VA
rentrer ici. Je ne le reprends pas. Ça, c'est la force. Je le recommande. J'aide ses petits. Ça, c'est l'humanité. Par exemple, il y a une exécution à faire, celle des meneurs, les vrais responsables, les seuls. Tu connaisla décision que nous avons prise à la ligue des patrons , dernièrement.
LA BAllUICADE 235
Chez nous, le meneur a été Langouët. Il s'ag^it (le lui sig^nifier cet arrêt, et sans équivoque. Rien qui sente la ruse, la précaution. Qu'il plaide contre nous. Il le peut. Son syndicat trouvera de l'argent. Et s'ils invoquent contre nous le fameux article 1382, j'ai consulté, nous ferons établir une jurisprudence.
PHILIPPE, hésilanl.
C'est pour cela que tu lui as fait dire de venir ici?
BRESCHARD
Oui, et aussi pour la dignité de la maison. Dans les fins de grève, c'est l'habitude, je l'ai rappelé à Tranchant, que les chefs d'atelier, même congédiés, apportent en personne leur livre pour le règlement. Nous nous conformerons à cette règle. Je veux que tout se passe comme si je n'avais jamais eu avec Langouët que des rapports d'employeur à employé... f.4^??è5 un /em^5 .y) C'est égal, j'aimerais bien être plus vieux d'uue heure.
PHIUPPE Pourvu que Louise et lui ne viennent pas ensemble !
Ils viendront ensemble. Il l'exig^era... La dernière g^outte du calice !
PHILIPPE, très ému.
Mon père, laissé-moi les recevoir à ta place. Puisqu'il s'agit de la maison et que je suis ton associé maintenant, c'est correct. En te demandant cela, je ne cède pas seulement au désir de t'épargner des émotions bien inutiles. Je pense à notre devoir de patrons. Tu parlais d'arrêt, tout à l'heure, et c'est bien le mot qui convient. Oui, nous avons un arrêt à lui signifier. Passant par toi, la chose prendrait un air de vengeance. Passant par moi, elle prendra son véritable sens de condamnation froide et réfléchie. N'aie pas peur que je faiblisse. Je me souviendrai que je te représente et aussi que je représente ma classe. Je t'ai mal expliqué tout à
l'heure le travail qui s'est fait dans mon esprit ces derniers temps. Il y a eu cette désillusion dont je te parlais. Il y a eu aussi une reconstruction. J'ai compris que la sauvagerie, ou si tu veux la violence prolétarienne, n'est pas un accident. Elle est inhérente au travail manuel. Cette évidence m'a conduit à une autre. J'ai compris que l'énergie ouvrière devait rencontrer devant elle, pour lui faire équilibre, une autre énergie, celle des dirigeants, comme tu dis. Pour la première fois, la légitimité de la bourgeoisie m'est apparue. Oui, nous devons être des dirigeants, matériellement par le capital, moralement par le caractère. Tu vois que je vois bien clairement ce que doit être une autorité sociale. Permets-moi de remplir ce rôle vis-à-vis de Langouët. J'en aurai la force. Il me suffira de me souvenir que je porte ton nom.
BRESCHARD, très ému aussi.
Eh bien, oui, tu les recevras à ma place,
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oui, c'est mieux. J'accepte ton sacrifice, mon enfant, car c'en est un pour foi, je le sais. Je l'accepte, fil C embrasse.) II y a des minutes entre un père et un fils qui font que la vie vaut vraiment la peine d'avoir été vécue. Tu viens de me donner une de ces minutes, Philippe. Mais pas d'attendrissement, nous sommes en affaires. (Regardant dans le tiroir.) Y auraitil ici la somme nécessaire à ce règ^lement? Non. FRANÇOIS, ouvrant la porte Monsieur, c'est l'ancien contremaître et Mlle Mairet.
BRESCHARD, à SOnJi/s.
Ensemble. Tu vois. Descends avec moi chez le caissier, mon ami. Tu rapporteras ici le nécessaire. Il faut éviter les allées et venues de ces gens dans la maison. fÀ François.) Faites entrer M. Lang^ouët et Mlle Mairet, et qu'ils attendent quelques minutes.
Breschard et Philippe sortent. François introduit Louise et Langouè't,
LA RAHRICADE 239
FRANÇOIS
M. Breschard vous prie d'attendre un moment. Il revient de suite.