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XXXIY. foinineiit KVtahlirnit le crédit a&:i*icole.
Reste à voir comment les banques de circulation libres seraient mises au service de l'agriculture. Car il ne faut pas se dissimuler que les habitudes et le raisonnemenf les entraîneraient d'abord vers les grands centres commerciaux : tant qu'elles pourraient iaire avec le commerce de gros dividendes, elles ne mettraient pas le pied hors des villes.
Mais les banques, si elles étaient libres, subiraient, comme toute autre industrie libre, les eiïets de la concurrence. Lorsqu'elles auraient réuni un capital considérable, elles éprouveraient quelque difficulté à lui faire rapporter de gros intérêts et seraient réduites à chercher les moyens d'augmenter leurs revenus en étendant leurs affaires et en perfectionnant leurs services.
Alors elles observeraient que, si les campagnes n( fournissent qu'un petit chiffre d'opérations lucratives elles peuvent donner des dépôts considérables, à causf du grand' nombi'e de petites sommes qui y restent.san: emploi. En outre, les campagnes privées de banques n< vendent leurs récoltes que contre espèces métalliques et pour obtenir ces espèces, le commerce des villes es réduit à faire, dans certaines saisons, de copieuse
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saignées à l'encaisse des banques, ce qui oblige celles-ci à s'engager dans des frais considérables pour maintenir leurs billets en circulation. Enfin , si les opérations d'escompte que fournissent les campagnes sont peu abondantes, elles sont partout susceptibles d'une grande augmentation .
Ces faits observés, la conclusion se présente d'ellemême : il faut porter des succursales dans les campagnes. Ces succursales, placées à une médiocre distance de la banque centrale, coûtent peu à établir. Elles procurent à la compagnie: r des dépôts peu coûteux, plus stables que ceux des villes; 2" une circulation de billets plus étendue et plus stable; 3" une diminution de l'encaisse métallique nécessaire pour soutenir la circulation des billets ; ^'^ une somme minime, mais susceptible d'accroissement d'affaires d'escompte et de recouvrements ; 5" pour les banques dirigées par des hommes éclairés, les succursales présenteront l'avantage de fournir un champ d'exercice aux jeunes employés capables de s'élever aux emplois dirigeants.
On peut donc affirmer que la liberté des banques de circulation jetterait dans les campagnes de nombreuses succursales, parce que l'intérêt des banques l'exigerait de la manière la plus impérieuse. On peut être assuré en outre que ces succursales placées dans les campagnes rechercheraient les alTaires très activement et établiraient une sorte d'enseignement économique, afin de bien faire comprendre aux cultivateurs l'avantage de ne pas garder
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chez eux d'argent inutile, de recevoir, recouvrer et payer par l'intermédiaire des banques, d'augmenter et d'activer le roulement de leurs affaires et d'apporter en tout l'habitude de raisonner et de compter. Cet enseignement serait sans aucun doute un des bienfaits les plus importants de la liberté des banques.
Utopie! dira-t-on. — C'est possible; mais cette. utopie a été réalisée dans le monde. Les conjectures que nous venons d'exposer ne sont autre chose que l'histoire des banques d'Ecosse. Depuis un siècle et demi que ces banques existent, elles n'ont pas cessé de travailler à l'occupation de toute la surface du pays, de telle manière qu'il n'est pas de contrée, quelque pauvre qu'elle soit, qui échappe à leur action. Elles ont partout des succursales et leur popularité est telle, que tout paysan écossais sait mieux se servir d'une banque que la plupart des |)remiers commerçants de Paris.
Les banques écossaises, d'ailleurs, toujours désireuses d'augmenter leurs affaires, sonttoujours en quelque sorte occupées à la recherche des capacités. On sait qu'elles sont habituées à accorder, sous les garanties d'un cautionnement, des crédits à découvert aux jeunes gens qu'elles supposent intelligents, laborieux et honnêtes, et il est peu de contrées d'Ji^cosse où l'on ne cite des fortunes considérables qui ont eu pour origine un crédit de ce genre.
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