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Franconie, La transformation des banques coloniales

Chiérico fut nommé percepteur à Paris, et son renvoi fut dû à sa politique trop conciliante de l’avis du Gouvernement — quoi qu’en ait dit M. Garrot — avec les débiteurs non libérés. On le remplaça par M. Rihouet (16 mars 1897), Conseiller-Maïître honoraire à la Cour des Comptes, sans compétence banquaire spéciale, mais dont le titre était tout un programme : le Gouvernement manifestait ainsi que la Banque Algérienne avait plutôt besoin d’un Contrôleur que d’un homme d’affaires. M. Lafont continua son travail, et en 1898 proposa au Ministre de restaurer la Banque; il devint alors Directeur (18 mai 1898) à la place de M. Rihouet.

Cependant, une première loi du 18 juillet 1897 prorogeait le privilège provisoirement, pour deux ans, jusqu’au 31 octobre 1899; elle fut d’ailleurs vivement combattue par M. Viviani qui demandait la nomination d’une commission d'enquête.

Une seconde loi, en juin 1899, recula encore d’une année l’échéance du privilège au lieu de deux, comme le demandait le rapporteur M. Lemoigne. « Le Gouvernement, disait le Ministre des Finances, entendmarquer très nettement sa volonté de faire aboutir dans l’année un projet de loi réglant définitivement la question?. »

Le Gouvernement prenait, par conséquent, l’engagement d'apporter à très bref délai des propositions définitives, de mettre un terme à cette situation provisoire avant le 31 octobre 1900.

1. Cette disgrâce successive des deux directeurs du temps du crédit agricole de la Banque, sera une raison d'intérêt direct pour que les directeurs suivants se défient du Crédit agricole.

2. Cf. Franconie et Jaïs, La Banque de l’ Algérie et le Crédit agricole. (Tièse Paris 1902)

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Cette prorogation d’une année, le Gouvernement la Jugeait nécessaire pour que la Banque fût entièrement dégagée des embarras causés par les anciens errements. « Le Gouvernement estimait que le privilège ne pouvait être accordé qu'à un établissement dont la situation était absolument saine et liquide! »

La principale difficulté venait du Domaine. I] fallait le supprimer tout en sauvegardant l'intérêt de la Banque. Voici le procédé ingénieux que l’on imagina. Une Sociétése forma entre lesactionnairesde la Banque, au capital de 5 millions et prit le nom de « Société Domaniale Algérienne ». La « Domaniale » racheta le Domaine possédé par la Banque de l'Algérie, pour la somme de 8 millions. Il était pourvu au paiement du prix, tant au moyen des versements des actionnaires qu’au moyen d’un emprunt de 3 millions. Les termes du paiement avaient été échelonnés jusqu’au 31 décembre 1902.

« Dans cesconditions, écrit M. Cuniac, l’encaissement du prix du Domaine pouvait être considéré comme pleinement garanti. » |

A la vérité, en 1902, la société déposait son bilan.

La Banque avait d’ailleurs complètement apuré sa situation au moment,du vote de la loi de 1900 : ses réserves s’élevaient à 19.462.000 fr. au bilan du 31 octobre 1899: elles étaient réduites à 53.000 fr. le 31 octobre 1900. En somme l’expérience du crédit agricole avait coûté de nombreuses ruines aux Algériens et 20 millions à la Banque.

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