‹ La banque libre; exposé des fonctions du commerce de banque et de son application à lChapitre 14 sur 30 · XVII. Conclasion de R^asI · texte numérisé non relu

XVII. Conclasion de R^asI

« La libre concurrence en matière de banque est un danger que ne peuvent tolérer les lois d'un peuple civilisé. » Pourquoi donc deux pays, qui sont sans contredit au premier rang des peuples civilisés, l'Ecosse et la Nouvelle* Angleterre, ont-ils admis , aimé et admiré pendant si longtemps cette libre concurrence? Se sont-ils trompés lorsqu'ils ont considéré leurs banques libres comme

LA BANQUE LIBRE. o5

un des principaux instruments de leur civilisation? lorsqu'ils ont attribué à ces banques le mérite d'avoir constamment choisi et encouragé, élevé les entrepreneurs les plus capables et les plus distingués? Est-il admissible que des peuples entiers se trompent dans l'appréciation de ce qui se passe tous les jours dans leur sein? qu'ils méconnaissent pendant un siècle entier leurs intérêts les plus immédiats et les plus clairs, à ce point qu'on doive leur préférer Topinion d'un personnage qui fut sans doute jm publiciste et un professeur distingué, mais qui fut aussi pair de France, lié à une secte politique amie de la Banque privilégiée, et ne toucha de sa vie à la pratique des affaires commerciales ? Nous ne pouvons le penser.

Rossi lui-même, d'ailleurs, agissant, non plus comme pair de France, mais comme membre de l'Institut, était bien moins affirmatif contre la liberté des banques. Il y voyait un problème à poser et à résoudre, comme on peut s'en convaincre en Usant le programme qu'il rédigea lorsqu'il fit proposer cette question comme sujet de prix par l'Académie des sciences morales et politiques.

Les banques ont cela de commun avec tous les instruments perfectionnés de la civilisation, qu'elles ne peuvent rendre tous les services qu'on est en droit d'attendre d'elles qu'autant qu'elles sont maniées par des hommes très-intelligents, au milieu d'une population intelligente

et éclairée. Mais elles ont aussi cette propriété, que leur action développe l'intelligence et fomente les lumières de

la population. Non-seulement donc la liberté des banques n'est pas un danger, mais elle est un avantage; nonseulement elle peut être tolérée, mais elle doit être consacrée et assurée et devrait au besoin être encouragée par les lois d'un peuple vraiment civilisé.

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