PRÉFACE III
sociale qui se rattache aux précédents travaux( de l'auteur : le Disciple, l Étape, Un Divorce, , l'Émigré. C est une peinture de tout un coin de la vie industrielle du pays, avec cette recherche des causes et cette indication des remèdes que comportent ces monographies quand l'écrivain qui les entreprend appartient à l'école des Bonald et des Le Play. La critique a donc été double et c'était lé^jitime. Elle a porté sur l'œuvre en tant qu'œuvre. Elle a porté sur l'étude sociale en tant qu'étude sociale. A cette occasion, des adversaires et des amis ont cru discerner dans mon œuvre une thèse, une doctrine, des conclusions. Si je ne suis pas compétent pour tout ce qui touche à la qualité d'art de ma pièce, je le suis, me semble-t-il, sur les intentions que j'ai eues en écrivant cette pièce. Je sais si la thèse quel'on m'a prêtée estla mienne ou n'est pas la mienne. Or, elle ne l'est pas. La doctrine que l'on m'a attribuée n'est pas ma doctrine. Les conclusions que Ton a pré-
tendu tirer de mon œuvre ne sont pas mes conclusions. Oronte n'est déraisonnable que parce qu'il dit : « Mes vers sont bons. " Il ne le serait pas si on l'accusait de les avoir écrits contre telle personne, et s'il disait : « Ce n'est pas exact. » Ce sont donc uniquement les interprétations données à la Barricade que je voudrais considérer ici, au moment de soumettre mon œuvre à un public qui n'est pas celui de théâtre. On a imprimé un peu partout, au lendemain de la première représentation, que ce drame était un pamphlet contre les ouvriers, une attaque contre toute association corporative, un appel à la répression la plus brutale. Rien de tout cela n'est vrai. Si humble, si restreinte que puisse être l'action d'une étude, telle que celle-ci, cette action existe. L'écrivain est donc en droit d'en revendiquer et d'en limiter à la fois la responsabilité. C'est cet examen de conscience intellectuel que j'ai essayé, pour moi-même en relisant la pièce.