésor Tunisien
1922 octobre. 63.747.888 11 10.368.626 33 1923. avril 34:857:858:48 L'41.2574952%83 octobre. 37,419.985 03 152.832.798 67 1924 avril 76.025.397 87 65.783.889 28 octobre. 80.001.665 16 103.871.232 60 19257.avral 120.811.127 51 :165.167.348-33 octobre. 159.783.016 23 237.377.540 05 1926 avril 39,909 54847109; 0902060972 octobre. : 30.248.073 37 47.879.872 24 1927 avril 29.945.381 06; 56:702:S13 #7 AOÛLE 7.:390:933-507 197988:026193
Intérêts payés par la Banque aux
Dates
AE
Trésors Public et
Tunisien.
4e trimestre 1er 2e 3e 4e 1er
4e jer 2e 3e Ae :
1er De 3e 4e 1er
: Trésor public
Trésor lunisien
59:935-57 209.964 87 169.880 31 315.057 65 594.993 58 605.180 44 228.695 40 334.889 58 413.789 16 092 DS 605.501 46 747.628 43 914.912 89 678.899 37 214.320 06
SAR à (HN Nous arrivons done à cette conclusion :
Quand la balance de l'Algérie est débitrice de la France, les emprunts de la banque au Trésor augmentent, donc les intérêts que celle-ci paye à celui-là ;
le portefeuille de la banque croît en contre-partie, il ÿ a inflation de crédits; la banque la réprime en élevant le taux de son escompte. Quand la balance est créditrice, les emprunts du Trésor à la banque aug- . mentent, les billets émis parla banque encontre-partie croissent, il y a inflalion de billels; la banque perd l’excès de l'intérêt produit par des billets représentés par des effets de commerce, sur l’intérêt produit par les billets représentés par des bons du Trésor; elle réprime cette inflation en comprimant les crédits et éle-
vant le taux ‘de l’escompte.