‹ La barricade; chronique de 1910Chapitre 68 sur 78 · SCENE m · texte numérisé non relu

SCENE m

BRESCHARD, PHILIPPE PHILIPPE

Que se passe-t-il, papa?

BRESCHARD

Il se passe que nos affaires vont très bien. Lis cette lettre d'Angleterre. Ai-je eu raison de risquer le paquet Webb? Nos trois salons font sensation à Londres. Ils nous valent déjà cette grosse commande. Les Anglais, c'est les moutons dePanurge. Dans un an, nous aurons

une succursale là-bas. Je vois une belle boutique, très élégante, en plein Piccadilly, avec une inscription sur une plaque en marbre Campan, pas en vilaines lettres anglaises, droites et cassantes, mais en belles lettres françaises, pour leur apprendre, grasses, ondulées, fleuronnées, style Louis XVI. Et pas de Breschard and Son, un joli Breschard el fils. PHILIPPE, s' asseyant à sa table.

Je réponds que nous acceptons?

BRESCHARD

Et au même tarif que pour Webb. Ah! J'ai une joie à penser que je vais être accablé de travail. Il me semble que je n'en aurai jamais assez pour user mes forces... Mais, qui est-ce qui vient? (Oïl ouvre la porte.) Tiens, c'est vous, Tranchant.

Page 1