III. — Les conditions climatiques
Longtemps l'imagination populaire en France se représentait l'Algérie comme une vaste plaine fiévreuse où le régime des pluies était des plus irréguliers, pays par conséquent impropre detoutesfacons à l’agriculture. Le développement et la richesse de notre belle colonie sont venus démontrer combien l’erreur était grossière - Cependant, il faut reconnaître, eneffet, que «le climat est sujet à des sécheresses excessives, qui, pouvant d’un coup ruiner les champs, et les vignobles, déciment les troupeaux, ne permettent pas d’espérer ces demirécoltes dont, entre deux bonnes, vit l’agriculteur européen!. » Quel découragement pour les colons de voir des récoltes pleines de promesses frappées à mort par une implacable sécheresse ! Que faire contre les éléments? Ce sont d’épouvantables famines comme en 1867, des disettes de blé dont la population indigène est surtout victime, et la ruine pour un grand nombre de colons. C’est, alors, que le rôle du crédit s’affirme, car on doit venir en aide à ces moments-là aux malheureux agriculteurs désemparés devant l’anéantis-
sement de leurs: espérances.
1. Joseph Chailley-Bert, article sur l’agriculture algérienne.Quinzaine Coloniale, juillet 1903.
«Le Crédit est un encouragement à la persévérance : il fait luire aux yeux du colon malheureux, l'espoir de temps meilleurs. Un crédit agricole bien organisé permet donc d’atténuer la rigueur de ces calamités publiques.» $
L'Algérie n’a donc pas le climat modéré des pays d'Europe, de la France en particulier. Elle ne jouit pas non plus du climat des autres colonies, où l’année se divise en deux saisons bien marquées : la saison sèche et la saison pluvieuse. Elle a encore à ce point de vu une situation tout à fait particulière.
Si, avec la chaleur desonclimat, l'Algérie avait des pluies régulières comme celles de l’Europe, ou abondantes comme celle des Tropiques, ce serait un pays vraiment trop privilégié; malheureusement, il n’en est rien; la répartition de la pluie est fort irrégulière et elle cause chaque année les plus vives appréhensions à l’agriculture. Dans les années sèches, M. Augustin Bernard a pu dire avec juste raison que certaines contrées sont presque des « steppes? » Un semblable régime des pluies réduit d’ailleurs considérablement les avantages que la culture pourrait tirer de la richesse du sol. | s
Nous ne pouvons terminer cet aperçu trop sommaire du climat algérien, sans dire un mot d’un phénomène spécial à ce pays, le sirocot vent d’origine saharienne et d’une influence désastreuse sur les récoltes, qu'il dessèche littéralemént. Il n’est pas rare