‹ La barricade; chronique de 1910Chapitre 60 sur 78 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

LANGOUET, LOUISE, GAUCHEROND, derrière la porte.

LOUISE, dans un cri.

Langouët !

LANGOUET, il lâche son tison de saisissement. Qu'est-ce que vous faites ici, vous?

LOUISE

Et vous, Langouët? Qu'est-ce que vous allez faire ?

Ce que je vais faire? Je vais fiche le feu à

tout ça... fAvec un rire de férocité.) Ah! Vous venez au rapport, comme tous les jours. On vous en fait faire un joli métier!... Eh bien! Gourez dire au patron que ses meubles flambent, qu'il est ruiné, le patron. Vous pourrez avertir la police en route. Elle arrivera trop tard.

// va pour repreridre le tison. Pendant ce mouvement, Louise se jette entre lui et le tas de débris afin de lui barrer le passage, LOUISE

Non, Langouët, vous n'allez pas faire ça !.. . Vous ne le ferez pas ! Il ne faut pas que vous le fassiez!

LANGOUET, menaçant, le tison à la main.

Vous croyez que vous allez m'en empêcher, vous?

LOUISE, elle s'élance et lui arrache des mains le

tison quelle jette par terre en poussant un cri

de douleur. Elle s'est brûlée.

Ah!

LANGOUET, qui VU pour ramasser le tison sur lequel elle met son pied.

Prenez garde î . . . Vous vous êtes brûlée? Vous vous êtes blessée?...

LOUISE, souriant avec des larmes et se frottant les mains.

Qu'est-ce que cela me fait d'avoir mal, si seulement vous comprenez?... J'ai rencontré la mère Gaucherond. Elle m'a dit : «Lang^ouët et les grévistes marchent sur l'atelier... » Je ne sais pas ce qui s'est passé en moi... Je n'ai eu qu'une idée : qu'est-ce qu'il va faire?... Je vous ai vu vous battant, tuant quelqu'un, peutêtre... Et après, les agents, l'arrestation, la prison, le reste... Alors, c'a été plus fort que moi. J'ai couru... Je ne veux pas qu'on vous arrête, que vous alliez en prison. . . Je ne veux pas que vous ayez commis un crime. Je ne le veux pas.

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