‹ La Banque De L'AlgérieChapitre 95 sur 122 · Cf. 1re partie, chapitre II · texte numérisé non relu

Cf. 1re partie, chapitre II

sa faute si la spéculation se mêle de faire monter ses actions; le fait que des agioteurs jouent à la bourse ne change rien aux conditions économiques, et on se trompe quand on croit que les bénéfices vont hausser aussi vite que les actions.

D'ailleurs, s’il en était ainsi, l'Algérie n'aurait qu’à y gagner, puisque la Banque lui cède plus de la moitié de nos bénéfices.

Enfin la banque déplore plus que personne l'inflation qui en accroissant nominalement ses revenus, les diminue en réalité.

En 1914, les actions valaient 2.200 fr.-or, donnant un dividende de 135 fr.-or; maintenant elles sont de: 7.000 fr.-papier, avec un dividende de £30 fr.-papier, ce qui, au cours de la livre à 125 fr. réduit les actions à 1.400 fr. et le dividende à 46 fr.-or.

Voilà des considérations, nota un jour le : irecteur Général avec une cinglante ironie, qui peuvent échappes à des agriculteurs qui vendaient le quintal de blé «5 fr. avant la guerre et plus de 150 maintenant, soit

30 fr; or:

Sous-section III. — L'attitude de la Banque de l'Algérie vis-à-vis d’une Banque Agricole.

Les colons disent : le projet actuel de la Banque

Agricole n'est-il pas contraire au principe même admis

par le Parlement pour l’organisation du crédit en Afri-

que du Nord?

F ’abord la Banque de l'Algérie refuse tout réescompte au papier des Caisses Régionales agricoles, même avalisé par la nouvelle banque.

On a donc essayé de faire de la banque agricole une. banque de réescompte, mais la Cie Algérienne et le Crédit Foncier, refusèrent de porter le papier à son réescompte. |

«Alors, c’est la suppression pure et simple du réescompte du papier agricole dans la colonie; la Banque Agricole étant seule à escompter le papier des Caisses Régionales, serait une simple banque d’escompte et non plus de réescompte. » Le rapport Ribeyre mettait pourtant bien en lumière, disent-ils, ces avantages de la Colonie :

a) posséder des banques d’escomple ayant larges disponibilités à Paris, partant indépendantes du crédit métropolitain ; |

b) avoir une banque de réescompte avéc monopole d'émission : à la différence de l'Egypte par exemple, sans banque centrale de réescompte, et asservie aux banques, donc aux crises de crédit de Londres. |

Que peut répondre la banque de l'Algérie ?

D'abord elle n’a jamais fait envisager au Gouvernement Général un large réescompte du papier agricole (conférences des 28 juillet et 26 septembre 1995).

Puis la conception d’une banque agricole spéciale à l'Algérie se trouve dans les rapports Ribeyre et Chastenet; d’ailleurs elle ne tient pas particulièrement à imposer une banque agricole.

Quant à l'Egypte, son exemple ne peut être comparé

avec l'Algérie : dans ce pays, les banques locales sont sous la dépendance de banques européennes : le pays souffre des crises de crédit qui, en atteignant ces dernières, touchent les premières,ce qui, au moment des

récoltes, cause une gêne considérablel.

Or, en Algérie, les banques ont des intérêts à la fois locaux et métropolitains : elles reposent donc sur des - ressources larges, pouvant les déplacer de la métropole dans la Colonie et vice-versa, suivant leurs besoins; et, si les conditions des échanges le permettent, la

banque de l'Algérie les aide sur place.

La banque de l'Algérie a permis d'accorder des crédits de campagne au commerce chargé d’absorber la récolle : ainsi elle peut lancer en circulation tous les signes monétaires réclamés par les échanges. Le système d’une banque agricole escomptant le papier d’exploitation agricole des petits colons et le conservant en cas

de mauvaise récolte ne modifie pas du tout ce régime.

Sous-section IV. —— Conclusion.

IH ya une confusion dans l'esprit de ceux qui traitent les questions de crédit agricole en Algérie : elle vient en partie de ce qu’on donne des appellations

inexactes à différentes opérations, et de la mécon-

1. Sur le crédit en Egypte, voir Avenol. Revue des Sciences Politiques, 1916,

naissance des règles instituées pour donner à chacun le maximum de garanties.

Le crédit de campagne peut être soit commercial, soit destiné à l’exploitation agricole :

Dans le premier cas, il est accordé à des commerçants, des industriels, des agriculteurs même se livrant à des opérations ayant un but mercantile et durant environ 9 mois, la banque de l'Algérie l’admet sans difficulté car il est représenté par une valeur réelle (hiule, pléretese)

Dans le second, il est consenti pour préparer les récoltes,la contre-partie n’est qu’une espérancede récolte, de valeur.

Si le cours forcé n’existait pas, l’immobilisation partielle du portefeuille n’enflerait pas la circulation elle est en effet réglée par les besoins des échanges el non du crédit.

S1 la banque émet trop de billets, ceux en surnombre lui sont rapportés pour échange contre du numéraire; donc si une partie des billets nécessaires aux échanges est représentée par des immobilisations, le montant des signes monétaires à la disposition de l’escompte est d'autant diminué; d’ailleurs, l'immobilisation rendant

incertain le remboursement à vue, ils perdent leur va-

leur et se déprécient.

C’est parce que les besoins de crédit du commerce coïncident avec la récolte, que la banque peut recourirà l'émission de billets pour donner aux échanges les moyens monétaires dont ils ont besoin; «qu’on le veuille où non, on est toujours ramené par la force des cho-

ses au point de vue monétaire »,

La banque est prête à laisser à l’Algérie-Tunisie, l'emploi des 24 millions d’avances à 2 %, comme elles l’entendent, mais elle les fournit sur sa fortune propre et ne veut en aucune façon engager la circulation de ses billets.

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