SCENE II
LES MÊMES, BRESCHARD, DERIVIÈRE, ALINE, CÉCILE
BRESCHARD, un plan à la main.
Voyez, Tardieu. Parfait, ce plan d'appartement. Ce Derivière est étonnant pour tirer
parti des plus petits espaces. Tenez : salon, petit salon, chambre de madame, chambre de monsieur, salle de bains pour madame, salle de bains pour monsieur.
ALINE, riant.
Le miracle de la multiplication des bains.
CÉCILE
Oh! Aline.
DERIVIÊRE
Sans reproches, mon père, installer à la moderne un vieil hôtel du dix-septième, non, ça n'est pas commode.
ALINE
Sans reproches? Mais fais-lui-en, des reproches!... Ah! une bonne maison neuve, avec ascenseur, chauffaxje central, téléphone, monte-charges, électricité!... Si papa m'en croyait, il y a beau temps...
BRESCHARD
. . . Que j'aurais mon mag^asin au Rond Point des Champs-Elysées? Je m'y ferais horreur.
J'aime les vieux murs. Ils ont vécu, ils ont duré. Ils ont un passé, presque une àme. Ils donnent l'idée que l'on peut fonder quelque chose, survivre.
ALINE
Les autres donnent ridée qu'on peut recommencer. Revivre, c'est encore mieux que de survivre, pourtant.
BRESCHARD
Je suis sûr que Cécile me donne raison.
CÉCILE
Oli! moi, je n'ai qu'une opinion, c'est que je serai très heureuse ici et que je suis très gâtée.
DERiviÈRE, reprenant son plan .
Si nous montions pour choisir sur place entre ce projet et un autre?... (Tirant son crayon et dessinant .J J'entrevois une petite modification pour le service.
BRESCHARD
C'est cela, montez. J'ai quelques affaires à
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régler. Vous me pardonnez, Cécile? Je g^arde Philippe.
CÉCILE
Pour longtemps?
BRESCHARD
Non. Je vous le rends dans dix minutes.
Tous sortent, excepté Breschard et Philippe.