‹ La Banque De L'AlgérieChapitre 115 sur 122 · ROUES · texte numérisé non relu

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est fonction du climat ; si la récolte est abondante, on est sûr que « l’un dans l’autre » la vente des. céréales, de la vigne.et de la viande sera rémunératrice; les cours mondiaux influent bien, mais la crise qui peut atteindre l’une de ces denrées ne touche pas l’autre, et le cultivateur peut assez facilement changer ses productions. |

Aux Antilles et à la Réunion, la récolte de canne à sucre est à peu près constante, le climat, sauf cyclones accidentels, est régulier : mais les cours des sucres varient d’une façon extraordinaire avec la concurrence des pays à betteraves, l'ouverture ou la fermeture des marchés : si la vente est avantageuse, les remises sur Paris et Londres sont nombreuses, les clients de la banque remboursent les avances: les dividendes sont rémunérateurs ; s’il y a crise, les effets s'accumulent, les tirages sur Paris atteignent des primes élevées, les porteurs de billets se font rembourser, et la banque « doit protéger ses encaisses par des moyens empiriques ». Il y a, en effet, un manque d'harmonie entre des prêts decampagne, qui durent 9 mois et des ressources consistant en billets et dépôts à vue, surtout lorsqu'une grande partie des opérations est en prêts de campagne : les banques des vieilles colonies sont presque chroniquement sujettes aux crises de la Banque de l’Algérie en 1885, quoique cependant moins violentes car les prêts sont malgré tout plus courts et les imprudences moindres, l'expérience aidant 1.

1, En 1913, sur 44.060.000 d'opérations d’escomote, prêts el encais-

ements des banques des Antilles et de la Réunion, 7.700.000 fr., 18 % avaient trait à des prêts sur récolte pendante.

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Pendant la guerre et aussitôt après, le manque de concurrence permit aux banques de pratiquer de très fructueuses opérations d’escompte : on vit même les prêts sur les récoltes diminuer, car les revenus des planteurs augmentant, leur besoin de crédit devenait moindTers

Au moment de la crise mondiale de 1920-1921, les cours du sucre s’effondrèrent comme ceux des autres marchandises, de nombreuses faillites se succédèrent et parmi elles celle de la Maison Galmot qui avait des crédits très élevés chez toutes les vieilles banques celles-ci subissent alors des pertes importantes qui les

entraînent à la suppression de tout dividende.

B) Si les vieilles banques sont des organismes trop à l étroit, dans de petites possessions, les banques de l’Indochine et de l'Afrique Occidentale et tout récemment celle de Madagascar, ont un vaste champ d’action dont il semble qu’elles vont pouvoir utiliser toutes les occasions de profiter.

Pour se rendre compte du genre d'activité qu’elles ont menée, il faut signaler qu’elles doivent leur naissance à de grands élablissements de crédit : la banque de l’'Indochine, au comptoir d’'Escompte et au Crédit Industriel et Commercial: la Banque de l'Afrique Occidentale au Comptoir d'Escompte et la Banque de Madagascar à la Banque de Paris et des Pays-Bas : nous ne pouvons d’ailleurs juger cette dernière qui n’a pas

encore eu letemps de faire ses preuves.

1. En1919, les opérations deces 3 banques étaientpassées à 97. 500. 008 et les s,pEÈts sur récolte à 5.240.000 fr., soit 5 9

Vo.

19 La banque de l’Indochine, primitivement réduite à la Cothinchine et au Cambodge, a vu son privilège d'émission étendu à toutes les possessions françaises de l'Asie et de l'Océanie; sa sphère d'action comprend en outre Île Siam, Singapore et surtout la Chine: et elle peut émettre des billets dans les pays où l’émission en est libre.

Elle a la faculté comme les autres banques coloniales, de s'intéresser aux affaires industrielles. Par suite de son origine essentiellement privée, du soutien de la haute Banque française et de l'indépendance vis-àvis du gouvernement, la Banque de l’Indochine, tout en développant beaucoup le chiffre de ses escomptes, s’est tournée plutôt vers les opérations de change, et s’est mise à employer les disponibilités qu’elle tenait en partie de l’émission, pour le soutien de « sa politique lucrative de lancement d'emprunts et de participations industrielles sur le marché chinois ».

Les prêts sur récolte sont insignifiants : 123.000 des affaires en 1922. Les opérations de change sont près detrois fois plus importantes quecelles d’escompte,

avances, prêts et encaissements.

Les colonies françaises participent, en 1922, pour 40% : dans son activité, et cependant grâce à l’émission des billets, elles lui fournissent 56 % de ses disponibilités. Aussi a-t-on pu dire qu’elle «s'était considérée comme la Banque de Chine ayant des succursales en Indochine

plutôt que comme la banque de l’Indochine ayant des

succursales en Chine! ». Grâce à ses opérations de change très importantes qui lui procurent le plus clair de ses bénéfices, et à l’immensité de son aire géographique qui permet à des pays actifs de compenser les crises où se trouvent d’autres momentanément, elle n’a guère subi les atteintes de la crise de 1920-21, à l'inverse des vieilles banques, et elle vogue vers « des destinées de plus en plus brillantes ».

20 La Banque de l'Afrique Occidentale a suivi sensiblement les traces de la Banque de l’Indochine.

Les opérations de change représentent, en 1914, plus de 90 % de son activité. R ie

La Banque de l’Afrique Occidentale n’a pas, dans son ressort, de marché comme la Chine, où elle puisse lancer des emprunts et des entreprises : l’A. O. F.'est une colonie neuve, peu peuplée, surtout agricole, sans capitaux abondants; la banque n’a pas voulu imprimer d'impulsion décisive à son commerce, son industrie gt son agriculture : ainsi pas de prêts sur récolte, pas de compartiment d’affaires. | É ,

Certes, les déboires des vieilles banques coloniales et: de la Banque de l'Algérie, lors de la création des Comptoirs d’Escompte, ne permettent pas de reprocher à cette banque de ne pas avoir immobilisé ses dis-

ponibilités. Cependant, ses réserves qui sont des res-

1. Oualid, Le privilège de la Banque de l’Indochine et la question des Banques Coloniales. (Paris, 1923), p. 152. te

Voir aussi la séance de la Chambre du 1® octobre 1918, avec les ohservations de M. Outrey : «…. Il est inadmissible de voir dans nos colonies une banque privilégiée consentir à nos nationaux des crédits moindres dans nos possessions mêmes que ceux consentis à des étrangers en pays étranger, surtout lorsque l’argent ainsi avancé setrouve être l’argent de la colonie. » (Très Bien ! Très Bien | sur divers bancs.)

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sources propres, dont elle peut faire l’usage qu'il lui plaît,ne lui servent guère aux participations financières: en 1922, sur 10 millions de réserves, 40.000 fr. avaient celte destination, alors que nous avonsvu, par exemple, la très prudente Banque de l'Algérie engager toutes ses réserves mobilières dans les crédits d'exploitation agricole, et faire en outre detrès abondants crédits de campagne commerciaux.

Après une crise au début de la guerre, provoquée par les difficultés de transport et le manque de main-d’œuvre, la hausse des prix et le manque de concurrence provoquèrent un essor de la production africaine,en particulier arachide et caoutchouc ; les crédits pour leur exportation, et les opérations de change ont provoqué à la banque d'importants bénéfices qui n’ont fait que croi-

tre, malgré la crise passagère de 1920-1921.

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