‹ La Barégine: Des Eaux Sulfurées Sodiques De BarègesChapitre 29 sur 45 · MATIÈRES TERNAIRES · texte numérisé non relu

MATIÈRES TERNAIRES

La Barégine ne contient pas seulement des matières azotées ; si celles-ci sont en grande quantité dans la zooglée et en constituent l'élément noble, vivant, il n’est pas moins vrai que la Barégine contient aussi une proportion élevée d'éléments ternaires, plus ou moins solubles dans l’eau et sécrétés, nous le verrons, par des micro-organismes.

La substance ternaire « rappelle pour Henry la nature de - la cellulose, où des composés analogues : l’acide azotique plus ou moins concentré, versé sur la Barégine, donne lieu à la formation d’acide oxalique et par suite, démontre l’existence d’une substance ternaire : la cellulose ».

Cet acide oxalique, nous l’avons mis en évidence, par les sels de chaux et les sels ferreux.

Traitée par le réactif de Schweizer, la Barégine ne se dissout que faiblement, n’abandonnant par conséquent que peu de cellulose. Elle se colore très légèrement en bleu violacé, sous l’action du chlorure de zinc iodé,. surtout lorsqu'on l’a débarrassée des composés pectiques.

La Barégine contient donc de la cellulose, mais en faible quantité.

La membrane cellulaire des cellules végétales n’est pas, comme nous d'a appris Mangin, uniquement formée de cellulose pure. Elle est accompagnée en général de composés pectiques, mal définis encore au point de vue chimique (1) qui constituent le fond de la Barégine inorganisée.

Ces corps provenant probablement de la membrane de certaines variétés de micro-organismes producteurs de Barégine, sont voisins des hydrates de carbone. Ils s’en éloignent cependant par les produits qu'ils fournissent, lorsqu'on les traite par NO*H. Il se forme en effet de l'acide mucique, re-

(1) Mangin, .— « Recherches anatomiques sur la distribution des composés pectiques chez les végétaux ». Journal de Bolanique, 1891-92-03.

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connaissable à ses cristaux, alors que les hydrates de carbone donnent de l’acide oxalique (1). Les composés pectiques sont insolubles dans le réactif de Schweizer et ne donnent pas de coloration avec l’iode : (ils sont sensiblement identiques aux gels donnés par le carragahen, et l’agar-agar, de même nature que la substance des méats intercellulaires et des cadres d'union des cellules de Mangin).

Ce sont eux qui forment le résidu resté sur le filtre, lorsqu'on traite la Barégine par le réactif de Schweizer.

Ces substances sont rangées en deux séries de corps : les corps acides et les corps neutres.

« Dans chacune de ces séries, se trouvent des substances variables suivant les plantes et de solubilité fort différente, mais dont la plupart se gonflent dans l’eau, en absorbant une certaine quantité de liquide. »

Nous nous expliquons ainsi la présence dans les eaux de Barèges de deux substances : l’une insoluble, qui forme « la matière organique en état de suspension » dans les eaux sulfurées et constituant les dépôts formés par les eaux (Barégine concrète), et d’une substance que l’on ne découvre qu’en évaporant une certaine quantité d’eau à siccité et qui forme la « matière organique à l’état de dissolution. » Il ya une différence cependant, entre la Barégine concrète et la matière en dissolution : c’est que la première renfermant des êtres vivants, contient avec des composés pectiques insolubles, des substances quaternaires ; la substance dissoute au contraire, est purement ternaire. Traitée en effet, par le charbon de sucre et la potasse, elle ne laisse pas dégager la moindre trace d’ammoniaque décelable.

Parmi les corps neutres, nous trouvons, la Pectose, complètement insoluble, mais éminemment instable, donnant de la Pectine, ou de l’Acide Pectique, sous l’action des agents chimiques employés pour l'isoler. La Pectine était considérée jusqu'à ces temps derniers, comme

(1) Louis Gaucher. -— « Etude générale de la membrane cellulaire chez les végétaux «.

ah — soluble, mais suivant Duclaux, elle ne le serait nullement. UIlest de fait, que les liquides dans lesquels elle diffuse, demeurent toujours visqueux : cet état physique correspondant, d’après Duclaux, à une émulsion, ou à une suspension de la substance et non à une solution. » Telle semble être l'origine de cette onctuosité des eaux minérales de Barèges, due précisément aux composés pectiques en suspension : onctuosité qui, ajoutée à l’alealinité des eaux, à la présence de silice, joue son rôle thérapeutique, comme bain sédatif.

La Pectine en gonflant dans l’eau, entre en suspension ; elle donne alors un liquide visqueux, qui se prend en gelée par le refroidissement. Elle se rencontre (Frémy), dans les fruits murs. Mangin l’a retrouvée dans un grand nombre de mucilages ; elle provient de la Pectose traitée par un acide. Un ferment soluble, la Pectase, précipite, en présence des sels de chaux, (Bertrand, Mallève et Duclaux), la Pectine en gelée si épaisse, qu’on peut renverser le vase qui la contient, sans qu'elle s'écoule. Cette pectase est secrétée par les microorganismes formateurs de Barégine. Parmi les corps acides, citons l’acide Pectique insoluble, quand il est combiné aux bases alcolino-terreuses ; il est soluble, s’il forme des sels alcalins ; et l'acide Métapectique, franchement acide, soluble sans gélatinisation.

L’acide Métapectique forme avec toutes les bases des sels solubles, même avec La Chaux et la Baryte, qui précipitent l’acide pectique. On le trouve dans tous les mucilages et les gommes ; il se forme, quand on traite la pectine, ou l’acide pectique par les alcalis en excès. Il est entièrement soluble dans l’eau. Hydrolysé par H?S Of, il donne un sucre dextrogyre : l’arabinose avec lequel nous avons réduit la liqueur de Fehling-Bonnans, et un acide organique mal connu.

La Barégine traitée par HCI à chaud donne des vapeurs de Furfurol qu’on décèle par le papier à l’acétate d’aniline. Gette réaction est variable d'intensité suivant les Barégines employées. Elle nous décèle la présence de pentosanes et de composés pectiques. Les composés pectiques de la Barégine,

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complètement déséchée peuvent gonfler de nouveau lorsqu'on les plonge dans l’eau, mais ne récupèrent pas leur volume primitif, fait, qui, nous l'avons vu, est dû à la destruction du précipité gélatineux de silice.

Ces divers corps sont du reste très difficiles à isoler les uns des autres, étant donnée leur grande instabilité. La pectose surtout est difficile à obtenir. Il faut la débarrasser des pectates de calcium et autres sels insolubles qui l’entourent. Cette grande instabilité ne nous a pas permis de l'obtenir dans la Barégine.

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