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à des émissions d'obligations, choisissant de préférence la métropole où se trouve un abondant marché de valeurs.
Pour les grosses industries susceptibles de se créer, il en serait de même; celles-ci ne seraient en somme .que des filiales des puissantes sociétés métropolitaines du Nord, de l’Est ou de la Loire: elles seules sont capables de mettre sur pied les hauts-fourneaux nordafricains; et pour les constituer et les entretenir elles n'auraient que faire d’une Banque industrielle de l'Afrique du Nord, excepté cependant pour y entreposer les fonds de roulement.
En Afrique du Nord, une banque industrièlle doit, à notre avis, se tourner d’un autre côté. +
La statistique nous a montréque,en Algérie, la transformation de matériaux importés était faible : seules réussissent quelques usines d’allumettes (il n’y a pas de monopole), de meubles, de vêtement, de chaussons, etc. Les pays vieux sont évidemment bien mieux adaptés quant à l'outillage et au personnel; il n’y a d’exception que pour les produits dont l'introduction à l’état fini augmenterait trop le prix : tonnellerie, cartonnage.
Par contre, sont très florissantes les ‘industries de transformation des produits agricoles.
Les caractéristiques sont les suivantes : d’abord et surtout, présence sur place des produits à ouvrer; faible force motrice mais main-d'œuvre abondante nécessaire, sans culture professionnelle en général très pous-
see.
Elles sont surtout exportatrices.
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Enfin, pour toutes, les cipitaux investis sont assez modestes et la Banque industrielle peut considérablement les aider par des participations et prêts à long et moyen terme.
En somme, une Banque industrielle ne doit pas chercher à couvrir l’Afrique du Nord de compagnies dirigeant des villes d'ouvriers et d'usines, mais, bien plus modestement, elle doit s’efforcer de développer les industries adaptées au pays, en particulier les industries agricoles qui ont encore beaucoup à faire pour transformer les denrées actuellement produites, et qui devront ensuite par leur activité même en susciter le développement : nous verrons que c’est dans cette voie que s’est engagée la Banque industrielle de l'Afrique: du Nord.
SECTION II. — LA CREATION DE LA BANQUE INDUSTRIELLE DE L'AFRIQUE DU NORD
L'idée de la création d’une Banque industrielle en Afrique du Nord est née avec la guerre : on sentait le besoin de tendre toutes les ressources de la France. vers la défense du territoire et on se disait, dans la métropole, quesi l'Algérie avait vu son industrie secondée par les efforts du Gouvernement, elle aurait pu mettre à la disposition de l'armée « des canons et des munitions ».
En Algérie, l'esprit était différent : Lout le monde
était d'accord pour créer une banque soutien de lPin- \ 1 ‘
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dustrie avec le concours de la Banque d'émission, mais quellesindustries exactement et dans quelle proportion ? L'Algérie, ignorante de ses propres ressources. se le demandait elle-même.
Une enquête fut décidée par la Banque de PAlgérie en mars 1916, qui chargea les présidents des Chambres de commerce d'Alger, Oran et Constantine, et le président du syndicat commercial algérien, d’établir un programme. £
L'enquête proprement dite fut effectuée par M. Laboubée, inspecteur de la Banque de l'Algérie, qui publia en 1917 son rapport, et proclamait que «tout est possible », le rapport indiquait d’ailleurs 14 prédominance très nette des industries — outre les extractions — traitant des produits agricoles ou des matériaux de construction. |
La guerre avait d’ailleurs provoqué un essor un peu factice de cette production, en éliminant la concurrence des pays étrangers, de sorte que l'Algérie pouvait fabriquer des objets autrefois importés et'en exporter même dans les pays de leur ancienne origine où l’activité était tournée vers les industries militaires.
On vit donc successivement les chambres de commerce algériennes et tunisiennes, puis les délégations financières, demander qu’à l’occasion du renouvellement de son privilège, la Banque de l'Algérie aide à la
création d’une banque industrielle.
1. Gerapport fut le document le plus exact et le plus complet sur l'in dustrie algérienne, jusqu’à la Statistique industrielle publiée par ordre du Gouverneur général en 1926.
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La Banque d'émission, toujours prête à favoriser l'Algérie, quand c’est en son pouvoir, seconda ces pro- Jets, el par lettre du 11 décembre 1917 au Ministre des Finances elle fixait les grandes lignes de la nouvelle Banque; d’après la lettre de 1917 le capital devait être de 10 millions, divisé en 50.000 actions libérées du quart. Les actionnaires auront un droit de souscription à raison de une action de la Banque industrielle de l’Afrique du Nord pour une de la Banque de l'Algérie.
Lors de la discussion sur le renouvellement du privilège à la Chambre, il fut naturellement question de la Banque industrielle de l'Afrique du Nord, prévue à l’article 8 de la convention : personne n’en rejetait le principe, mais le parti socialiste représenté par MM. Moutet, Barthe et Jean Bon, émit la crainte que ce ne soit une occasion pour la Banque del’Algérie d’accaparer les grosses affaires industrielles.
« En réalité, je crains qu’il s'agisse surtout de servir les intérêts d’un consortium qui entend monopoliser l’exploitation des entreprises industrielles de l'Algérie C’est ce monopole que vous concédez : vous lui faites verser 5 millions; elle vous donnerait bien davantage pour obtenir un bénéfice comme celui-là et pour avoir la haute-main sur cette Banque. Quel gage de profits futurs vous lui donnez en lui permettant de s'intéresser à une Banque industrielle! » à
M. Barthe présenta, à la séance du 10 octobre, un
amendement tendant à confier l’organisation de la