Monnaie pesant 24,3 g. d'argent fin
2. Depuis 1908, il y a interdiction d’exportation de l’argent, de l’im- Rae de piastres étrangères et la frappe est réservée au gouvernement. ;
sans contre-partie, et se garantissant de la baisse des
changes par une couverture de métal argent.
C) L’Afrique Occidentale Française a un change semblable à celui des vieilles banques : par le jeu des remises et des traites, la banque transfère les disponibilités entre les colonies et la métropole, et entre les colonies françaises et étrangères et l'Afrique Occidentale. |
Mais les variations de la balance des comptes étant moins fortes que dans les vieilles colonies, celles des
changes avec la France le sont moins aussi.
D) La Banque de Madagascar réalise un système de changes avec la métropole semblable à celui de l'Afrique du Nord : on a probablement trouvé celui-ci si pratique et avantageux qu'il a été réalisé, pour Madagascar, dans une convention spéciale! entre le Ministère des Finances et les créateurs de la Banque, datant du 1e juillet 1925 ; cette convention à une durée de 3 ans, et se renouvellera pas tacite reconduction tous les ans à partir du 1% juillet 1928.
: Il est ouvert à la Banque, au caissier-payeur central,
un compte d'opérations débité des recouvrements et ! crédité des, payements effectués pour le Trésor dans la colonie.
La Banque y porte les disponibilités qu’elle se peut constituer, hors de la colonie, pour son propre
compte, le Trésor perçoit sur le solde débiteur des
1. Onsait que pour l'Algérie, il n’y a sur ce fait qu'un simple engagement par lettre du Directeur de la Banque.
eo
intérêts dont le taux est ainsi fixé : tranche de 0 à 20 millions de francs : Laux égal à celui de la redevance sur la circulation fiduciaire; tranche de 20 à 25 millions defr., 2 %,; de 2h à 30 millions, 2,5 %; de 30 à 35 millions de fr., 2,75 %: de 35 à 40 millions, 3 %: au delà, taux moyen des bons du trésor pendant le semestre précédent sans qu’il puisse être inférieur à 3 %.
Le taux peut d’ailleurs être modifié par décision du ministre des Finances après avis du ministre des Colonies et de la Banque, sans qu'il puisse excéder celui d’escompte de la Banque de France. : :
Le solde créditeur, s'il apparaît, reste en dépôt au Trésor, et bénéficie d’un taux qui ne peut être inférieur, d’uné part à 3 %, d'autre part au taux moyen des bons du trésor pendant le semestre précédent.
Enfin la banque peut prendre des mandats postaux sur France aux guichets des bureaux de poste dans les conditions où ïls sont régulièrement émis.
Ce système de compte-courant permet ainsi à la banque d'éviter toute prime de change entre les billets de la métropole et de Madagascar.
Ilest vrai, que ceux-ci sont entraînés dans les variations de ceux-là, mais n’en est-il pas de mêmé pour les autres-colonies qui subissent en outre des fluctuations entre la valeur même de leur monnaie et celle de la France.
:.Notre-conclusion sur la comparaison rapide que nous
avons pu faire entre la Banque de l'Algérie et les Ban-
ques Coloniales, nous semble devoir plutôt être à l’a-
US
vantage de la première : les banques coloniales où sont
à l’étroit dans un petit pays de ressources ni grandes
ni variées ou sont établies dans des régions pleines d’a-
. < aix = ; venir dont elles se soucient assez peu d'accroître la
mise en valeur. À
La Banque de l'Algérie a toujours fait de son mieux pour contenter les colons, et pour ne pas toucher au (principe sacro-saint » de la liquidité de ses ressources.
Pour les colons, elle a dispensé lés crédits de campagne, elle a largement ouvert l’escompte, elle a facilité la création d'organismes auxiliaires de crédit, elle a versé des sommes importantes destinées aux œuvres qui
enrichiront la colonie : elle a enfin supporté tout le
poids du Change.
Pas une autre banque coloniale ne peut se vanter d’avoir fait autant.
Les vieilles banques, on les excuse : avec de petits moyens, ballottées de crise des sucres en crise de rhums, elles ont certes fait de leur mieux, elles ont facilité aux colons les prêts sur récolte, remplaçant par des crédits le manque de main-d'œuvre servile; depuis 1919, elles font des redevances à l'Etat, qui n’atteindront peutêtre malheureusement pas leur but. Mais les banques de l Indochine et de l'Afrique Occidentale, si elles sont gérées au mieux des Intérêts des actionnaires, ne le sont pas dans celui des colons : il serait souhaitable, sinon qu'elles délaissent leur genre d'activité actuelle, du moins qu’elles ouvrent largement leurs crédits aux colons, crédits d’escompte et de campagne, qu'elles
s'intéréssent, dans la mesure où leur émission ne sera
pas compromise, aux affaires commerciales et industrielles du pays, qu’enfin elles abandonnent une partie de leurs gros bénéfices aux organismes de crédit spécialisé nécessaires à la colonie.
Le Parlement, en créant la Banque de Madagascar, a paru très nettement désirer l’engager dans cette voie : dépendance de la direction vis-à-vis du gouvernement, change supporté par la Banque; redevances importantes sur les bénéfices pour la colonie.
Espérons que toute son activité sera tournée vers l’aide aux colons de la Grand Ile et qu’élle sera suivie par ses sœurs aînées de l’Indochine et de l’Afrique Oc-
cidentale.