NOUVELLES NEGOCIATIONS
La question rebondissait donc et le Gouvernement général dut entamer avec la Banque de nouvelles négoclations.
Le 5 janvier 1926, la Fédération des Caisses régionales publiait un mémoire sur le « projet de création d’une Banque Algérienne de crédit agricole! ».
Les caisses déclaraient ne pouvoir se rallier au projet de banque que sous certaines conditions :
D'abord elle n’aurait pas de but lucratif, son capital étant rémunéré par un simple intérêt ;
Puis surtout elle réescompterait son portefeuille à la Banque de l’Algérie : les Caisses régionales devraient , conserver auprès des autres banques leurs cotes de réescompte, le papier remis à ces banques étant réescomptable à la banque de l’Algérie.
La Commission consultative decrédit agricole avait
d’ailleurs émis le vœu, le 28 décembre 1925, que le pa-
1. C’est en partie à ce mémoire que répondait le rapport de M. Barat- Dupont, cité au sujet des coopératives.
pier agricole soit réescomptable à la banque, dans la proportion, éventuellement, de «5 à 10 % de sa faculté de réescompte ».
Le 12 janvier, le Conseil de la banque accepta de porter l'avance au Goùvernement général pour la banque agricole, de 20 millions à 30 millions, et à la Tunisie de 4 à 6 millions!
En outre, la { ie Algérienne et le Crédit Foncier d’Algérie-Tunisie, faisaient savoir qu’ils étaient disposés à fournir chacun 5 millions dans un an.
La Banque d'Algérie accepterait bientoujours un peu de papier agricole, mais sous certaines conditions :
Au taux officiel? à 100 jours, soit des banques, soit des caisses et sans jamais aucun engagement de renouvellement. |
: Mais les colons repoussent avec mépris ces 30 millions que la Banque leur offre. Cependant celle-ci demande à la Colonie de faire par elle-même un effort, à l'instar de la Banque de France dans la métropole.
Sur les 62 millions versés par la Banque de France, en redevances au premier semestre 1925, 53 ont été au crédit agricole, 4,5 aux banques populaires et 4,5 au crédit à l’artisanat; la banque propose une enquête d’inspecteurs des finances qui détermineraient l’emploi des 100 millions qu’elle a versés depuis 1900, la somme qu'il serait possible d’affecter au crédit agricole
chaque année sur le produit des redevances et enfin
1. C’est le maximum que la banque estime possible; elle ne peut préter que ses réserves, et celles-ci sont de 71 millions, dont la réserve immobilière qui s'élève à 34 millions, :
2. On se souvient qu'à la suite de l’accord 1921, le papier réescompté était à un taux inférieur de 1,5 % à l’officiel,
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les besoins réels des petits colons, caisse par caisse : le Gouvernement accepte l’enquête, mais refuse catégoriquement de changer la destination actuelle des redevances.
On s’entend cependant sur un point : les coopératives de tabac, alcools, etc... pourraient être considérées comme industrielles et commerciales : leur papier serait pris par l'intermédiaire des autres établissements.
Les Colons réclament toujours une fiche de réescompte de 25 millions environ à la Banque de l'Algérie, car les besoins du crédit agricole sont estimés à 110 millions?; et les ressources sont : 35 millions pour les Caisses régionales; 46 pour la banque agricole (36 venant de la: Banque de l’Algérie, 10 de la Cie Algérienne et du Crédit Foncier Algérien-Tunisien) : « avec une souscription des colons, répond la Banque de l'Algérie, onarrivera facilement à constituer à la Banque agricole des ressources suffisantes pour escompter ».
Mais les colons ne veulent pas, la Banque agricole leur a toujours paru un présent. un présent de Danaen; c’est, nous nous excusons de le répéter encore, mais ils l'ont dit si souvent, c’est la Banque de l'Algérie qu'ils veulent comme banque agricole, et s’ilsnesentent pas soutenue par elle toute autre banque agricole, « on ne trouvera pas un centime pour l’aider ».
Il leur faut absolument une fiche de réescomple.
La Banque de l'Algérie le peut facilement, disent d’abord les colons : «la banque a avancé en 1917, à l’AI-
gérie, une somme égale au solde créditeur du Trésor,
2, Ilsl'étaient à 80 en 1925, mais l'inflation a accru les besoins de numéraire.
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soit 18 millions, or il est passé fin 1925, à 160 millions : donc la banque peut être moralement tenue de les avancer à la colonie, ou tout au moins de nous ouvrir une fiche d’escompte de 142 millions ».
Cet argument est facile à réfuter, à l’aide des travaux préparatoires : l’avance gratuite doit être limitée par: a) le montant du dépôt sans intérêt, du Trésor de la Banque; b) la moyenne des fonds libres de la colonie versés au comple-courant.
Or si la moyenne des fonds libres atteint 160 millions, le montant du dépôt sans intérêt ne dépasse pas 20 millions, donc la banque n'est tenue à escompter que 20 — 18 — ? millions.! |
Mais les colons ont une autre raison bien meilleure et d’ailleurs assez justé que déjà nous avons exposée : si, les banques intermédiaires acceptent du papieragricole c’est qu’elles savent pouvoir le réescompter à la Banque de l’Algériee; du jour oùcelle-ci n’en voudra plus, elles ne l’accepteront pas, et la Banque agricole, réduite à ses seules forces, ne pourra pas escompter tout le papier agricole.
La Banque de l'Algérie sent toute la puissance des colons soutenus par l’administration et les parlementaires algériens, elle est lasse de la lutte, et n’est pas, par principe, hostile à ces «enfants terribles » d’Algériens; elle pense qu'après tout,en s’entourant des plus nombreuses garanties el en n’engageant que très faible-
ment sa circulation, elle peut leur céder, puisqu'ils ré-