II. — La structure économique du pays
Or, il n’est point indifférent pour l’organisation du crédit agricole dans un pays, que la propriété soit
grande ou petite et que les rapports entre les. proprié-
Laires et les fermiers ou métayers soient basés sur les privilèges et prérogatives du droit féodal.
Une organisation efficace du crédit exige donc un attachement à la terre de tous ceux qui prétendent s’en servir, et pour cela il faut qu'ils travaillent tous en leur propre régie. .
Les pays dont la constitution économique est caractérisée par l'existence des grandes propriétés, se prêtent moins à cette organisation particulièredu créditagricole, l’organisation coopérative, que l'expérience a reconnue la meilleure. Par contre les pays de petites propriétés libres remplissent entièrement cette condition. Dans les premiers, le capitaliste propriétaire qui généralement ne cultive pas sa terre lui-même, n’a pas besoin de faire appel à ce crédit, organisé principalement pour les cultivateurs qui ne trouvent pas ailleurs des moyens financiers pour leur travail. Lui, au contraire, aura toujours à sa disposition le crédit nécessaire dans les banques ordinaires.
Dans les pays de petite propriété, cependant, rare est le cultivateur qui puisse avoir du crédit dans une banque. Ils sont donc tous sur le même pied, et tous ont un intérêt à s'organiser, à chercher un appui l’un sur l’autre, dans l’entr’aide qui constitue, comme nous : l’allons voir, le trait caractéristique essentiel de l’organisation du crédit agricole.
En Algérie, comme partout, on compte de gros et de petits propriétaires, mais presque tous exploitent euxmêmes, ce qui facilite beaucoup l'existence de crédit
agricole; en outre, la colonisation officielle qui procure
à de petits émigrants, des lots de terre gratuitement ou à faible prix, augmente de plus en plus, le nombre
des bénéficiaires possibles du crédit agricole.