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J. Lefort aussi est ce celui que nous donnerons tout entier ici étant donnée son importance (ie A
De ces diverses données qu’il nous soit permis de retirer quelques enseignements : « De l’ensemble des notions qui « précèdent il’est impossible de ne pas reconnaître que dans « la combinaison complexe et particulière des éléments des « eaux minérales, il y a quelque chose qui nous échappe, « un secret de la nature qui leur donne une vertu que les « eaux artificielles ne sauraient atteindre ni imiter ».
« Un bain de Barèges, dit Armieux, ne contient que quelques grammes de sulfure de sodium et quelques milligrammes d’autres principes, et l’on en obtient des effets que ne produiraient des doses centuples de médicaments analogues, c’est ce qui me fait admettre une « vitalité» propre des eaux. La chimie détruit tous ces mystères que la raison repousse, mais elle n’a pas encore sondé totalement les profondeurs de cette arcane ; nous avons les éléments, mais c’est l'agrégation, la combinaison spéciale que nous ne pouvons découvrir et qui en font sans doute la puissance » (2).
(1) La première analyse en fut présentée par Duclos à l’académie des sciences en 1670. Depuis grâce aux progrès croissants de la chimie il a été fait de nombreuses recherches de moins en moins imparfaites. Nous devons citer parmi les auteurs qui ont analysé ces eaux les travaux de Lonchamp, d’Ossian Henry, de Boullay, de Fontan, d’Ossian Henry fils. Citons également les savantes et patientes recherches de Fégneux, pharmacien-major à l'hôpital militaire de Barèges qui expérimenta en 1869, 70 et 71.
(2) Nous savons que l’on tend actuellement à considérer nos eaux minérales non point comme un soluté de sels divers, mais comme une combinaison chimique propre qui vient de se faire récemment: L'eau peut donc être considérée comme un métal à l’état naissant et animé de ce fait de propriétés réductrices particulières. Elle se comporte donc comme les solutions colloïdales d’Au, d’Ag, de Pb, de Cu, etc., qui sont d'autant plus actives qu’elles sont plus récentes et qui, avec le temps, finissent par perdre leurs propriétés diverses. Elles agissent par les ions + ou — fixés sur leurs micelles et qui, libérés, neutralisent les ions toxiques de l'organisme qui sont de sens électromagnétique différent. Les eaux thermales fournies par l’action à très haute température de l’H. sur des sulfures et sulfates alcalins forme H2 O. Mais cet H° O n'est pas de l’eau ordinaire. D’après les idées récen-
La chimie découvrira-t-elle beaucoup plus ? Cèdera-t-elle le pas aux méthodes biologiques beaucoup plus fines ?.…
Quoiqu'il en soit nous n’aurions garde d'oublier que ces eaux contiennent autre chose que les sels signalés ci-dessus. Depuis les remarquables travaux de Curie, Rutherford, etc., nous savons que l’électromètre révèle dans l'atmosphère confinée où stagnent nos eaux sulfureuses des forces nouvelles : actions radio-actives dont on nous signalait encore récemment l'effet énergique sur les échanges de l’économie (1).
Cette puissance nouvelle est due à un gaz spécial l’Emanalion, provenant de l’hélium non radio-actif (Ramsay et Sodi) dérivant lui-même du radium. L’émanation se détruit en donnant le radium À qui précipite à l’état solide sur les objets placés dans l’émanation et qui se convertit en radium B, puis en radium C. Rutherford a suivi la transformation jusqu'au radium F, identique au Polonium mais au cours
tes qui veulent que l’eau liquide ne réponde plus à H? O0 = 18, mais à un polymère de H? O tenant en solution O et H dilués à l'infini, l’eau minérale n'aurait pas eu le temps de se polymériser et porterait en suspension des molécules d’O, d'H, de S et de ses sels à puissance ionisante énorme. Or une solution a un pouvoir ionisant dont la grandeur est en raison inverse du degré de solution du corps dissous. Il n’est donc pas étonnant que les eaux minérales de Barèges dont la dilution est infime aient un pouvoir énorme. Qu'il nous soit permis de retracer l'expérience qu’un savant fit sur lui-même à l’aide de l'héroïne. Ce savant remarqua que pour atteindre l’euphorie il lui fallait employer une dose N. Or, en employant des solutions de plus en plus étendues Ne aNS SIN EN AT : : à à ;
D oo er il arrivait cependant à des résultats identiques sinon augmentés. Des doses infimes agissaient donc de même manière que des doses élevées — était-ce par leur pouvoir ionisant ? au même titre que nos eaux sulfureuses ? En tout cas cette action de sels dilués à l’infini ne nous permet-elle pas d'établir un rapprochement entre la thérapeutique par les eaux minérales et les anciennes théories homéopathiques.
(1) Action de l'émanation du Radium sur l'Uricémie. Ch. Ménard. — Communication faite à la séance extraordinaire de la Société d’hydrologie et de climatologie de Bordeaux et du Sud-Ouest, 29 et 30 avril
de ces désintégrations successives quelles quantités énormés d'énergie ces corps ne libèrent-ils pas en vibrations éthérées, lumineuses, calorifiques ou semblables aux rayons X. Ce gaz émanation est accompagné d’autres gaz rares tels que l’hélium, le thorium, l’actinium, etc., qui forment avec l'azote la plus grande quantité des bulles de gaz que l’eau laisse dégager. On les isole en s’aidant de la propriété qu'ils ont d’être absorbés par le charbon de noix de coco en quantité inégale, et par les caractères spectraux particuliers à chacuns d’eux.
Ces gaz empreignent non seulement le milieu de nos Barégines mais aussi l’air de la station qui devient ainsi radio-actif. Le baïigneur vit donc dans une atmosphère entièrement saturée de vapeurs non seulement sulfureuses mais radioactives et fait une cure identique à celles pratiquées dans les salles d’inhalations.
Nous n’insisterons pas sur les effets de cet adjuvant de la cure.
Les théories actuelles sur l’origine des eaux thermales nous permettent d'étendre très loin les hypothèses suggérées par leur complexité. Depuis longtemps ces eaux spontanemment chaudes et à odeur hépatique ont exercé la sagacité des chercheurs. Dèsle Moyen Age, Rabelais déjà, s’intéressait à leur origine. Parmi les principaux auteurs qui ont écrit sur ce sujet citons Descartes et Laplace avec la Loi du Degré Géothermique, Daubrée avec la Loi de la « Capillarité ». Delaunay de l'Ecole des Mines soutient la Loi du Degré Géothermique. Elie de Beaumont en 1847 leur attribue une origine volcanique. Nous arrivons enfin à la théorie de Gauthier qui divise les Eaux Minérales en deux catégories : Eaux Météorique d’origine superficielle et Eaux Vierges, venant des profondeurs. Celles-ci seules nous intéressent et présentent Îles caractéristiques suivantes : 1° elles sortent de failles à minerais en rapport avec des filons métalliques ou éruptifs, elles sont en rapport avec des régions volcaniques (Auvergne, Pyrénées, Amérique). 2° leur température est constamment
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chaude (elle peut atteindre 81°,2 comme à Chaudes Aygues). Cette température est cependant sujette à des variations. « En dehors du cas où des tremblements de terre ont amené une perturbation brusque dans le régime des sources, celles captées dans des conditions les mettant à l'abri de tout mélange avec les eaux superficielles, n’éprouvent que de faibles changements de température. Les divergences considérables que présentent les déterminations faites sur une même source par quelques observateurs peuvent tenir en partie à l’imperfection des instruments en partie aussi à des erreurs dues à la difficulté de faire une bonne lecture du thermomètre dans les galeries souterraines » ; et cependant on peut bien admettre des erreurs de quelques dizièmes de degrés, mais des savants ne peuvent pas commettre une erreur d’un degré entier.
« Comment du reste mettre sur le compte du chimiste ou de ses instruments des différences qui s'élèvent jusqu’à 5° comme celà est arrivé pour la source du Rossignol à Ax ? La source La Chapelle à Barèges a fourni aussi des observations discordantes car la différence s’élève à 3° 25 ». L'influence des infiltrations est notoire et nos sources sont surement, à l’époque des grandes pluies, atteintes peu ou prou, par l’infiltration ; et ici intervient la dispositon spéciale de la « Dalle » étudiée dans le précédent chapitre, dont la disposition en lames verticales conduit aussi bien l'ascension de l’eau minérale qu’elle aide l’infiltration des eaux pluviales et d'arrosage (1). Il est du reste, un fait certain : sous les murs de soutènement de la venelle des thermes, à quelques mètres à gauche de l’ancienne Chapelle dont on voit encore les restes, se trouve un tunnel de captation d'eaux minérales, ce tunnel renferme 3 Griffons : Chapelle, Saint-Roch et
(1) Le mélange des Eaux extérieures avec les Eaux minérales peut avoir lieu quelques fois à de grandes profondeurs puisqu'on voit, à Bagnères de Luchon, des sources augmenter considérablement de volume, au moment des grandes fontes de neige, sans que leur température baisse d’une manière sensible (Filhol).
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Louvois. Or les eaux captées par ces Griffons subissent ainst qu'il ressort des prises de température faites par nous en 1920 et que nous avons comparées à celles prises par Fontan en 1853, Armieux en 1870, Betous en 1895, des variations assez élevées de calorique (1) ainsi que nous l'avons vu pour la Chapelle. La raison en est simple écoutons plutôt Lomet qui avait remarqué le fait An III de la République. « Immédiatement au dessus de l'issue des Sources, le rocher est couvert de maisons, de granges, et surtout de prairies. On a observé que l'irrigation périodique de ces prairies refroidit et alière les sources. Celà doit être. La situation presque verticale des bandes du rocher est tout à fait propre à retenir les eaux et à les conduire le long des failles jusqu’au passage des sources ».
3) Les eaux vierges ont un débit rythmé, mais à pulsations de courte durée et constant par 24 heures : ce débit et la température ne présentent aucun rapport avec la température ambiante. |
Elles contiennent toujours des métaux et des métalloïdes tels que : Bo, As, Ph : Si, F1, C1, Br, I, Cu, Fe, Sulfures de NH, de K, de Na, N, argon, néon, hélium et toujours H. libre ; pas de carbonates terreux.
Et lorsque nous abordons l'étude de la minéralisation de ces eaux quel vaste champ d'investigation ne s’offre-t-il pas à nous. Nous sommes du reste ici en pleine hypothèse car nous ne sommes les témoins que du dernier acte de la réaction qui se joue dans les entrailles de la terre.
C’est donc dans ces eaux naturellement chaudes que nos Barègines vont se développer et former les zooglées qui font le sujet de cette étude.
Elles se développent principalement dans les canalisations où l’eau stagne un certain temps : dans les piscines, les
(1) Conférer : Ramond. Observations faites dans les Pyrénées etc... page 22.
réservoirs à eau tranquille. Leur action corrosive sur les réservoirs et conduites est manifeste. Ce pouvoir destructeur est très peu apprécié de MM. les directeurs des Thermes et il ne faut donc pas le mettre uniquement sur le compte de l’eau sulfureuse ainsi que nous l’entendions émettre encore dernièrement par des savants peu avertis. Du reste il est facile de prouver ce rôle corrosif de la Barégine dans les réservoirs où elle stagne le plus ; elle favorise ainsi l’attaque par H?S. Exemple : le réservoir de la source Fond est un véritable bouillon de culture de Barégines, aussi renferme-t-il des tuyauteries et des robinets complètement rongés. De . même, ne pouvant séjourner dans la colonne ascensionnelle qui va des Griffons aux réservoirs, l’eau y étant continuellement en mouvement, la barégine n’a pas eu le temps de les attaquer. [Il n’en est pas ainsi dans les tuyauteries qui vont des réservoirs aux baignoires (où l’eau ne s'écoule qu’au moment de l’utilisation) ; ces conduites nécessitent tous les ans d’onéreux travaux de réfections.
Il serait cependant funeste d'enlever la Barégine qui pousse librement dans nos eaux minérales car, si le microscope et la chimie nous révèlent leur action sur les principes sulfurés, qui nous dit que leurs gels et leurs protolasmas ne sont pas le lieu de réactions spéciales, d'actions intimes sur des métaux encore imparfaitement connus, le lieu d'élaboration de ferments oxydants et autres qui, incorporés aux eaux, leur donnent leurs caractéristiques ? Il résulte de ce concours d'actions que la barégine transforme l’eau minérale et que les eaux de Barèges proprement dites sont des eaux remaniées par ces infiniment petits auxquels elles servent de bouillon de culture. Qui nous dit que ces eaux ne seraient point changées au détriment de la thérapeutique si on touchait à ces algues ?
Du reste détruire la Barégine est aussi illusoire que dangereux car le nettoyage pour être complet demanderait une véritable stérilisation impossible à réaliser.
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Nous voyons bien maintenant l'utilité qu'il y avait à faire précéder l'étude des Barégines d’une description un peu longue peut-être mais combien indispensable du milieu nutritif qui les. supporte avant d'aborder leur étude macrocopique et microscopique.
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